Le tocsin pour le climat. Mais dans quel état j'erre? (jeudi, 26 septembre 2019)

cloche en verre.jpgAinsi notre vicaire épiscopal demande à nos clocher de sonner le tocsin pour le climat, samedi, entre 14h30 et 14h35, en solidarité avec les églises suisses et les mouvements chrétiens. "Les organisations chrétiennes de l’Alliance climatique, écrit Pascal Desthieux, demandent aux paroisses de toute la Suisse de soutenir le mouvement pour le climat en réglant l’horloge de leurs églises sur midi moins cinq ce samedi 28 septembre 2019 et/ou en faisant sonner les cloches des églises à 14.30 heures. 

Cette solidarité sonore me paraît fort discutable. 

Sonner le tocsin contre le réchauffement climatique (ou pour le climat?) et pourquoi pas contre Trump, pour Greta, contre Poutine et pour je ne sais qui... le page? Et pourquoi ne sonne-t-on pas le tocsin tous les vendredi contre le consumérisme, pour le véganisme, contre le chauffage des appartements (et des églises vides) et pour les éoliennes sur nos monts quand le soleil...?

Quant à l’extension des feux ce jeudi soir, également soutenu par notre sous-évêque, elle procède d'une même manifestation panurgique. On verra dans le ciel les étoiles, nous dit-on du côté de la nuit est belle. On n'y cherche évidemment pas dieu (avec ou sans majuscule), qui n'y est pas. Et on se fiche de savoir sir les étoiles qu'on voit ne sont pas en fait éteintes depuis des millions ou des milliards d'années (compte tenu de la vitesse limitée  à laquelle l'information lumineuse nous parvient). Heureusement que les voix de dieu ne sont pas soumise aux mêmes limitations de vitesse.
 
Vraiment notre église ferait mieux de s'expliquer haut et fort à propos d'un problème dont elle fut, est et reste hautement responsable: l'explosion démographique que le monde connaît depuis 100 ans, problème qu'elle continue à nier.  Car sans croissance démographique, les ressources rares dont la terre, l'eau et les hydrocarbures auraient été moins exploitées et par conséquent la production des gazon à effet de serre aurait été moindre. 
 
 
 
PS: la lettre Laudato Si contient neuf fois le mot réchauffement et 61 fois le mot pauvre ou pauvreté. Le point 50 réaffirme que la démographie n'est pas le problème, mais que le problème c'est la gourmandise des riches. Que va changer à ce propos les cloches de l'abbé Desthieux?
 
50  Au lieu de résoudre les problèmes des pauvres et de penser à un monde différent, certains se contentent seulement de proposer une réduction de la natalité. Les pressions internationales sur les pays en développement ne manquent pas, conditionnant des aides économiques à certaines politiques de “santé reproductive”. Mais «s’il est vrai 39 que la répartition inégale de la population et des ressources disponibles crée des obstacles au développement et à l’utilisation durable de l’environnement, il faut reconnaître que la croissance démographique est pleinement compatible avec un développement intégral et solidaire» (...)   (source: Conseil Pontifical «Justice et Paix», Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église, n. 483.)   En outre, nous savons qu’on gaspille approximativement un tiers des aliments qui sont produits, et «que lorsque l’on jette de la nourriture, c’est comme si l’on volait la nourriture à la table du pauvre »
 
Le point suivant remet clairement en cause nos modes de vie. Pourquoi nos messes ne sont-elles jamais l'occasion d'en parler?
 
52 La dette extérieure des pays pauvres s’est transformée en un instrument de contrôle, mais il n’en est pas de même avec la dette écologique. De diverses manières, les peuples en développement, où se trouvent les plus importantes réserves de la biosphère, continuent d’alimenter le développement des pays les plus riches au prix de leur présent et de leur avenir. 
 
Et toujours dans Laudato Si voilà la justification de l'impôt progressif et de la politique sociale de redistribution
 
71  « Lorsque vous récolterez la moisson de votre pays, vous ne moissonnerez pas jusqu’à l’extrême bout du champ.  Tu ne glaneras pas ta moisson, tu ne grappilleras pas ta vigne et tu ne ramasseras pas les fruits tombés dans ton verger. Tu les abandonneras au pauvre et à l’étranger» (Lv 19, 9-10).
 
 
117  (...)  Quand on ne reconnaît pas, dans la réalité même, la valeur d’un pauvre, d’un embryon humain, d’une personne vivant une situation de handicap – pour prendre seulement quelques exemples – on écoutera difficilement les cris de la nature elle-même. Tout est lié. Si l’être humain se déclare autonome par rapport à la réalité et qu’il se pose en dominateur absolu, la base même de son existence s’écroule, parce qu’«au lieu de remplir son rôle de collaborateur de Dieu dans l’œuvre de la création, l’homme se substitue à Dieu et ainsi finit par provoquer la révolte de la nature». ( Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 37 : AAS 83 (1991), 840.)

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