Les jeunes sont rares, leur mobilisation compte (vendredi, 06 septembre 2019)

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En Europe et en Suisse, les jeunes sont rares. Tout ce qui est rare a du prix. C'est ainsi que les vieux, dont je suis, regardent avec des yeux embués les jeunes se mobiliser pour le climat. Temps présent, qui porte bien son nom, nous a donc livré, ce 5 septembre, un reportage bon enfant, sans l'ombre d'un bémol. Les réseaux sociaux se chargent de colporter aux quatre coins de la planète le slogan en vogue: Que voulons-nous? La justice climatique! Quand la voulons-nous? Maintenant!", crié en anglais, of course, pour être entendu par le plus grand monde. 

Ils ne marchent évidemment pas pour le climat qui n'en a cure comme la santé se fiche de ses coûts. Ils marchent pour eux, car les experts leur expliquent et ils les croient - comment pourraient-ils faire autrement - que l'urgence est là, que dans 15 ans l'enfer sera à nos portes, que trois degrés de plus c'est trois degrés de trop et qu'il est intolérable que les politiques fixent la neutralité carbone à 2050 alors qu'il la faut pour 2030.

En réclamant la justice climatique - mais qu'est-ce que ça veut dire - c'est en fait bien leur intérêt d'humain qu'ils défendent. D'humain urbain, qui craint pour son confort, la permanence du niveau des mer. la quiétude des étés sans canicules excessives, sans orages dévastateurs, sans pluies diluviennes et des hivers bien enneigés.

Les leaders de ces marches climatiques seront nos dirigeants en 2030 et en 2050. A quelques exceptions près, leurs discours sont formatés ou balbutiants. C'est bien normal. Ce qui me frappe tout de même, c'est la monoculture du propos - il n'y en a que pour le climat, la pauvreté des arguments, la crédulité face aux experts, la simplicité des solutions. 

J'ai pour ma part été vacciné par le rapport Halte à la croissance publié en 1972 par le club de Rome. J'avais alors 18 ans, j'étais au collège Voltaire, la première volée où filles et garçons se formaient ensemble... 

Prolongeant les courbes exponentielles qui commençaient leur grimpées vertigineuses, le Club de Rome prédisait les limites du monde productiviste, dont la fin de l'ère du pétrole avant la fin du XXe siècle. Pas un mot à l'époque sur le réchauffement climatique. Puis il y eut les pluies acides et quelques autres rapports alarmistes criant au loup... 

On connaît la suite. 

Le réchauffement climatique est (pour quelle partie?) la conséquence logique de la croissance démographique et de la consommation effrénée des ressources limitées (dans l'état actuel de nos connaissances et de nos capacités à les exploiter et à les recycler). La vraie question politique est donc de savoir comment chacun peut réduire sa consommation sans provoquer une récession et le chômage. Car jusqu'à présent, personne n'a encore trouvé un modèle économique qui offre un emploi (intéressant, bien payé, durable) et un niveau de vie "décent" accessible à tous les humains de la planète. 

 

Pour la petite histoire. En regardant d'un oeil hier soir le reportage de notre RTS, je parcourais de l'autre un article de Bilan. Il y était question des inquiétudes des électriciens suisses d'atteindre l'objectif de la neutralité carbone en 2050. Le contraste était saisissant entre les clameurs YaKa de la rue et la mise en oeuvre d'un changement de société qui réclame certes des autorités des choix impopulaires mais de tous - et des plus riches en particulier - une révision de nos modes de vie. 

La question clé que je n'entends pas dans la rue est: Comment créer suffisamment d'emplois utiles, motivants et rémunérateurs en période de décroissance, sans étatisme excessif?

 

Photo tirée de Temps présent: Greta, l’égérie du mouvement à la 24e COP à Katovice. "Le pouvoir est au peuple". La conclusion de son discours fait froid dans le dos. C'est exactement cette idéologie populiste qu'affectionnent les extrêmes aussi bien à gauche qu'à droite. Le pouvoir au peuple, c'est l'anarchie ou la dictature, bref le pouvoir aux plus rusés, aux plus violents, aux plus agiles qui disent parler et agir au nom du peuple mais dans les faites rarement pour la liberté, l'égalité et la justice. 

 

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