70 MEPs verts, est-ce que ça fait le printemps? (lundi, 27 mai 2019)

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L'extrême droite européenne sort de l'élection du parlement renforcée mais divisée, pour l'heure, en trois blocs. Ses composantes totalisent ensemble 172 élus contre 118 en 2014. Elle fait presque jeu égal avec le PPE (179 élus contre 221). Elle n'est pas en mesure de trouver une majorité.

Comme en Suisse, avec l'UDC, elle va peser évidemment sur les débats. C'est bien normal. Nous sommes en démocratie. Que pèseront les 70 membres du parlement européen verts dans cette balance?

L’extrême droite répond aux peurs du changement, de l'insécurité économique, de la perte des cultures locales, des migrations (celle qui viennent de l'extérieur mais aussi celles de l'intérieur, le fameux plombier polonais), de l'islam.

Ces peurs sont-elles moins nobles que celles qui motivent les électeurs des Verts: la peur du réchauffement climatique, de la disparition des espèces, des OGM (quand ils sont dans la nourriture mais pas quand ils sont dans les médicaments), du nucléaire, du Big Data, des robots, bref la peur de la connaissance, de la science quand elle se fait technologie. 

Les Verts pourraient rester sur la touche, si la coalition sortante PPE-Socialiste ne fait alliance qu'avec les libéraux seulement (fortement renforcés par les députés Macron). Mais on peut parier que la GroKo européenne s'élargira aux Verts, de quoi répondre aux appels de la rue. 

Reste que l'avenir de l'Europe se jouera plus sur la capacité de ses élites - et pas seulement ses élites politiques - à répondre aux peurs de l'extrême droite qu'à celles des Verts. Car les peurs de l'extrême-droite sont d'ordre personnelle et culturelle tandis que les peurs des Verts sont principalement d'ordre technique.

 

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