Les gilets jaunes: Poujade au pouvoir!? (samedi, 17 novembre 2018)

gilets jaunes carte.jpgIls ne se sont pas encore trouvé un leader, les gilets jaunes, mais leur mobilisation partout en France marque sans doute une nouvelle rupture dans le champ politique hexagonal, de même nature que la déroute des partis traditionnels l'an dernier ou l'échec des syndicats des cheminots ce printemps à barrer la réforme de la SNCF. C'est la première manifestation nationale 3.0, relayée largement, il est vrai, par les radios et les télévisions.

Eglises, partis, syndicats, les relais institutionnels sont laminés, place à la rue. Qui sera le Poujade des gilets jaunes? Qui sera le Beppe Grillo de ce Mouvement 5 étoiles à la française? (Le Eric Stauffer d'un MCG gaulois?)

La France, qui se demande si elle va construire un frère nucléaire au porte-avion Charles de Gaulle ou deux plus petits porte-avions à propulsion au gazole, n'est pas le pays le plus pauvre du monde, mais ses ouvriers, ses petits agriculteurs, ses petits artisans, ses petits commerçants et tous ceux qui doivent galérer sur les routes pour gagner trois francs six sous n'ont plus le moral. Ils ont la trouille. 

Ils ont la trouille d'être happés par la grande faucheuse du chômage. Ils ont la trouille des attentats. Ils ont la trouille pour leurs enfants. Ils ont la trouille d'une société agressive, qui se délite, qui perd ses repères, qui dégomme à tout va, qui pousse à la consommation à coup de spots télévisés clinquants, abrutissants, écœurants.

Un discours présidentiel ne suffira pas à enrayer le mal. Surtout que le jeune président des Français est accusé du pire des défauts: le mépris. Le mépris, dont il serait le vecteur à l'encontre de la France d'En bas. Or le mépris engendre l'irrespect. Et l'irrespect l'anarchie.

Certes les chiens hurlent et la caravane passe. La France ne manque pas de ressources. Et les gilets jaunes ne mobilisent que très peu dans les villes où la nécessité d'avoir une voiture est bien moindre et où la hausse du carburant n'a été que faiblement répercutée sur le prix du ticket de bus.

C'est l'Europe qui risque d'encaisser la mauvaise humeur de nos voisins. Car l'Europe est le prochain scrutin à l'agenda, qui sera parfait pour enregistrer la colère des gens d'En bas d'Outre-Jura. 

Mais qui va récolter les fruits de la colère? Le Pen? Méanchon? Wauquiez? ... Coluche revient!

 

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