De la libération des lapins au méchant glyphosate (mardi, 20 juin 2017)

lapin-clapier.jpgOn meurt de faim, rarement de gloutonnerie et encore moins de malbouffe (sino, les Occidentaux ne vivraient pas si vieux que ça en devient un problème de société). L'air du temps (l'ère du Verseau?) est à la libération des lapins de leur clapier-prison et au régime vegan, l'une et l'autre lutte ayant partie liée nous a appris récemment Julie dans la Julie. Ainsi va l'humeur du monde d'ici qui a peur de mourir ayant perdu la foi en la vie éternelle. 

Le veganisme est une religion qui ne fait de mal à personne, sauf éventuellement à ses adeptes (et à leurs proches, car l'exclusive force ceux-ci soit à adopter le même régime soit à cesser de fréquenter ceux-là) et temporairement à la filière animale.

Une mode ou une tendance durable, s'interroge un des mes confrères fine gueule?

J'ai retoqué la question à René Longet, qui n'est pas vegan mais qui vient de mettre à jour son bouquin publié la première fois en 2005 (Les fruits et les légumes de saison, éd Jouvence): Durable, répond le socialiste écolo.

Les jeunes basculent dans une culture où la viande sera au mieux une garniture et plus le plat principal. Les plus absolus seront vegan, dégoûtés par les usines à viande, la maltraitance animale, la déforestation brésilienne par les producteurs de soya OGM destinés à nourrir nos vaches, moutons, porcs, poules, lapins et dindons, tous voués à l'abattoir. La filière animale a perdu toute crédibilité, résume René Longet.

Quant à notre génération, elle redécouvre les légumineuses, les lentilles de Courtois, le goût des carottes et des céleris. Au fond, c'est comme le vin ou la bière dont chaque terroir, chaque cépage, chaque cuve livrent une variété différente. Les choux et les pommes de terre aussi ont leur variété. 

Et le glyphosate dans tout ça. Il suscite évidemment le rejet sans concession de ma fine gueule. Quatre ans d'études agronomiques à Zurich et dix ans de pratiques agricoles me rendent plus circonspects. Il est sans doute passé le temps où l'on arrosait préventivement les cultures d'herbicides et d'insecticides, mais les interdire relève de la même théologie que le véganisme. 

Très bientôt, le débat sera réglé par les robots qui grattouilleront la terre 24h sur 24, éliminant sans bruit les herbes concurrentes et tirant avec de microcanon sur les pucerons en trop grand nombre. 

 

PS: En lisant le billet de Julie, je relève le commentaire pertinent d'une autre blogueuse du forum des blogs de la Tribune: Marie-France de Meuron qui pourrait s'intituler: liberté surveillée pour les lapins. 

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