A quoi sert la peinture? (vendredi, 13 janvier 2017)

Un soleil blanc et bas ne réchauffe pas l'hiver. Le vent balaie le Jardin des Tuileries. On se croirait dans un dessin de Tintin. Le ciel est bleu, plat avec quelques nues blanches sans volume. L'allée en sable compactée jaune s'étend sans relief. Les arbres dénudés dessinent leurs entreras de branches, brouillant la vue des immeubles de La Rue de Rivoli et le musée d'Orsay.

Au fond du jardin, la grande roue tourne lentement dominant la Concorde. Son axe semble posé sur l'obélisque, arraché naguère à Karnak, sans que cette spoliation ne choque les accusateurs des destructions de Palmyr... Ce n'est pas la même chose, dit-on, Daech détruit, les Européens exposent. Je ne suis pas d'accord... à gauche l'orangerie ferme un des coins du quadrilatère du jardin.

Le bâtiment a été complètement éventré, seul les murs et la toiture de verre ont été conservés. Au sous-sol La collection d'un marchand qui avait gardé pour lui des Renoir, quelques Manet beaucoup de Derain célèbre à l'époque moins aujourd'hui. L'accrochage est classique, les notices spartiates et peu lisibles. Des audioguides sont en vente à l'entrée. (La veille, à Beaubourg, j'ai apprécié de pouvoir en profiter gratuitement via l'app maison facile à télécharger grâce à un wifi performant. Cette offre bienvenue reste restreinte, éditorialisante, sans aucune possibilité d'échapper au choix du curateur. Aucun qr-barre pour aller puiser dans la richesse du web, aucune offre  en réalité virtuelle. )

Les visiteurs mitraillent les oeuvres. J'en fais autant. Pourquoi, pour qui? Est-ce du vol?

On traverse un peu vite une sélection de peintures américaines des années 30. Après les impressionnistes, une découverte qui montre combien l'art américain est pauvre dans son réalisme presque enfantin.

À l'étage les Nymphéades de Monet dégagent une étrange atmosphère. Ces grands tableaux rectangulaires montrent la surface d'un étang où des saules pleureurs baignent leurs branches et où des nénuphars percés informes sur les eaux qu'un zéphyr invisible semble troubler. Tout est figé. Pour l'éternité. À quoi sert cette peinture? À quoi sert la peinture?

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