L'exit de La Vie protestante et de Choisir, Dieu et la 3D (dimanche, 02 octobre 2016)

IMG_3291.JPGClap de fin pour la Vie protestante après 78 ans de services sans doute bons. Et erratiques en ces temps modernes où la foi vacille ou s'étiole sous les coups de boutoirs des sciences, de salaires et de rentes mensuels et des assurances, sociales et privées.

Ici - ce n'est évidemment pas le cas partout - l'être humain ne craint plus ni la famine ni la maladie ni la mort, si communes naguère. Ses angoisses sont pêle-mêle son emploi, son niveau de vie, son couple, ses prochaines vacances, sa carrière, le terrorisme parce que les médias en parlent, les étrangers (éternelle crainte de l'autre qui pourrait être soi).

Clap aussi, non pas de fin mais de retraite, pour Choisir. Le mensuel des Jésuites de Suisse, publié à Carouge, passe de mensuel à trimestriel. Choisir a toujours été plus proche de la revue universitaire que La VP qui s'est efforcée de séduire.

La VP meurt l'année du 500e anniversaire du tweet de Luther qui lança la réformation. Elle renaîtra dans Réformés,  en novembre, un magazine romand qui sera à la fois le journal des églises réformées et le fer de lance de la foi protestante et de la lutte contre les fondamentalismes. Bon courage et bon vent.

www.reformes.ch (toujours au pluriel) est aussi le portail des protestants réformés de Suisse romande. L'onglet Actualité renvoie vers des articles dénonçant la décapitation de RTS/Religion (depuis sauvée). @reformes a un relais sur Facebook sur Twitter et signale aussi @reformehebdo (au singulier), la voix (moins plurielle?) des protestants français. 

Avec son dos collé et sa police bâton, peu lisible, Choisir ne fait pas dans la séduction. Dommage car ses articles demeurent stimulants. Je vous conseille, entre autres, celui de Bernard Rordorf, professeur honoraire à la faculté de théologie de Genève. 

Il expose assez simplement (enfin presque) combien la Trinité (Dieu père, fils et esprit sain) donne au christianisme un "goût" particulier.

Comme on sait Dieu s'est faite homme, sa parole (l'annonce à Marie) "ne s'est laissé arrêter par rien pour venir jusqu'à nous, ni pas la faiblesse de la chair ni par les ténèbres de la mort"... Rordorf explique que la toute puissance de Dieu n'est pas le concept mécanique qu'affectionnent les philosophes, elle est la toute-puissance de l'amour qui "consiste à aller, pour l'autre, à l'extrême de la vulnérabilité, c'est à dire du renoncement à la toute-puissance" (Cette toute-puissance s'est manifestée dans la faiblesse même du Christ crucifié).

Conséquence, dans  la plénitude de Dieu, il n'y a pas place pour autre chose que la grâce (reconnaissance, pardon). Et qu'exercer une quelconque violence au nom de Dieu est une manière de le défigurer. 

Et que Dieu, en se solidarisant avec celui (son fils) qui a subi la violence plutôt que de l'exercer, se désolidarise de fait de toute violence. Il fallait donc que Dieu ait un fils "consubstantiel" et un esprit sains pour affirmer (incarner) et propager cette vérité. 

Tout ça vaut bien des louages.

Et un émerveillement, ajouterait Arnold Benz, auteur d'un autre article dans Choisir.

Cet astrophysicien-théologie ne voit pas Dieu dans sa lunette. Mais il avoue son émerveillement lorsque par une belle nuit étoilée il se rappelle qu'il a fallu 4,6 milliards d'années pour que la vie se développe sur terre, suffisamment pour que je puisse percevoir les étoiles. Et que ces étoiles sont le produit d'une évolution vieille de 14 milliards d'années, temps imparti pour permettre aux processus cosmiques d'aboutir à notre existence. 

On y lit aussi que Dieu n'a pas vocation comme certains voudraient le réduire aujourd'hui à expliquer les mystères que la science laisse bouche bée mais bien dans la sagesse du tout et de chacune des parties de l'univers. Bref Dieu n'est pas une imprimante 3D ni une explication du big bang, mais un être de relations.

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