Ramadan à l'école: Genève, une République trouillonne (vendredi, 10 juin 2016)

Ramadan Hani devant le centre di nolfi.jpgAinsi, répercute ce matin mon journal préféré, il faut protéger nos enfants de la voix des religieux. Leurs maîtres n'auraient pas assez d'autorité (ou de crédibilité ou de compétence ou de charisme) pour recadrer si nécessaire leurs propos (assimilés forcément à des prêches et des sermons, à de l'endoctrinement).

Il est vrai (c'est une formule) que la science que nos maîtres enseignent est  toute pure et vierge de toue idéologie, qu'elle est la seule vérité qu'on puisse entendre dans le sanctuaire de l'éducation genevoise. (Même l'orthographe est une divinité. La violer vous condamne à la remontrance voire à l'exclusion.) 

Faut-il en rire ou en pleurer. Alea jcata est et Vade retro satana! 

Ramadan est personna non grata. Ouste! Banni donc le croyant comme au temps de l'obscurantisme! Le nouvel ostracisme tombe le premier vendredi du Ramadan. Coïncidence? Calvin, dont Genève est si fière et qui a créé l'Académie (pour y enseigner le Coran des protestants) doit se retourner dans sa tombe des Rois. 

Que les propos de Ramadan soient choquants et troublants, c'est un fait connu et rabâché. Il n'est pas le seul à tenir de tel. Et ce n'est pas le pire. Il n'est pas le seul à être emporté par la logique intrinsèque de ses convictions. D'autres idéologues ont portées et portent leur foi en quelques vérités au paroxysme, aveugles au fait qu'elles mènent au goulag, à la guerre, à l'oppression, à la violence, à la domination. ici comme ailleurs, c'est la dose qui fait le poison.

Faut-il rappeler que, il n'y a pas si longtemps, notre Code civile suisse plaçait la femme sous la tutelle de son mari. 

Bannir de l'école, toute voix discordante est un aveu de faiblesse. Certes sa vocation première est l'acquisition des fondamentaux: lire, écrire, calculer, s'exprimer, ce dernier objectif ouvrant la boîte de Pandore. Forcément.

A moins de bêler comme les autres, vient vite la liberté d'expression, d'opinion, de croyance, toutes garanties par notre Constitution. Mais pas toutes tenues à part égale par l'école, puisqu'elle y bannit la libre expression de sa croyance et le débat que cette liberté ouvre dès lors qu'on voudrait en imposer l'usage à tous exclusivement.

L'école n'est d'ailleurs pas neutre. Elle est plutôt trouillonne et politiquement correcte. Aujourd'hui, ici, elle n'aime pas les défenseurs de Dieu mais elles adorent volontiers les défenseurs de la Nature. Qui est bonne, comme chacun sait, disait Rousseau.

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