La RTS finit mal l'année (mercredi, 30 décembre 2015)

image.jpegMein Kampf incite-t-il à la haine raciale? Je ne l'ai pas lu et je ne le lirai pas. Martina Chyba l'a-t-elle lu? Peut-être. La journaliste de la RTS avait un avis tranché sur le 19:30 ce mercredi 30 décembre. Sur le ton d'une pasteure, elle a dit combien ce brûlot était mal écrit, infâme dans son contenu, mais qu'il ne faut pas en empêcher la publication pour autant. Comme si elle, la RTS ou quiconque d'ailleurs pouvaient le faire d'un livre que les libraires genevois vendent à quelques dizaines d'exemplaires par année et qu'on trouve sans peine sur le net.

Brûler ce livre serait agir comme le régime hitlérien et toutes les dictatures, a asséné la journaliste. Incroyable! Ainsi tous les livres se vaudraient et devraient échapper au pilon? 

Dans la même séquence, un libraire de la librairie du Boulevard a eu cette réponse: "Notre métier, c'est de vendre des livres." Il est vrai que chacun fait son métier. Mais est-ce la mission du service public de participer à cette opération commerciale?

La RTS nous a donc entretenu pas moins de quatre minutes de ce qui est un non sujet. Sauf en Allemagne, où effectivement le bannissement du credo d'Hitler tombe dans le domaine public ce 1er janvier, 70 ans après sa mise à l'index par le Land de Bavière sur ordre de l'occupant américain.

L'ouvrage sera réédité. Dans une version annotée, ce qui suffit à Sabine Simkhovitch-Dreyfus, vice-présidente de la fédération des communautés israélites de Suisse, qui se pince le nez, pour en tolérer la sortie. L'appareil critique fera passer l'infâme imprimé en lui donnant un vernis pédagogique. De quoi accéder à "une meilleure compréhension de l'histoire et de la politique de ce temps-là"?

Mein Kampf incite-t-il encore à la haine raciale? Puis-je en reproduire les passages les plus antisémites dans ce blog sans encourir des poursuites? Je n'en suis pas sûr. Tout dépend de l'appareil critique et contexte sans doute. Le ton ferait-il la chanson?

Cette semaine encore, un défenseur de la cause israélite m'a demandé d'effacer un commentaire publié dans un autre blog car la mention d'un "lobby américano-sioniste" ne pouvait, estime-t-il, dans le contexte que renvoyer à des propos effectivement antisémites, être de ce fait incitatif à la violence et donc contrevenir à la loi.

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