La Star Academy de Pascal et la qualité de nos élus (mardi, 06 octobre 2015)

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Comment choisir parmi les 178 candidats genevois désireux comme tous les élus à Berne de

  • protéger la liberté et les droits du peuple et d'assurer l'indépendance et la sécurité du pays.
  • favoriser la prospérité commune, le développement durable, la cohésion interne et la diversité culturelle du pays.
  • veiller à garantir une égalité des chances aussi grande que possible.
  • s'engager en faveur de la conservation durable des ressources naturelles et en faveur d'un ordre international juste et pacifique?

Le paysage politique bouge lentement. C'est que nombre d'électeurs se rallient à un parti. Changer de parti n'est pas plus aisé que de renoncer à lire un journal.

L'article 2 de la Constitution fédérale est bien intéressant. Il pourrait donner raison à l'UDC si l'on devait considérer que la liste est impérative. Mais il pourrait tout autant donner raison aux Verts ou aux socialistes si on lit cette liste par la fin ou encore aux PDC qui répondra bien sûr que tous ces buts doivent être atteints ensemble et que la Constitution ne dit pas que l'un est plus important que l'autre.

C'est donc dans cet espace politique contraint et borné par le fédéralisme que se joue l'élection du 18 octobre et, pour le Conseil des Etats du 8 novembre, car aucun candidat genevois n'atteindra le seuil des 50% au premier tour, ce qui en dit long d'une part sur la fragmentation de l'électorat genevois et d'autre part sur les faibles ou clivantes personnalités que les partis lui proposent. Je suis, à ce propos et depuis longtemps, interpellé par le faible poids de la députation genevoise à Berne, autant dans leur parti respectif qu'au parlement ou dans les médias. 

Et ce n'est pas le marathon de mon camarade Pascal sur Léman bleu qui va changer quoi que ce soit à ce triste constat. Pascal - j'écris Pascal comme on dit François, car qui d'autre que lui est pape du royaume cathodique genevois? - Pascal donc s'est est lui-même ému dans un récent blog de l'incurie et de l'inculture politique de ses invités. 

S’interroger sur cette inculture, c'est se demander qui connaît les 195 articles de notre constitution fédérale et le corps des lois qui remplit des rayonnages et en découle par le fait du parlement (et un peu du peuple). Et c'est sans compter, si je puis dire avec le vote des milliers de rubriques du budget fédéral.

La Star Ac de Pascal a-t-elle permis d'éliminer les maillons faibles?

On dira qu'il se sont éliminés eux-mêmes. Mais à quoi sert donc ce marathon. J'appréciais pourtant la performance auprès d'un ancien rédacteur qui doucha mon enthousiasme aussitôt. Cette énumération n'est pas du journalisme, me dit-il, le journalisme se distingue par sa capacité de choisir, pas de se faire valoir.

Une autre critique plus grave me vient à l'esprit

Si les 178 candidats étaient soumis aux mêmes épreuves que les concurrents de la Star Ac ou de Master Chef, n'aurions-nous pas de meilleurs politiciens dans la cuisine fédérale. Le choix démocratique est le pire à l'exception de tous les autres, a dit Churchill. N'est-il pas temps à l'orée du XXIe siècle de réfléchir à la manière de choisir nos élus?

Pour ceux qui n'ont pas encore voté et qui veulent s'assurer d'une coïncidence entre leurs choix politiques et leur sélection, il y a l'utile Smartvote. Trente-neuf candidats sur les 178 n'ont pas répondu.

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