Bascule fiscale, facture sociale..., la révolution communale (jeudi, 30 octobre 2014)

Bascule fiscale, facture sociale, Geneve devient suisse. 200 ans après le rattachement de la petite République à la Suisse, qui n'était pas encore fédérale, mais que des Genevois ont contribué à forger en une democratie moderne, au temps du radicalisme triomphant, étatiste et éclairé. Genève adopte donc le vocabulaire des confédérés pour tenter de mieux gérer la chose publique entre les différents acteurs que sont le Canton et les communes.

Francois Longchamp, dont on se demande parfois à quoi il sert depuis qu'il est devenu président durable du gouvernement, est en première ligne. Le char qu'il conduit a autant de risques de sortir de la route qu'un autre carosse dont il tient les rênes, le Grand Geneve, qui est lui déjà sorti de route, le 18 mai dernier, à la suite d'une ruade non contrôlée mais récurrente d'un des chevaux de l'attelage politique du canton...

La répartition des tâches et des ressources entre les communes est une charrue à chien. Tout le monde est d'accord pour mettre un peu d'ordre, mais bien des réformateurs se sont cassés les dents en raison, de l'énorme energie qu'il faut déployer pour faire bouger les lignes dans un contexte où personne n'a quoi que ce soit à gagner dans l'exercice.

Nous sommes à six mois du premier tour des élections municipales du 19 mars 2015. Pensez-vous sérieusement qu'un candidat à la mairie de sa commune peut faire campagne sur la répartition des tâches qui promet
1) forcément de bouleverser le train-train de l'administration et les pouvoirs des petits chefs
2) d'introduire de nouvelles tâches sans forcément que les moyens suivent
3) d'ôter des tâches dont ceux qui en sont les gouverneurs ou les bénéficiaires vont craindre d'en perdre la tutelle ou la consommation
...

Et tout ça sans affronter la seule réforme qui est susceptible de moderniser la gouvernance publique: aller vers une réduction du nombre des communes ou leur transformation profonde.

Du temps de feu notre constituante qui, on s'en souvient avait échoué dans sa tentative audacieuse de fonder une nouvelle république digne d'un 21ème siècle, marqué par une nouvelle émancipation des humains, par une mondialisation accélérée des désirs et des moyens de les assouvir, bref par une distanciation sans cesse accrue du consommateur travailleur à la chose publique, nonobstant une poignée de nostalgique de la phalanstère libérale ou socialiste, forcément verte et durable - ceci au moins est acquis - ce qui fait que les Verts tout comme les PDC n'ont en fait plus de fondamentales raisons d'être - du temps donc de notre Constituante, j'avais osé une proposition de réforme profonde de nos institutions.

Elle mariait à la fois
1) la disparition des communes dans leurs attributions actuelles, devenues il faut bien le dire peau de chagrin,
2) la création de communes citoyennes formées des territoires communaux actuels, dans un premier temps, et des arrondissement électoraux en ville de Geneve et dans quelques grandes communes, soit 60 à 75 circonscriptions,
3) l'élection à la tête de ces circonscriptions d'un député-maire à plein temps ,flanqué de deux à quatre adjoints, chargés de gérer des tâches de proximité, à la fois administrateurs, juges de paix, animateurs des assemblées de la démocratie de proximité, avec, de par leurs attributs de magistrats élus des pouvoirs de décision.
4) ces maires de circonscriptions élus seraient aussi députés au Grand Conseil au sein duquel ils pourraient former un sénat, tout en détenant les mêmes droits et prérogatives que les autres députés
5) le Grand Conseil serait complété par l'élection de députés au système proportionnel sans quorum dont le nombre serait égal aux nombres de députés maires.

On économiserait les 45 Conseils municipaux du canton, soit près d'un millier d'élus qui se prennent pour des législateurs qu'ils ne sont pas, s'éternisent dans des débats sans fin faute d'avoir de vrais choix a faire, gaspille l'argent public et réinvente la roue a chaque fois qu'une idée leur traverse la tête.

À suivre. On peut toujours rêver.

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