Les deux faces de Libération (vendredi, 24 octobre 2014)

Capture d’écran 2014-10-24 à 20.32.03.pngJ'ai acheté hier Libération en papier. 1€ 70 en France, 3 fr 30 à Genève... 0€79 par abonnement sur iPad... Que vaut l'information? Il paraît que le prix Nobel 2014 a précisément étudié le casse-tête des entreprises à clients multiples, celles comme la presse qui vendent à des lecteurs mais aussi à des annonceurs. Sans parler des politiques qui, sans les médias, n'existeraient tout simplement pas.

Ainsi pour revenir à nos préoccupations "Vu du Salève", Léman Bleu a jusqu'à l'an dernier diffusé les séances du Grand Conseil genevois pour 200'000 francs, sans ajouter une once de plus-value rédactionnelle, tandis que la Tribune a délégué régulièrement un journaliste qui publiait une synthèse des débats (ce qui est généralement un tour de force), gratis pour la République.

Mais revenons à Libération no 10399 du 23 octobre 2014. En une le Parti socialiste. L'ancien journal Mao du temps de Sartre montre, sous le titres "Les incendiaires", un bouquet de roses, toutes piaillant comme des oisillons en quête de pitance pa-maternel... C'est la France. Un pays que je chéris mais qui me désole et m’effraie tant sa classe politique, apeurée par les vents de la mondialisation, paraît incapable d'affronter le monde tel qu'il est. A droite, ça paraît pire. Qu'a fait Sarko en cinq ans?

La dernière page du journal fait, une fois n'est pas coutume, le portrait d'un... Suisse. Certes pas n'importe quel Suisse, un pur produit dont on est fier de Chancy à Romanshorn, du genre Federer ou Hayek, Rousseau ou Godard, Ansermet ou Burri, Yersin ou Ritz et tant d'autres... Bertrand Piccard. Un excellent papier de Nathalie Rouiller. Manifestement, le psychiatre a inspiré la journaliste qui titre La bonne a(l)titude). Comme la France et les Français ferait bien de s'inspirer de l'aérostier mondialisé.

Le dernier jet de plume, intitulé Surprises, aligne les ponicifs des Français et leur manie de mettre les gens en boîte. Piccard s'en échappe comme un beau diable avec le sourire un brin narquois qu'a saisi Fred Kihn, en même temps qu'un oeil tout droit sorti d'une série de robot.

On le croit écolo, écrit la journaliste, on le découvre pestant contre les dimanches sans voiture des années 70: Nous n'avons pas de raison de transformer notre lieu de vie en réserve naturelle. La nature est bien plus résiliente que l'homme. On l’imagine pacifiste, poursuit Nathalie Rouiller, il pense qu'à vouloir supprimer le mal, on perd son temps et sa force. On le voudrait pour le mariage gay, la prostitution, la GPA, il pirouette et se lamente de ces gens qui prétendent vouloir le bonheur des gens en légiférant à tout va.

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