Le chômage des jeunes: comment en parler? (mercredi, 13 novembre 2013)

Derrière les statistiques des hommes, des femmes, des jeunes, des familles. Des histoires personnelles diverses, complexes, des victimes de creux économiques, des malchanceux en série, des handicapés de toute sorte,des fourmis sans formation, des qui savent pas ou n'osent pas se vendre, des cigales aussi, des paresseux? Ouh là, les mots sont connotés. Danger de mauvaises interprétations!

La lecture de la page événement consacré au chômage des jeunes ce matin dans la Tribune me renvoie à la série de trois papiers que j'ai publiés sur le site de la Tribune il y a quinze jours. Des papiers qui ont suscité un vif intérêt et ont été abondamment commentés.

Deux approches diamétralement opposée de la panne de travail, celle qui s'inscrit dans les courbes des économistes et celles que vivent des familles, quelques milliers de familles à Genève, des dizaines de millions en Europe.

Selon l'Office fédéral de la statistique, 43 000 jeunes de 15 à 24 ans sont en quête d’un emploi en Suisse, soit 4,64% de la population active.

Le chômage reste une malédiction. Même si à Genève, la stigmatisation sociale est faible. Ici le chômeur est généralement une victime. Ailleurs il est souvent un coupable. La différence explique pour partie pourquoi Genève demeure le champion suisse du taux de chômage. La moindre erreur du chômeur dans d'autres cantons peuvent vous faire perdre le bénéfice de l'assurance chômage. Aussitôt vous sortez de la statistique. Ailleurs, certains même ne se déclarent pas chômeurs.

Bien sûr moi aussi je sais que le verre est presque plein, que 4,64% de jeunes chômeurs, ça veut dire que cette catégorie d'âge est occupée à 95,36%, soit qu'elle étudie, soit qu'elle bosse. Quel autre pays peut en dire autant, écrit Philippe Souaille qui dans un blog récent juge que mes papiers font le jeu du MCG. Je crois qu contraire mon cher Philipe que c'est justement parce que les partis gouvernementaux - désormais le MCG en fait partie - ont trop parlé courbes et pas assez des êtres humains qu'ils ont ouvert un boulevard aux amis de de l'entreprise Poggia, Stauffer et Golay & Cie.

 

Pour ceux qui n'aurait pas lu cette série, il peut la retrouver en cliquant sur leur titre

Le cri de mères dont les enfants sont chômeurs de longue durée

"L'Europe entière concurrence nos enfants"

"Pas le profil", le patron de l'Emploi conseille d'insister

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