Genève: arrêtons avec la démocratie des confettis (dimanche, 27 novembre 2011)

challendin 2.jpgLes citoyens de Chêne-Bougeries ont donc refusé le projet de construction de 200 logements au lieu-dit Challendin. Ce n'est pas une surprise. Car ces citoyens sont essentiellement des propriétaires de villas. Ce que révèle la zone jaune qui couvre pratiquement toute cette commune résidentielle genevoise. [cliquer sur l'image pour l'agrandir]

Le crime de Mark Muller a été de déclasser le périmètre du chemin de Challendin en zone de développement 3 (hachurés orange sur l'image), ce qui pour nombre de propriétaires signifient une poussée de la ville, une possible perte de valeur de leur parcelle et un contrôle étatique. On comprend pourquoi les Verts étaient contre et les socialistes pour le déclassement.

 

Ce vote ne fait que confirmer ce que tout le monde sait: "Oui, oui, on veut bien des logements, mais surtout pas chez nous et encore moins si des arbres doivent mourir, et puis le quartier sera-t-il bien écolo et puis le tram s'arrêtera-t-il bien devant ma porte et puis... on pourra choisir nos voisins, et puis... la couleur des volets aussi".

Ce qui est scandaleux, ce n'est donc pas l'égoisme citoyen qui n'est pas propre aux gens de Chêne-Bougeries, mais le vote lui-même. La situation commande une réaction de survie du canton: arrêter avec la démocratie des confettis!

Comme je connais mieux Veyrier que Chêne-Bougeries, je suis donc allé voir le PV de la séance du conseil municipal du 13 avril 2011. J'y ai lu que le préavis relatif au projet Challendin a suscité moins de débat que les caméras de surveillance et a été adopté par 15 voix contre 4. Six conseillers municipaux étaient absents.

Contrairement à la décision sur les caméras de surveillance qui a fait l'objet d'un vote nominal, le préavis communal a été accepté à main leveé. On ne sait donc pas quel était le parti des opposants. On constate juste que les Verts (7) et les Verts libéraux (3) forment un groupe aussi fort que le PLR. Qu'il y a donc forcément des Verts et des Verts libéraux qui ont voté ce préavis. Ce qui ne les a pas empêchés de faire campagne contre le préavis. L'avantage d'adopter le préavis est évident: il ouvre la porte à un référendum. Pour le Conseil d'Etat, il est en effet plus difficile de passer outre à un préavis refusé par le souverain que par le seul Conseil Municipal.

Chêne-Bougeries n'est pas la seule commune à vouloir dicter sa loi à notre canton liliputien (dont, faut-il le rappeler, la superficie fait moins de trois fois la dimension de la commune de Zurich). Certes le vote de dimanche porte sur un préavis. Mais l'ignorer purement et simplement reviendrait à détériorer la confiance que les citoyens ont dans nos institutions. Et lorsqu'il s'agit de la Ville de Genève, vite on s'empresse de renégocier le projet de loi comme ce fut le cas pour le déclassement du secteur de Praille Acacias, voté par la majorité de gauche de la Ville mais combattu par les partis de gauche.

A Thônex, la maire libérale Rochat, devenue ministre de la Police a réduit de moitié l'urbanisation des communaux d'Ambilly. A Veyrier, le maire libéral Barth a choisi d'opposer tellement de conditions pour le déclassement des Esserts que le préavis communal revient à un oui émasculé.

A Plan-les-Ouates, l'aménagement de la Chapelle les Sciers traînent depuis des années. Et les exemples se multiplient.

Bref, arrêtons avec cette démocratie des confettis qui donne pratiquement un droit de veto à chacune des communes.

 

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