Pascal Décaillet, Eric Leyvraz et le nucléaire? (mardi, 31 mai 2011)

thorium.jpgPeut-on sortir du nucléaire? Dans les décisions qui sont prises ces jours d'abandonner le nucléaire, on semble avoir oublié au moins trois choses.

  • Le tremblement de terre exceptionnel qui a ravagé la péninsule nipponne et qui est à l'origine de l'accident nucléaire,
  • le mode de gouvernance japonais qui a confié la politique énergétique à quelques-uns sans grand contrôle démocratique et
  • le réchauffement climatique, dont on n'entend plus parlé alors que l'Europe vit le printemps le plus chaud depuis le début du siècle. Un mal chasse l'autre...

 

On aura donc des centrales à gaz et à charbon et l'on espère réaliser en dix - l'Allemagne - ou vingt ans - La Suisse - des économies d'énergie sans précédent et construire une société où la sobriété sera exemplaire. Pour le reste, on compte sur les progrès des technologies solaire, géothermique, biologique, marine, éolienne, physique, chimique, électrique...

Ces deux derniers jours deux billets de la blogosphère de la Tribune ont retenu mon attention. L'un est signé Pascal Décaillet. Il tire le portrait élogieux de l'auteur de l'autre billet, le vigneron Eric Leyvraz de Peissy. Ce dernier blogue à l'occasion. Trop peu à mon goût. Sa dernière note s'intitule "La filière du thorium". L'ancien président de l'UDC genevoise s'y affiche avec son élégant nœud papillon.

Il est selon Pascal Décaillet un « cinglé d'énergie ». Est-ce que cette passion en fait pour autant un expert?

J'ai donc pris le temps de taper "filière du thorium" sur le net et suis tombé sur une fiche du Commissariat à l'énergie atomique le CEA français. Je ne suis pas un expert, mais la lecture de cette fiche m'a convaincu que la filière du thorium présente au moins autant d'inconvénients que d'avantages et quelques défis technologiques redoutables. Bref si le thorium est abondant, son exploitation est loin d'être simple et n'échappe pas non plus au cycle du plutonium. Ce qui n'est évidemment pas une raison pour ne pas poursuivre les recherches à ce sujet.

L'espace est une conquête commune, la sécurité énergétique de la planète est toujours un enjeu national et économique. Peut-être faudrait-il confier à l'Agence internationale pour l'énergie nucléaire des compétences accrues de mise en commun des savoirs et des expériences acquises au coeur des laboratoires de recherche.

 

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