La révolution copernicienne des communes genevoises (samedi, 12 avril 2008)

394392436.jpgComment piloter le développement urbain du futur Geneva green downtown dans le respect de notre culture démocratique? La question n’a fait jusqu’à présent l’objet d’aucun débat politique. Les autorités et les urbanistes, la presse et les groupements citoyens ne se sont pas demandé si nos institutions actuelles étaient à la hauteur de l’enjeu de l'urbanisation du furtur quartier Praille-Acacias-Vernets.


Cette question ne conteste ni ne met en cause les compétences et les qualités des personnalités qui composent aujourd’hui le Grand Conseil, le Conseil d’Etat, les Municipalités de la Ville de Genève, de Carouge ou de Lancy. Elle s’interroge sur la pertinence de leur confier le pilotage politique direct d’un tel projet.

Les règles démocratiques en vigueur donnent aux communes des droits de veto  qui sont incompatibles avec l’intérêt de l’ensemble du canton. Souvenez-vous de l’échec de la Maison de la danse pour ne citer que le dernier en date. Le projet intercommunal, patiemment monté comme un château de cartes, s’est effondré quand quelques citoyens de Lancy ont décidé de lancer un référendum. Ils l’ont gagné et Genève a perdu la Maison de la danse.

Le Stade de Genève n’aurait jamais vu le jour sans l’engagement fort et financier du canton, alors que le sport est avec la culture les deux seules compétences premières des communes. Il en va ainsi du Musée d’ethnographie, de la Nouvelle Comédie, de la patinoire des Vernets, de la rénovation du Musée d’Art et d’histoire, etc. Des projets à l’évidence de portée cantonale et même régionale, dont le sort dépend des seuls citoyens de la ville de Genève Et ce alors que nombre d’habitants des communes aisées du bord du lac, ainsi que bien des travailleurs frontaliers paient un impôt communal en Ville de Genève.

Le bon docteur Bertrand Buchs n’a évidemment pas aimé ma dernière note à ce sujet. Je conviens que le mot nains de jardin pris au premier degré pouvait être quelque peu désobligeant. Les nains de jardin ne sont pas en l'occurrence les personnes en chair et en os, mais ce que les institutions les obligent à être, des chipoteurs de virgule vu qu'à Genève les compétences communales sont réduites à une peau de chagrin.

Ne vous en déplaise, les conseillers municipaux genevois n’ont pas vocation - et c'est heureux - à piloter le développement urbain de PAV. Carouge d’ailleurs en ne dépensant pas un franc pour le stade de Genève, qui a pourtant à 50 mètres de sa frontière sud, a parfaitement démontré dans quel mépris cette commune riche  tenait l’intérêt cantonal et régional. Certes vous me direz que le théâtre de Carouge sauve votre honneur. Et vous aurez raison. Mais il s’agit d’une exception.

Aujourd’hui, et depuis quelque temps déjà l’intérêt cantonal et régional réclame des communes une révolution copernicienne. Au XXIe  siècle, à Genève, le berceau de la démocratie n’est plus dans les communes, il est au mieux dans le canton, demain dans la région.

Comment piloter le nouveau centre-ville vert de Genève?

Cette question devrait fait l’objet d’un débat au Grand Conseil. Des propositions devraient être émises, discutées et sanctionnées dans une loi de gestion de ce futur quartier.

Une solution serait de créer une Agence urbaine publique autonome de La Praille Acacias Vernet. Placée sous l’autorité d’un Conseil d’administration, flanqué d’une assemblée générale des usagers du périmètre et placé sous la tutelle du Conseil d’Etat. Une agence dotée d’une direction opérationnelle disposant de larges compétences en matière d’urbanisme et de financement confiés par les communes et le canton sur la base d’une loi-mandat de prestation soumise au référendum cantonal.

Cette agence a existé jusqu’au moment où son mandat a été élargi. Il s’agit de la FIPA. Il suffirait de la recréer, d’augmenter le champ de ses responsabilités et ses moyens et de la doter des instruments qui préservent notre culture démocratique.

Ainsi Genève innoverait non seulement en matière urbanistique, écologique, culturel, mais aussi en matière politique en créant un véritable laboratoire de démocratie adapté aux enjeux du futur Geneva green downtown.

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