Bild en tablette: ça doit lasser à la longue (mercredi, 27 avril 2011)

bild.jpgSuis tombé hier sur la dernière édition du journal de l'association internationale des éditeurs de journaux (wan-ifra.org). Papier soyeux pour un sujet qui fait peur à toute la branche, le déboulement des tablettes dans le monde de la presse. En clair, ce ne sont plus les imprimeurs qui détiennent l'outil industriel capitalistique qui fait les journaux (et ce qui va avec: les rédactions et la relation client via l'abonnement), c'est Steve Jobs et son iPad et ses nombreux suiveurs. Aucun n'a été un imprimeur.

Le modèle économique de la presse explose et personne ne sait encore bien par quoi il va être remplacé. Certes le premier quotidien entièrement fabriqué pour l'iPad "The Daily", téléchargeable qu'aux US est encore très loin des 800'000 milles "exemplaires" vendus, but fixé par son papa Murdoch, mais il existe et ses géniteurs, une rédaction d'une centaine de journaliste y croit. A moins que cette flambée retombe en cendres comme a éclaté la première bulle internet.

La semaine dernière, le club des anciens d'HEC Lausanne est passé par la Tribune. Pierre Ruetschi leur a notamment raconté les malheureux premiers pas du Washington Post sur le net: le journal avait construit une nouvelle rédaction dédiée au nouveau média de l'autre côté du Potomac pour quelques centaines de millions de dollars. L'explosion de la bulle a obligé de réduire sérieusement la voilure et de repartir sur un mixe print-web, désormais adopté par la plupart des titres. Chat échaudé craint l'eau froide.

Bild donc. Car la version iPad du journal de boulevard allemand a séduit Mario Garcia. Interrogé par le magazine Wan-ifra, ce gourou de la maquette avoue une certaine déception de The Daily. J'ai donc en deux clics acheté Bild pour voir. Les premières éditions sont gratuits. Je n'ai donc pas engraissé l'ogre Apple, qui prend actuellement 30% sur tous les produits vendus via iTunes... ni l'Etat, qui lui applique une TVA plein pot aux produits ràdactionnels électroniques, alors que, généralement, il accorde un taux réduit à la presse.

Bild donc. Pour tout dire, la première impression est bluffante. C'est interactif en diable, ça s'affiche rapidement. Il y a des galeries photos, des vidéos, des textes qui défilent et s'affichent en incrustation, des infographies. Tout est accessible depuis des pages complètement graphiques. La version iPad du Bild est en fait une succession de premières pages qu'on feuillette captivé, curieux, amusé. Mais assez vite fatigué. Le trop tue. Et on se dit qu'à la longue le doigt sans cesse sollicité ne facilite pas la lecture.

On peut aussi télécharger la version pdf du journal. Mais là c'est la dimension de l'écran qui tue. Encore quelques bonnes années pour le papier?

[Version mise à jour à 15h45]

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