université

  • Islam: pourquoi Mireille Vallette n'est pas entendue

    radicalisme dans les mosquees vallette.JPGAu début du mois de mai, j'ai reçu, comme d'autres journalistes, "Le radicalisme dans les mosquées suisses", le dernier ouvrage de Mireille Vallette, imprimé en Serbie par Xenia. J'en ai survolé le 30 premières pages. Puis la présidentielle française, les votations du 21 mai et toutes sortes d'autres événements plus ou moins importants ont occupé mon temps et l'ouvrage est resté en plan.

    Lundi, autour d'un café, Mireille Vallette m'a demandé pourquoi aucune recension de son ouvrage n'avait paru dans la presse romande, aucun écho même de la part de journalistes qui suivent attentivement le dossier islam. 

    J'ai repris donc son ouvrage en ce jour d'Ascension (la Résurrection du Christ est affaire de foi et donc de folie, son Ascension est affaire de liberté, de notre liberté, nous qui sommes de ce fait seuls face aux questions essentielles, existentielles qui taraudent de temps en temps les humains, croyants ou pas).

    Et j'ai trouvé aux pages 116 et suivantes  la raison de l'ostracisme dont est ma consœur, amie et lanceuse d'alerte genevoise se dit victime.

    Lire la suite

  • "L'ordre cannibale du monde" et le bon vin

    IMG_3490.PNGLa confrontation Peter Brabeck - Jean Ziegler ce soir sur TTC, une des meilleures émissions de notre chère RTS, est un morceau d'anthologie. Le vieux professeur est toujours là. Il dénonce l'ordre cannibale du monde, celui que représentent, défendent et étendent sans cesse les 500 plus grandes multinationales qui cumulent 52% du PNB mondial. Nestlé est la 27e.

    Ziegler n'a pas tort. Même The Economist, qui n'est pas de son bord, s'inquiète régulièrement de la concentration de la fortune. Dans sa livraison de cette semaine, l'hebdomadaire britannique signale que deux économistes  saisi par l'analyse de Pickety ont exploré des pans survolés par l'eéoniste francais. Oui le système renforce les plus puissants. C'est particulièrement frappant avec les nouveaux riches, les Google, Facebook, Apple et compagnie, qui soit avalent goulûment leurs concurrents, soit les vident de leur substance en copiant leurs bonnes idées. 

    Il n'en a pas été question ce soir. Pas plus que des robots, du capitalisme d'Etat, le capitalisme chinois, celui des petromonarchies,  ou un encore de l'économie des trafics, de la corruption et des mafias.

    Lire la suite

  • Résurrection urbi et orbi?

    Qu'y a-t-il de commun entre une église copte d'Egypte ou syriaque de Syrie et mon église de Compesières, Troinex, Veyrier (trois bâtiments, pour une unité pastoral, une UP dans le jargon officiel, toujours distingués, au soir de Pâques, comme le centre visible de trois paroisses, celles de Saint Sylvester, de Sainte Marie-Madeleine et de Saint Maurice)?

    Les Eglises d'Orient sont plus anciennes que celles de Genève, elles accueillent la même parole divine, s'en remettent au même Dieu pour faire des hommes-bêtes, générations après générations, des humains saisis d'amour, épris de justice et de paix, pleins d'espérance.

    Ce n'est pas encore gagné. Ça ne le sera sans doute jamais. Car l'homme-bête est ce qu'il est. Car s'il est fait à l'image et à la ressemblance de Dieu, c'est un devenir plutôt qu'un passé, un potentiel plutôt qu'un fait, une volonté à faire plutôt qu'un acquis.

    Le commun entre ici et là bas, c'est que les églises se vident.

    Lire la suite

  • Les cathos genevois en marche

    IMG_3461.PNGL'abbé Pascal Desthieux, le nouveau vicaire genevois de l'évêque de Genève, Lausanne et Fribourg, veut que les catholiques du canton se bougent, sortent de leurs chapelles, bref se mettent en marche. "En marche à votre côté", c'est le nouveau slogan de l'Eglise catholique de Genève. En marche, c'est un mouvement durable, c'est l'héritage du Pape François, a dit Charles Morerod, hier soir, devant une salle Arditi, presque pleine de gens curieux ou convaincus, invités à visionner un film, un biopic sur Bergoglio, tiré du bestseller d'Elisabetha Pique: Francisco - Vie et révolution.

    On suit le futur pape - qui répète ne pas vouloir l'être car (notamment) on a plus de chances de perdre la foi au Vatican que de l'y trouver -, à Bueno Aires et à Rome, depuis ses premiers émois amoureux, alors qu'il se destine à être curé, au soir de son élection.

     

    Lire la suite

  • Faut-il taxer les robots à col blanc?

    machine a laver.jpgLes robots à col bleu ont détruit des emplois depuis qu'on a inventé la roue- un travailleur se fatigue moins à charrier du fumier au moyen d'une brouette que sur ses épaules - ou la presse à bras - qui a mis les copistes du Moyen-Âge au chômage - ou encore les métiers à tisser à cartes perforées - qui ont valu à Lyon la révolte des canuts, qui est restée emblématique dans la la lutte des travailleurs contre la machine qui nous vole notre travail. Personne ne s'est offusqué que les machines à laver libèrent les femmes d'un boulot harassant et leur laissent le loisir de bosser dans les usines ou comme puéricultrices. Va-t-on taxer les robots ménagers?

    La peur de perdre son emploi frappe aujourd'hui les cols blancs, les métiers des services et même le noble art du professeur, qu'un bon système logique, associé à une dose d'intelligence artificielle qui adaptera le logiciel d'apprentissage aux spécificités de l'apprenant, peut remplacer dans toute une série de fonction répétitive. C'est le cas aussi des journalistes et de bien d'autres métiers.

    Ce futur angoissant du chômage des cols blancs est sans doute ce qui motive le bon docteur Oberson de militer pour la taxation des robots. Il n'y avait pas penser tant que les robots cassaient des cols bleus, ceux-là même, qui ont voté pour M. Trump et pourraient bien placer Marine à l'Elysée...

    Lire la suite

  • Au commencement était le commérage

    IMG_3374.PNGDans Sapiens, une brève histoire de l'humanité, Yuval Noah Harari explique comment nous dominons la terre et tout ce qui pousse, nage, rampe, vole dans ce qui ne fut jamais un paradis.

    Le paradis, les dieux, ses saints et serviteurs sont (scientifiquement?) le fruit de notre imagination, laquelle a aussi engendré Peugeot et Google, l'empire romain, le mythe impérial japonais et la démocratie suisse, des constructions intellectuelles, des mythes qui font marcher les humains, assurent la cohésion des nations et des entreprises et qui peuvent être reprogrammés sans réclamer une mutation génétique, qui prend toujours des millénaires à survenir, ce hard codage ne pouvant plus être ensuite modifié que par une nouvelle mutation hasardeuse... 

    Bref, les reformulation de Harari sont stimulantes, même si ce n'est pas toujours très nouveaux et que la ou les surprenantes mutations qui ont produit sapiens dans la lignée homo restent un mystère complet, une explication trop simple, trop darwinienne, un peu comme ces maladies que les toubibs mettent au compte d'un ou de virus. Rebref, Harari n'explique pas pourquoi Neandertal a disparu mais pas les chimpanzés ou les bonobos.

    J'ai même trouvé une définition rigolote des journalistes, une espèces en voie de disparition. 

    Lire la suite

  • Et le Verbe s'est fait chair

    Fichier_000.jpegLendemain de Noël. La circulation est rare, la neige absente. Le ciel est vide. La terre a rayonné sa chaleur. Au petit matin, une blanche gelée frise les blés. Le soleil embrasse la Croisette. Lendemain de Noël. Un enfant est né. Le mystère reste entier.

    A Saint-Julien, hier il s'est un peu dissipé. Le prêtre a lu l'Evangile de Jean. Au commencement était le Verbe et le Verbe s'est fait chair. Le choc est violent après le foie-gras-dinde-aux-marrons-cardon-argenté-et-épineux-à-la-moelle... D'autant que le sermonneur du dimanche s'embarque sur le même sujet.

    Il parle doucement, simplement. Il sourit. Il explore le mystère,  l'illumine, tire même quelques rires, sourds, de l'assemblée... 

    Lire la suite

  • Dieu était protestant en 1602

    IMG_3353.PNGLogique et exigeant, le prêche de l'Escalade du modérateur de la compagnie des pasteurs de Genève, samedi à la cathédrale Saint-Pierre.

    Logique car tout responsable d'Eglise se doit de dire qui est Dieu, lequel n'est évidemment pas celui que l'on croit ou que les puissants veulent nous faire croire.

    Exigeant car le propos était forcément un peu complexe. Blaise Menu a placé haut la barre. Son texte mériterait d'être publié pourquoi être relu. Le peu que j'en ai capté dans le brouhaha du fond de l'édifice religieux, qui dresse sa silhouette sur la colline depuis bientôt 800 ans (1150-1250), et les pétarades des arquebusiers m'a néanmoins séduit.

    Lire la suite