Région

  • SDA: la cité satellite de Bernex est une erreur

    berenex cite nouvelle carte.jpgVoilà bientôt 50 ans que Genève n'a pas construit de cités satellites. Les Meyrin, Onex, Vernier, Le Lignon, c'était les années 50 et 60, des cités à la campagne, séparées des villages qui leur ont donné leur nom. Je parle évidemment du micro-territoire genevois, celui sur lequel nos très nombreux élus (plus de mille avec les municipaux pour un territoire plus petit que Paris) ont un peu de pouvoir. Au-delà de la frontières, nos voisins, français mais aussi vaudois, ont étendu les villages et les bourgades sans considération de la terre agricole.

    De ce côté-ci, le syndrome du hérisson et de l'écureuil ont créé le concept des SDA, les surfaces d'assolement, des terres que la poignée de paysans encore en vie doit pouvoir labourer, ensemencer de blé et planter de patates, en cas de crise alimentaire.

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  • Cornavin: les millions de l'erreur originelle du CEVA

    ceva rade agglo fvg.pngQui se souvient qu'en juin 2002, par une journée caniculaire annonciatrice de vacances, le Grand Conseil genevois vota la loi 8719, qui ouvrait un crédit de 400,8 millions? C'était la part cantonale pour la construction du raccordement ferroviaire entre La Praille et les Eaux-Vives et l'adaptation des voies existantes entre Cornavin et la frontière suisse vers Annemasse, un chantier, le CEVA, devisé alors à 941 millions?

    Sept ans plus tard, alors qu'aucun travaux n'avaient réellement été engagés, la facture genevoise s'allongea de 113 millions, officiellement en raison du renchérissement et de quelques adaptations de sécurité, que les nombreuses études préalables n'avaient pas dépistés... Le devis total avait bondi de 941 à 1,45 milliard: + 50,4%!

    Jeudi 23 septembre 2016, le Grand Conseil a voté la loi 11912, qui ouvre un crédit de 425 millions de francs pour créer deux voies sous l'actuelle gare de Cornavin, un ouvrage, pompeusement baptisé noeud ferroviaire de Genève, devisé à 1,65 milliard de francs. Ce crédit couvre-t-il tout ou, comme celui de 2002, va-t-on au-devant d'une grosse rallonge, juste avant l'ouverture du chantier prévue en 2024?

    Et ce n'est pas fini, car le noeud n'est pas complet. En effet, ni le tracé du CEVA conçu au XIXe siècle et copié-collé tel quel en 2002 ni le nouveau crédit ne supprime le cul de sac de Cointrin

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  • C'est difficile de faire la fête de Genève

    Étrange ambiance, samedi soir, à la sortie du feu d'artifice du désormais Geneva Lake Festival. Une fois la dernière fusée éclatée dans un tonnerre de crépitements assourdissants, le jet d'eau s'est effondré. Il avait majestueusement ponctué le dernier quart d'heure des tirs bien rythmés et plutôt poétiques du Français Berthonneau. Il n'a pas réapparu laissant la rade dans une nuit d'urgence, celle des feux bleus des vedettes de la police.

    La foule a poliment applaudi. Sans manifester ni effusion ni émotion ni fraternisation. Genève est une cité hors sol, davantage encore en plein été. Le monde s'y cotoie sans s'embrasser. Elle s'est calmement fondu dans les rues. Le quai du Mont-Blanc était bondé, mais il n'y avait rien à y faire. Aucun bal populaire.

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  • Barthassat et lui-même, Maudet et Köppel: com, com

    barthassat maudet 2.jpgDans le creux informationnel du mois de juillet, tous les médias en ont parlé. Barthassat est le premier membre d'un gouvernement suisse à répondre en direct sur Facebook aux questions savamment filtrées par un de ses sherpas chargés de com. Le contenu que le ministre de l'Environnement et des Transports relaie sur sa page du grand réseau au milliard et demi d'amis, où il a téléchargé 17'500 photos, et sur deux pages dédiées est sans importance. Bien rodée, la langue de bois tourne en boucle. Dans la com, c'est la forme qui compte.

    Maudet se fait, lui, bien plus discret. Très en vue lors de son accession au Conseil d'Etat en juin 2012, le "politstar émergeant de la Suisse de l'ouest" (comme l'écrit cette semaine le réd en chef de la Weltwoche), qui allait faire marcher droit la maréchaussée, s'est cassé les dents sur les rigidités syndicales d'un corps de fonctionnaires, qui sait, mieux que tout autre, faire entendre ses humeurs ronchonneuses. Il travaille à son rythme. Il défile dans la rue à la moindre déconvenue. Il dispose d'un syndicat puissant qui a cousu son statut du personnel à sa guise ou presque. Il a des relais nombreux au Grand Conseil. Peu de travailleurs peuvent en dire autant.

    Or donc, Maudet ne se répand pas sur les réseaux sociaux. Son blog "En action" (ça sonne comme "En marche" de Macron) est coi depuis le 10 février dernier. Sur Twitter, @Pierre_maudet est vide, #maudet ne renvoie qu'à quelques articles de presse. Même atonie sur Facebook. On apprend cependant, dans la Weltwoche de cette semaine, que le ministre de l'Economie et de la Sécurité entretient tout de même ses réseaux. 

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  • Au bar PMU "Le France", Salvan, Munich et François Lavergnat

    image.jpegJadis, la frontière entre la commune de Compesières, qui devint genevoise et suisse en 1816 (trois jours de fête durant le prochain Jeûne Genevois) et celle de Collonge-sous-Salève, qui, elle, demeura savoyarde, partie du royaume de Piémont Sardaigne, avant de devenir française en 1860 et frontalière depuis que Geneve draine près de 100'000 travailleurs d'un même bassin d'emploi, mais non résidents dans le canton...  Jadis donc, la frontière passait le long de la route d'Annecy.

     

    Deux tiers du village de La Croix-de-Rozon étaient donc sur le territoire de Collonge. Aucune maison n'existait en 1816. Il est devenu de part la volonté du Grand Conseil genevois qui déclassa quelques hectares (bien moins que dans d'autres lieux) le plus gros village de la commune de Bardonnex, elle-même née du divorce de Compesières d'avec Perly en 1821 et du divorce d'avec Plan-les-Ouates en 1851...

     

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