Politique genevoise

  • Le Conseil d'Etat genevois pilonne le Grand Conseil et les fonctionnaires

    Billets 100 francs 50 euros.jpgLe Conseil d'Etat genevois met les députés et les fonctionnaires sous une très forte pression à six mois des élections. Il a présenté un budget en rouge, prenant le risque, vu la majorité composite du Grand Conseil, qui lui est opposée, de vivre 2018 en copiant collant le budget 2017. 

    Poussé par les bas taux d'intérêt et une conjoncture macronienne de redressement de l'Etat, il veut renflouer la CPEG, la caisse de retraite des fonctionnaires -  d'un coup, d'un seul et non plus par doses homéopathiques jusqu'en 2052, comme le prévoit la loi de fusion CIA-CEH. En échange de cette sécurité, les rentes devraient être fondées non plus sur le dernier salaire touché mais sur les cotisations encaissées - comme tout le monde - et quelques "menues" autres ajustements. 

    Et voilà que, une semaine plus tard, il sort - avec quatre bonnes années de retard - le projet Score qui refont la grille salariale. Une réforme qu'ont conduite d'autres cantons et villes de Suisse il y a belle lurette déjà. Non sans grogne et contestation.

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  • Robert Ducret, les années faciles

    robert ducret rts.pngRobert Ducret est mort jeudi à 90 ans. Il était contemporain de mon père avec qui il avait siégé au Grand Conseil. L'un était commerçant de combustible à Carouge, l'autre paysan à Bardonnex. Deux chefs de très petites entreprises, TPE comme on dit aujourd'hui, deux indépendants avec une fibre sociale développée.

    Chacun était assez emblématique de ces artisans et paysans genevois. Ils ont contribué à faire la Genève de la second moitié du XXe siècle. L'un était radical, l'autre chrétien-social, deux partis qui ont disparu, l'un avalé par l'esprit libéral, l'autre par la démocratie-chrétienne, un parti entre deux, faute d'avoir la force d'être en avant. 

    Je garde de Robert Ducret, comme Pascal Décaillet, le souvenir d'un politicien proche des gens et toujours prêt à répondre aux journalistes. Ce fut un ministre des finances respecté sans grandes histoires, favorisé par la conjoncture*.  

    Deux souvenirs me reviennent.

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  • Bordel géant à Genève pour deux géants havrais

    geants grand mere.pngEvidemment je dois être un vieux con qui s'énerve bêtement parce qu'en ce vendredi 29 septembre baigné par un doux et radieux soleil d'automne, la Ville de Genève a décidé par la grâce de son ministre de la Culture de foutre un bordel géant dans la mobilité locale.

    Deux géants nantais, la petite Géante et La Grand Mère, défilent lentement, très lentement le long d'un parcours enchevêtré. La marche bloque comme jamais les artères de la ville et de sa proche banlieue. Comme si ces artères étaient inutiles à la vie de la cité et qu'on pouvait les thromboser sans problèmes ni conséquences. Monsieur le ministre commandera sans doute un rapport. Ses experts nous expliqueront que la culture, ça rapporte. Toutes autres conclusions leur feraient courir le risque de perdre des mandats publics. 

    Que n'a-t-on pas déclarer ce jour béni jour férié, tout à la gloire de ces poupées maniées à force de grue et d'une multitude de besogneux anonymes qu’enchaînent ces Gulliver.

    Que ne les a-t-on pas associées aux Fêtes de Genève? A moins que la gauche, qui tient Genève, n'ait décidé d'un message subliminal - du genre "Dégage Barthass!" - avec cette géante Critical Mass?

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  • Comment conserver La Poste à La Croix-de-Rozon

    rozon le site de la futur école.JPGUne pétition a circulé de la mi-août jusqu'à hier à La Croix-de-Rozon. Quelque 550 usagers de La Poste réclament le maintien du bureau du village (le plus peuplé de la commune de  Bardonnex). Je ne me souviens pas que des habitants aient exigé le maintien des douaniers et des gardes-frontière aux postes de douane de Croix-de-Rozon, Landecy et Bardonnex (Place de Brune).

    Je ne me souviens pas non plus qu'une pétition ait été lancée pour préserver le poste de gendarmerie de La Croix-de-Rozon, qui a disparu dans les années 60... 

    Ces services publics sont-ils moins importants que celui de La Poste? Une pétition suffira-t-elle à la sauver? Je n'en crois rien.

    D'après une habitante qui récoltait des signatures cet après-midi, le géant jaune aurait la saugrenue idée d'installer un bureau à la mairie de Bardonnex. A vérifier. En attendant, voici donc quelques propositions. 

    Pour conserver un service postal à La Croix-de-Rozon, il faut:

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  • Un budget électoral en rouge vif

    "La croissance des charges est liée à des obligations légales du canton" écrit le Conseil d'Etat dans son communiqué du jour pour justifier le déficit de son dernier projet de budget de la législature. La loi n'est pas immuable. Si son application coûte plus chère, on pourrait en changer pour qu'elle coûte moins chère. Dans la foultitude des prestations publiques et dans la relative non transparence des comptes publiques, il est bien difficile de savoir si l'Etat travaille partout de manière économique.

    L'obligation légale est donc une formule un peu passe-partout qui manifeste le refus du Conseil d'Etat de présenter à la veille des élections des mesures forcément controversées propres à conserver l'équilibre des comptes du Canton. Il est vrai que sa majorité PLR-PDC ne dispose que d'un tiers des députés au Grand Conseil. Tout de même, pour Maudet, un déficit, alors que nous sommes plutôt dans une bonne conjoncture économique, va faire tache sur son CV de futur possible conseiller fédéral.

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  • La dernière rentrée d'Anne Emery-Torracinta?

    151013_Emery_Torracinta_Conseillère_Etat_ 02.JPG"La rentrée 2017 verra près de 75'000 élèves reprendre le chemin de l’école (primaire: 34'687 ; cycle d’orientation: 13'279 ; secondaire II : 24'952 ; spécialisé : 1971). Les effectifs augmentent partout: au primaire (+555), au cycle d'orientation (+43), au secondaire II (+629) et dans l’enseignement spécialisé (+119). Ces élèves seront encadrés par un peu plus de 6'900 enseignant-e-s."

    Tels sont les chiffres livrés ce jour par la socialiste ministre de l'Instruction publique genevoise. 75'000 élèves encadrés par 6900 enseignants, ça fait très exactement 10,869 élèves par enseignant. Où sont les classes à 25 élèves? (A noter que le budget 2017 alloue 8084 postes temps plein au DIP, sans compter les 2974 postes de l'Uni (ici p. 481)).

    Qui fait mieux, qui fait moins bien en matière d'encadrement en Suisse et dans les pays de l'OCDE? 

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  • La France a besoin d'un scrutin à l'allemande. Genève aussi

    assemblee nationale.jpgLa France est malade de son système électoral. Il n'est pas normal que le FN et les Insoumis de Mélenchon n'obtiennent que des miettes. Et même que les Républicains et les Socialistes prennent des claques aussi magistrales. Macron, s'il veut démocratiser la France, doit changer le mode de scrutin.

    Le mode d'élection des députés allemand au Bundestag mêle intelligemment la proportionnelle et la majoritaire. La France devrait s'en inspirer. Genève aussi.

     

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  • Les retraités de la fonction publique ont sous-cotisé. Se sentent-ils coupables?

    hortensias.jpgDeux et deux font quatre. Sauf dans nombre de collectivités publiques. Leurs caisses de retraite, pas seulement à Genève, ne collectent pas assez de cotisations pour couvrir les rentes qu'elles promettent de verser à leurs collaborateurs âgés.

    Les entreprises privées et leurs employés sont, eux, obligés par la loi de verser 100% des rentes dues à la caisse de chômage, car, si l'entreprise fait faillite, ce qui n'est pas un accident rare, les employés doivent pouvoir toucher leurs rentes pleines. C'est la loi. Une loi bizarre, résultat du fait que de trop nombreux ouvriers et rentiers se sont par le passé trouvés sans le sous car leur caisse de retraite n'était pas assez indépendante de la société mère et qu'elle a été entraînée dans la faillite.

    La sécurité apportée par la législation actuelle sur la prévoyance vieillesse n'est cependant pas totale (le risque zéro n'existe pas ). Depuis que l'on peut emprunter pour presque rien, le contrecoup est que l'épargne ne rapporte plus rien du tout. Certains créanciers, comme la Confédération ou la Banque nationale, se font payer pour quand elle emprunte. Le monde tourne à l'envers. 

    Mais revenons à la CPEG que le Conseil d'Etat propose de renflouer à hauteur de 4,7 milliards de francs. Et constatons que:

     

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