Politique genevoise

  • On ne peut pas gagner avec de mauvais candidats

    2e tour 10 nov 2019.jpgGenève sera donc plus à gauche à Berne que jamais. Nulle doute que les deux nouveaux conseillers aux Etats Mazzone et Sommaruga, brillamment élus certes, devront verser beaucoup d'eau dans leur vin rosé et bio pour peser à la Chambre haute, une posture qu'avaient bien comprise les deux sortants Maury Pasquier et Cramer. 

    Reste que la moitié des Genevois ne seront pas représentés au Sénat fédéral. La faute à qui? La faute au PLR et au PDC qui nous ont proposé des candidats de seconde zone. Il suffit de comparer le deuxième tour de 2015 avec celui de ce dimanche pour s'en convaincre.

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  • Emery-Torracinta et l'art de l'école

    151013_Emery_Torracinta_Conseillère_Etat_ 02.JPGTrois chercheurs, employés au Service de la recherche pédagogique, un organisme sous la tutelle de la ministre de l'Instruction publique, Anne Emery-Torracinta (ancienne employée du ministère qu'elle dirige), signent le dernier rapport sur le Cycle d'orientation

    L'institution genevoise, 55 ans cette année, fer de lance de la démocratisation des études, censée faire éclore au mieux les jeunes pousses que sont les ados du canton, démarre à la toute fin des années 50 sous les auspices d'un radical, l'oublié Alfred Borel. Elle fut mise en oeuvre dès 1962 par un socialiste durable (24 ans à la tête du DIP), le très vénéré André Chavanne. Les réformes n'ont pas cessé au CO depuis. Normal, les temps changent et les jeunes du XXIe siècle, asservis plus que de raison, dit-on, à leur smartphone (sauf à l'école où l'objet est banni), n'ont pas grand chose à voir avec leurs aînés des années 60, dont je fus.

    La dernière réforme du Cycle, portée par le socialiste Beer mais imposée par le peuple, rate ses cibles, dit le rapport. Il faut donc réformer, dit la ministre. 

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  • Maudit Maudet

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    L'occasion était sans doute trop belle pour mon journal préféré. Que Pierre Maudet, dont la Tribune de Genève a été la première à révéler les turpides et les demi-vérités à l'origine de sa disgrâce politique du printemps 2018 - turpitudes que notre désormais mini-ministre-et-président-déchu se refuse toujours à nommer des fautes et des mensonges - que Pierre Maudet donc choisisse le principal quotidien de Genève pour dire sa rupture de collégialité à propos du budget 2020 est un bon coup médiatique. 

    Sauf que la rupture de collégialité remonte à plus d'un an et est le fait de Pierre Maudet lui-même, qui par son voyage "privé" à Abu Dhabi et ses mensonges subséquents a rompu la confiance qu'on avait en lui. S'en est suivi la  punition méritée qu'on sait, dont j'ai estimé par ailleurs que le Conseil d'Etat aurait été bien inspiré de mettre un terme.

    Sur le fond, pas un des ministres ne se satisfait sans doute du projet de budget 2020 ni du plan financier quadriennal.

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  • Genève, rouge de honte?

    pfq Genève 2020-2023.jpgL'excédent de charges de 590 millions de francs, annoncé ce matin par le Conseil d'Etat genevois, doit se comprendre pour deux tiers comme une insuffisance de revenus. En effet, c'est la baisse des impôts des entreprises - la fameuse RFFA votée ce printemps par les Suisses et les Genevois,  qui explique un déséquilibre attendu. L'autre tiers est dû à l'augmentation des subsides aux assurés maladie (un projet conçu pour acheter les suffrages de la gauche en faveur de la RFFA. En vain. Bref, une nouvelle louche de politique sociale pour payer un système de santé en folie).

    La dette du Canton va donc augmenter: de 2,5 milliards d'ici 2028, dit le plan financier, rendu en même temps  que le budget (bravo!).

    Genève, rouge de honte? même pas. Chacun fait l'autruche. L'Etat de Genève peut emprunter à 0% voire à moins, le déficit n'est donc pas une catastrophe... Et puis, la dette, ce sont des routes, des égouts, des écoles, le CEVA, les HUG, UniGe... ce n'est pas rien.

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  • Genève 2050 et l'espace dans les 50 prochaines années

    the economist lune.jpgThe Economist n'échappe pas à la commémoration: 50 ans qu'on a marché sur la lune. Une sacrée aventure. Jules Vernes, Melies, Hergé et d'autres l'avaient imaginée. Mais qu'un humain puisse arpenter notre satellite boosté jusqu'à sa périphérie par une fusée au principe identique aux pétards du 1er Août ou de la Saint Sylvestre, ça défiait l'entendement.

    Qu'on veuille y retourner dit combien notre époque est hélas grosse de dictateur qui veulent montrer que le leur est la plus grosse. Mais on a les dirigeants qu'on mérite. On ne peut pas se divertir  à tout instant, s’inquiéter de sa santé et traquer le moindre -cide dans son assiette et s'occuper encore des affaires du monde et de la démocratie.

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  • Ni grippe, ni bug, ni Europe dans Genève 2050

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    Quatre scénarios - complexes et un peu catastrophistes - pour imaginer les futurs possibles de Genève en 2050. C'est l'exercice de prospective que propose, depuis septembre 2018, le Conseil d'Etat, un projet évoqué lors de son discours de législature 2019-2024 en la cathédrale Saint-Pierre, mais concocté depuis avril 2017 et traité sans tambours ni trompettes depuis, en raison de l'affaire M et d'autres priorités.

    Quatre scénarios, c'est peu tant les possibles sont nombreux. Sans compter les aléas. Imagine-t-on pareille entreprise lancée en 1918, quelques jours avant la défaite de l'Allemagne, à la veille de la grippe espagnol dont la voracité en vies humaines fut plus grande que la Grande guerre, 20 ans avant le deuxième conflit mondial, né en bonne partie des lourdes pénalités imposées à l'Allemagne qui mit à genou la République de Weimar et fit le lit d'un certain AH...

    C'est dire 1) combien nous sommes incapables de prévoir l'avenir, 2) combien le monde est plus serein en ce début du XXIe siècle, 3) combien les Cassandre et autres collapsologues jouent à se et nous faire peur. Or la peur est mauvaise conseillère. 

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  • Genève en 2050... si

    geneve 2050.jpgChaque été, The Economist propose une série "The World if", bien loin des projections habituelles des futurologues, des scénarios envisageables à partir des données connues, bref une incursion dans ce chaos qu'un battement d'aile de papillon peut déclencher. Cette année, les hypothèses vont de si les Etats Unis quittait l'OTAN en 2024 à si les antibiotiques tombaient en panne en 2041, en passant par si la Chine et l'Amérique s'affontaient en mer de Chine, à si les robots prenaient tous les jobs en 2030.

    Les auteurs anonymes de Genève 2050 ont cherché à éviter le piège de la simple projection des courbes assises sur le passé. Leurs quatre scénarios relèvent donc un peu de "Genève si", sans toutefois identifier un élément déclencheur précis ouvrant une narration épique du futur. Voici leurs scénarios (page 39 du rapport):

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  • Quel Genève en 2030? Quel Genève en 2050?

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    Quel Genève en 2050? C'est l'horizon que Pierre Maudet, alors président du Conseil d'Etat, avait fixé aux Genevois lors du Discours de Saint-Pierre. Le jeune tribun n'imaginait sans doute pas qu'il allait être détrôné sans ménagement bien avant cette échéance et être l'acteur clé d'une affaire sans précédent dans la République: l'affaire Maudet soigneusement chroniquée dans Wikipedia. Telle une tique, Pierre s'accroche depuis à son ministère croupion. Personne ne peut l'en déloger. La caravane passe. "Genève est gouvernée", dit son successeur, son ami Antonio Hodgers. Circulez! 

    La  grande réflexion sur Genève 2050 a été lancée en septembre 2018 (suite à un communiqué de presse du 27 juin - comme si on avait voulu cacher l'affaire) et la consultation des Genevois depuis ce mois de mai, sous la forme d'un questionnaire. Elle se termine le 21 juillet. Sans avoir fait la Une d'aucun journal.

    3500 personnes ont déjà répondu au questionnaire. Problématique le questionnaire. J'y reviendrai.

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