Politique

  • Le RIC, dynamite de la démocratie?

    oui au ric.jpgLe référendum d'initiative citoyenne que les gilets jaunes veulent instaurer en France est une vieille idée, régulièrement jetée aux oubliettes de la République par les corps constitués. En France, le roi, l'Assemblée nationale et, sous la Ve République, le président ont été, sont l'incarnation de l'Etat, le seul, l'unique pouvoir qu'on ne saurait contester, sauf, petite concession au droit divin, à l'heure précise de l'élection, décrétée par la loi ou le roi lui-même.

    Vouloir introduire un pouvoir populaire qui viendrait dicter la loi de la rue relève tout simplement de la subversion. Pire que des manifs circonscrites à quelques giratoires rupestres ou quelques rues de la capitale. A Paris, où tout se fait et se défait, les Jacobins sonnent l'alarme et peignent le diable sur la muraille: Imaginez que le peuple veuille rétablir la peine de mort ou abolir l'impôt sur la fortune... Bref, le RIC c'est de la dynamite. 

    Le 4 mars 2018, les Suisses ont accepté en votation populaire la 9e prolongation de l'impôt fédéral direct qui reste une loi à date de péremption (sunset law). Les Français seraient-ils incapables d'une telle sagesse?

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  • De la fin de Commentaires.com à celle d'Apple, Google, Facebook

    commentaires.jpgTout a une fin. Les petits comme les grands empires. Certains chutent brutalement sans crier gare. Comme le journal La Suisse ou Kodak. D'autres disparaissent sans bruit. Comme Commentaires.com ou Yahoo ou Nokia ou Motorola, l'inventeur du téléphone mobile. Selon certaines cassandre, Apple, qui n'a toujours pas réussi à créer une poule aux œufs d'or aussi formidable que l'iPhone, est donnée déclinante. D'autres (à l'instar de Michael K. Spencer) considèrent que Google ou Facebook, dont le modèle d'affaires est trop dépendant de la centralisation et de la publicité, n'ont pas d'avenir.

    Dans le cas de commentaires.com, qui est plus à la dimension des blogs et dans notre proximité, Philippe Barraud, qui fut rédacteur en chef de la Gazette de Lausanne, tire la prise sur cette note du 3 décembre un brin pessimiste: "A quoi bon?" 

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  • Pierre Maudet, adjoint de Viola Amherd?

    amherd maudet.jpgLes mauvaises langues, qui ne manquent pas à Genève, disent que Pierre Maudet s'accroche à son ministère parce qu'il ne sait rien faire d'autres que la politique. La désignation par défaut de la PDC Viola Amherd au département fédéral de la défense de la protection de la population et des sports (futur département de la sécurité) ouvre une voie royale à notre ex-président du Conseil d'Etat, ex-ministre de la sécurité cantonale, ex-président des directeurs suisses de Justice et Police et, last but not least, lecteur attentif des rapports du Service de renseignement de la Confédération de se refaire une santé et une réputation à Berne. 

    Souvenez-vous: c'était le 17 janvier 2011. Le fringuant officier encore comaire de la Ville de Genève publiait le vrai rapport sur la défense nationale*. Selon saint Pierre, "la Suisse est isolée, vulnérable et n'est plus neutre, résumait la RTS. Les principales menaces qui pèsent sur elle sont les cyberattaques, le terrorisme et l'extrémisme ainsi que le crime organisé. Et la seule manière d'y faire face, c'est de créer un Département fédéral de la sécurité, qui regroupe toutes les forces de la Confédération en la matière."

    Donc acte!

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  • Amherd et KKS seront-elles la proie de gilets jaunes suisses?

    amherd et kks pretent serment.jpgQuel contraste avec la France! L'un des pays les plus riches du monde (calculé faussement selon le PIB par tête d'habitant) a élu ce 5 décembre sans coups férir deux nouvelles femmes au Conseil fédéral. L'affaire est faite en moins de deux heures. Le parlement suisse poursuit sa session d'hiver. Et le peuple vaque à ses occupations sans lever le sourcil. 

    De l'autre côté du Jura, un pays est en phase d'insurrection. La colère, n'ayant guère d'exutoires institutionnels pour s'exprimer, contrairement à ce côté-ci, déborde dans la rue. Violemment. Est-ce Mai 68, la Révolution de 1789, celle de 1848, s'interrogent les experts que les journalistes font parler en boucle? Aucune de ces références ne joue vraiment. Car un acteur nouveau a surgi dans le débat: les réseaux sociaux. 

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  • Le quatrième pouvoir est-il bon pour la tête?

    barazzone savary.jpgLe quatrième pouvoir a-t-il contraint Guillaume Barazzone aujourd'hui, Géraldine Savary hier, x, y et z demain, à ne pas solliciter un nouveau mandat politique? Non. C'est accorder bien des pouvoirs aux médias professionnels (ou traditionnels). Les pressions sont venues d'ailleurs et bien souvent des partis même, dont ces politiciens ont été (et seront peut-être un jour) les porte-drapeau. Et leur décision, je veux le croire, ressort de leur propre examen de conscience.

    Politiquement, ces deux personnalités étaient devenues des poids morts, des risques trop importants pour leur parti respectif. La sanction qu'elles s'infligent peut paraître lourde mais elle s'impose et permet de remettre les compteurs à zéro. Elles en tireront même un avantage car c'est une vertu que de reconnaître son erreur. Leur acte sert de jalon. On leur en saura gré.

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  • La presse stigmatise les musulmans. Que faire?

    image musulmans stigmatises.JPGLa presse écrite suisse stigmatise les musulmans. C'est la découverte de la Commission fédérale contre le racisme. L'institut Foeg de l'Université de Zurich - qui publie par ailleurs un rapport annuel sur la qualité des médias - en dresse le tableau (essentiellement sur la base de cas alémaniques). Ni la Commission ni l’Université ne font des recommandations. On les lit donc en filigranes. On comprend que cette stigmatisation, résultant notamment des travers classiques d'une certaine presse (sensationnalisme, dramatisation), serait néfaste à une bonne intégration - lisez cohabitation - et que donc les médias écrits devraient corriger leur tri, leur ton, les faits (?). 

    On s'interroge de cette stigmatisation en bloc des médias écrits, alors que leur audience est en chute. Effet pervers d'une synthèse qui doit capter l'attention des journalistes (l'étude montre plutôt de grandes différences entre d'une part les titres du genre Weltwoche ou Blick et ceux du camp NZZ ou Le Temps d'autre part)? Pourquoi par ailleurs épargner les médias dominants que sont les réseaux sociaux et la télévision?  Seraient-ils trop difficile et donc trop coûteux à analyser?

     

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  • Charrot les poireaux et les initiatives verte et gauchiste sur l'agriculture

    croix de charront et souvenraineté alimentaire.jpgCharrot, c'est un hameau de ma bonne commune, connue de Genève à Romanshorn et même plus loin pour son quotidien bouchon de Bardonnex sur l'autoroute A1, parce que des autorités, incapables ou optues, ne sont pas fichues de doubler la plateforme douanière franco-suisse ou de laisser circuler les gens sans qu'aucun garde-frontière, ni chicanes n'entravent le trafic, comme c'est le cas à toutes les autres douanes du canton (sauf donc sur l'axe autoroutier - il y a des logiques qui m'échappent).

    Les poireaux, c'est une des cultures maraîchères que la famille Vuillod cultive depuis des générations autour du hameau. La famille Vuillod est spécialisée dans la quatrième gamme, soit les légumes prédécoupés, lavés, ensachés, bref prêts à l'emploi et, pour partie, prémâché puisqu'elle livre aussi des quintaux de soupes aux hôpitaux. Depuis peu, la ferme Vuillod est bio, ce qui fait qu'on peine à distinguer parfois les herbes et les poireaux, épinards et autres légumes dans les champs de Charrot les poireaux.

    Si je vous en parle, c'est que son patron, Georges Vuillod est aussi député PLR au Grand Conseil genevois, et se trouve fort dépourvu, comme quelques autres membres de sa corporation, à l'approche de la votation du 23 septembre sur les deux initiatives agricoles, celle des Verts et celle d'Uniterre.

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  • Quota à Berne: le PLR Genecand a voté à gauche

    genecand vote quota ca.jpg95 voix contre 94! La cause des femmes, en l'occurrence la présence d'un tiers au moins de femmes dans les conseils d'administration des grandes entreprises, avance à très petits pas, mais avance... Darius Rochebin accueille en direct en son 19.30 la conseillère fédérale Sommaruga. La socialiste se contente du résultat. Le journaliste tartine un max sur le sujet. 

    Mais qui est donc ce 95e conseiller national qui a fait pencher la balance? 

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