Politique

  • La saga catalano-espagnole, Don Quichotte et le bouc-émissaire

    don quichotte.jpgUn Genevois émigré en Espagne me tient informé de la saga catalano-espagnole, une histoire pas tout à fait donquichottesque quoique l'indépendance comme la nation soient des chimères du XIXe siècle.  

    "Les Espagnols sont des gens formidables, mais comme le disait un ami, amené à s'occuper (lui aussi pour meubler une retraite, hélas trop courte) de travailleurs immigrés en Andalousie, ils sont (je le cite, il était dans mon modeste salon, il cherchait son adjectif) "un peu... bourrus". 

    "Et lorsque j'invoque les mânes de Vaclav Havel, je me heurte à la réponse "oui, mais ici,c'est pas la même chose". Réponse à peu près aussi intelligente que celle-ci, servie en d'autres circonstances: "c'est la faute à l'informatique": en Suisse, je ne sais pas, mais ici, on me l'a encore invoquée il n'y a pas longtemps."

    Cette réflexion, qui pourrait alimenter un blog lui ai-je suggéré, vaut bien une répons. Que voici:

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  • Macron parle trop et trop vite pour être fraternel

    macron fraternite.pngMacron a beaucoup parlé ce soir sur le petit écran sur Facebook et Youtube. Il a dicté de bout en bout les thèmes abordés. L'ensemble de la séquence com avait une tonalité, un message subliminal, qui était affiché en grandes lettres: fraternité. Le mot liberté n'a pas ou peu été prononcé, le mot égalité pas davantage, le mot fraternité pas du tout, mais c'était pourtant le fil conducteur de ses déclarations à la télévision, la première grande interview présidentielle depuis l'élection de l'homme En Marche. 

    Du coup, il a cru devoir rattraper les premiers mois balbutiants de sa majorité et de ses ministres. Il a beaucoup parlé, très vite, très densément, très techniquement. Une remarquable performance intellectuelle sans doute, mais trop brillante peut-être pour convaincre les Français en ce dimanche d'automne généreusement ensoleillé et chaud. 

    La fraternité, le fil conducteur de son quinquennat? 

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  • J'aime les élections allemandes...

    Bundestagswahl2005_stimmzettel_small (1).jpgJ'aime les élections allemandes, parce que les citoyens y ont deux voix*, une pour désigner l'élu de leur circonscription, désigné au scrutin majoritaire, ce qui assure son ancrage local, une voix pour désigner un parti politique du Länder, dont le nombre d'élus sera proportionnel au nombre de suffrages qu'il aura reçu au niveau régional. Le parlement allemand est ainsi constitué d'une moitié d'élus géolocalisés et d'une autre moitié politicolocalisés. 

    Ce mode de scrutin pourrait s'appliquer en Suisse. La moitié du Conseil national serait constitué d'élus "régionalisés" et l'autre moitié d'élus désignés par des partis véritablement nationaux. Le débat politique ne serait plus cantonné au canton mais porté davantage par des enjeux suisses et internationaux. En France, Macron pourrait aussi s'en inspirer.

    Ce mode de scrutin est aussi celui que je préconise pour refonder la politique genevoise et transformer les communes en voie de dépérissement. A l'heure où plus personne ne sait à quoi sert un maire genevois et où le canton peine à boucler ses fins de mois alors que les communes font des réserves, il n'est pas inutile de rêver à une gouvernance rénovée.

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  • Je coûte 11'500 francs à ma caisse maladie par an

    image.jpegJe coûte 11'500 francs à ma caisse maladie par an. Je ne paie donc pas assez de primes maladie. Comment est-ce possible? Selon les statistique de la santé en Suisse, les assurés de plus de 60 paient moins que ce qu'ils touchent.

    Pour que le système reste en équilibre, il faut donc que les moins de 60 ans paient plus que ce qu'ils touchent. Le tableau fourni par l'OFS est éloquent d'une situation qu'on tait dans le débat sur la santė. Les chiffres sont impressionnant et lourd de conséquences. 

    La statistique dit aussi que la dépense moyenne par habitant a passé de quelque 6000 francs par habitant en 2000 à 8500 francs par habitant en 2012: + 50% en 12 ans. Ça ne peut évidemment pas durer.

    J'ai commencé à écrire ce billet en septembre 2015 et l'ai abandonné faute de temps. Sans doute que les derniers chiffres ont augmenté de plusieurs pour cent. 

    La vision du Temps Présent diffusé ce 21 septembre m'a décidé à reprendre ce sujet. Je ne peux que recommander la visualisation du reportage de Steven Artels et Isabelle Ducret *. De l'excellente télévision sur un sujet tabou: quel poids faut-il donner aux coûts dans les choix thérapeutiques et principalement durant la dernière année de vie, dont le coût est en moyenne supérieur aux coûts de toutes les années de vie antérieure?

     

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  • Maudet plus à gauche que Berset?

    maudet lac.jpgAvec 90 voix, Pierre Maudet a fait le plein des voix de gauche au second tour de l'élection sans suspense du Tessinois Ignazio Cassis au Conseil fédéral. pierremaudet.ch, ministre genevois de la Sécurité et de l'Economie, devrait en bonne logique retrouver son ami PLR lors de la prochaine élection fin 2019 lorsque la brillante Doris Leuthard mais aussi le balbutiant Johann Schneider Ammann et la gentille Somonetta Sommaruga se retireront. Cette prochaine échéance, plus ouverte, plus passionnante, permettra réellement de brasser les cartes. Elle interviendra à l'issue des élections nationales où, espère-t-on, les forces républicaines de ce pays seront renforcées au détriment des nationalistes UDC. 

    Cassis reprendra-t-il le département des Affaires étrangères de Burkhalter? Ce serait dans les règles. Mais, il se pourrait aussi que les quatre bourgois (PLR et l'UDC) y poussent gentiment le Fribourgeois Berset si d'aventure son projet Prévoyance 2020 se casse le nez ce dimanche dans les urnes. 

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  • Zoug dame le pion à Genève

    maudet cf.pngFaute avouée est à moitié pardonnée. J'avais dénoncé ici l'absence de débat entre les trois prétendants au fauteuil du ministre des Affaires étrangères. A tort. Honneur au PLR zougois qui le premier a invité le trio Cassis-Moret-Maudet à débattre en public des enjeux de cette élection du 20 septembre et de ce qu'ils ont l'envie d'apporter à la Suisse. 

    Il reste une petite dizaine de jours au PLR genevois pour doubler la mise (Le 2 septembre le PLR suisse décide de son ticket). Mais comme l'élection se fera en Suisse alémanique, c'est sans doute à Zurich et à la télévision que le match devrait se poursuivre. Le défi est lancé.

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  • Pas de débats publics pour la primaire PLR

    maudet tages anzeiger.pngIl sourit, regarde la photographe droit dans les yeux. Il met les mains dans les poches de son costume rayé gris anthracite. Il a l'air décontracté. Sa chemise est blanche, sa cravate bordeaux, rayée de rouge.

    Il est en marche, Pierre Maudet, sur la grande photo qui illustre ce matin, en page 3, son entretien avec trois journaliste du Tages-Anzeiger. La profondeur de champ est faible, ce qui met en valeur le candidat et anonymise le lieu de sa déambulation. Le cadrage, inhabituel, installe le candidat genevois dans le cadre droit, histoire de dire qu'il va dans le mur, que ce n'est pas son tour. Cette fois.

    L'homme politique est inconnu des parlementaires suisses-alémaniques à Berne, souligne le grand quotidien zurichois (ce qui en dit long sur l'intérêt que nos compatriotes portent aux Welsches que nous sommes). Pierre Maudet entame cette semaine une tournée Outre-Sarine, histoire de réduire le Röstigraben. 

    Aura-t-il l'occasion de confronter sa vision de la Suisse et ses idées pour réchauffer les relations de la Suisse avec l'Europe avec les autres candidats à la primaire PLR? 

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  • Troinex ma voisine fête le bicentenaire de son divorce

    bicentenaire troinex.jpgLa commune de Troinex n'y va pas par quatre chemins. Cette fin de semaine, elle ferme les routes qui la relient à ses voisines, Bardonnex à l'ouest et Veyrier à l'est. Impossible d'aller faire ses emplettes locales au marché Chavaz sans passer par la France et les douanes de Pierre-Grand, de Bossey ou de Veyrier ou par le chef-lieu de Genève sud, soit la cité sarde, Carouge, que quelques politiciens en panne d'audience voudraient marier avec Lancy.

    Troinex fête le bicentenaire de son divorce d'avec Veyrier, le 30 mai 1817. Entre les deux villages, il n'y avait pas que des marais, mais aussi deux histoires, deux peuples: les catholiques de Veyrier qui avaient perdu le pas de l'Echelle lors de la création du canton en 1815, et les bourgeois protestants de Genève qui avaient bâtis leurs maisons de campagne du côté de Troinex, dans les anciens territoires du prieuré de Saint-Victor, nationalisés en 1543 au détour de la douloureuse histoire du Genevois, alors occupé par les Bernois, après la Réforme. Bref deux communes antinomiques.

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