Pays, paysans

  • La vogue de Bardonnex et le mythe du paradis terrestre

    paradis terrestre.jpgLa vogue de Bardonnex est égale à elle-même*, ce qui, en ces temps où le concept de disruption a pris le gouvernail du monde, n'est pas forcément une bonne nouvelle.

    Organisée par la jeunesse - neuf garçons cette année - la Vogue a perdu tout rapport avec ses origines: la fête votive de la vierge Marie, mère de Dieu, dont les églises chrétiennes, sauf la branche protestante, fête l'enlèvement au ciel le 15 août, un jour férié en pays catholiques, qui a coïncidé cette année avec le premier jour de la manifestation.  Or, l'église de Bardonnex détruite vers la fin du XVIe siècle lors de l'occupation bernoise de la région était consacrée à Notre Dame. 

    Voilà pour la petite histoire que tout le monde a oubliée. Passons au paradis terrestre.

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  • Trois collapsologues et 7'600'000'000 humains

    cochet sinai servigne dessin le monde.jpgLe Conseil d'Etat de notre bonne République et canton de Genève - qui héberge un 15'200e des être humains de notre planète - a clos le 28 juillet sa grande enquête sur Genève 2050 (voir ici, et ). Aucun scénario ne prévoit un effondrement tel que celui qu'annoncent trois millénaristes en vogue en France, qui ont été les premiers invités du quotidien Le Monde, dans une série de six papiers intitulée "Vivre avec la fin du monde" (du 23 au 29 juillet).

    C'est que la fin du monde est proche, proclament les nouveaux prophètes de l’apocalypse, membres de l'institut Momentum: Agnès Sinaï, Pablo Servigne et Yves Cochet (déjà cités dans ce billet). Leur texte « Face à l’effondrement, il faut mettre en œuvre une nouvelle organisation sociale et culturelle », que Le Monde réserve à ses abonnés, mais qu'on peut lire intégralement sur Momentum et sur quelques blogs écolos.

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  • Collapsologie, gourmandise et Biorégion 2050

    www.footprintnetwork.org.jpgCe lundi, nous avions atteint le jour de la vie à crédit, rappelle ce matin Libération qui cite footprintnetwork.org et sacrifie au rituel du nostra culpa moderne. Nous - les riches - consommons trop. L'effondrement - le collapse - a déjà commencé. Les mouches qui nourrissent les oiseaux ont disparu dans nos environnement aseptisés (au fait, nos pschitt et autres bougies, bâtonnets et autres arômes d'ambiance même bio ne sont peut-être pas sans conséquence)... Alerte! Que fait la police!

    Pour faire bon poids (!), Libé cite en premier le pape pape François, "qui exhorte les Etats à agir pour lutter contre le changement climatique «parce que notre survie et notre bien-être dépendent de cela»." Le pape François est à la tête d'un peuple qui sait que s'approprier les ressources plus que nécessaire et de ce fait priver son prochain des fruits de la terre est péché de gourmandise et qu'il sera plus difficile à un riche d'entrer au paradis qu'à un chameau de passer par le chat d'une aiguille

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  • Comment refaire la "fête de la tomate qui ramène sa fraise"?

    tomate degustation.jpgSympathique, courue mais un peu déjà vue, la fête de la tomate. c'est l'impression que j'avais en revenant hier de la place de Sardaigne à Carouge. Je n'en ai vu certes qu'une volet, celui du repas de midi quand l'humeur de la météo précipita le public sous la grande tente dans une étrange pénombre. Ce n'était qu'une ondée qui ne gâcha pas la fête mais je n'avais pas l'impression qu'il y avait la foule d'antan. Plusieurs échoppes semblaient manquer à l'appel. A l'heure de l'apéro officiel, le ministre de l'agriculture brillait par son absence. Ainsi que de nombreux amis et élus.

    Antonio Hodgers qui cumule la présidence durable du Conseil d'Etat, le territoire, l'urbanisme, l'environnement, l'agriculture et l'affaire Maudet avait sans doute d'autres chats à fouetter. Ou n'a-t-il pas voulu cautionner une production industrielle et sans saveur? Dans ce cas, il devra dire comment il entend réorienter la politique maraîchère sur laquelle il n'a en fait aucune emprise puisqu'elle est largement décidée à Berne, par la science et le marché. 

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  • Boom, boom boom: les paysans suisses canardés

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    La Suisse a-t-elle besoin de son agriculture pour se nourrir? Dans les urnes, les Suisses disent plutôt oui, convaincus par l'étrange coalition des paysans et des Verts que la souveraineté alimentaire (modernisation opportune du concept d'autarcie hérité du plan Wahlen et en voque jusqu'à la chute de l'empire soviétique) est bonne pour le pays.

    Or les Verts ne se contentent pas de ce qui est, selon le rapport agricole 2018, une demi-souveraineté - presque la moitié des calories consommées viennent de l'étranger - ils veulent zéro pesticides dans nos campagnes et dans nos rivières et du goût dans leurs assiettes, le tout à petits prix. Ce à quoi les paysans suisses ne sont pas préparés. 

    Et puis, un paysan, sauf exception, notamment la future cheffe du Service de la Nature et de l'Agriculture de Genève, Valentine Hemmeler, ex-membre de SolidaritéS, star de la souveraineté alimentaire, ça vote plutôt UDC, PDC ou PLR. Et là, c'est moins le verdissement lent des partis bourgeois que les paysans craignent, que le credo libre-échangiste toujours en vogue et qui, chacun peut le mesurer, a fait et fait une bonne part de la prospérité de la Suisse.

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  • Raté mais beau. Réussi mais morne

    pavot large.jpgLes paysans suisses ont peur de la vague verte. Non pas tant celle qui ajoutera quelques écologistes parmi les 244 élus de l'Assemblée fédérale - un peu de vert dans le gris ne fera pas de mal -, mais celle qui pourrait inciter les Suisses à adopter deux initiatives en 2020. L’une est intitulée «Pour une eau potable propre et une alimentation saine» et l’autre «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse». 

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  • Et si on arrêtait de prendre l'avion

    libertation 3 avril.jpg"Pour votre pénitence, vous me direz deux Notre père et trois Je vous salue Marie..." Quand j'étais petit, je vivais dans une paroisse où la tradition était encore de rigueur. Mes yeux d'enfant ne voyaient pas la coercition personnel et le contrôle social qui pourtant s'y exerçaient: à l'encontre des couples protestant et catholique, dans l'abstinence et la frugalité - encore presque naturelle durant le Carême du moins - au lit comme autour de la table, où l'on signait le pain avant de l'entamer, dans le poisson du vendredi et le rôti du dimanche, dans le catéchisme qui enseignait que Dieu est tout puissant mais aussi qu'il faut aimer son prochain comme soi-même.

    Ici et maintenant, l'humain de s'aime plus. 

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  • L'écospiritualité de Marie Cénec, une démocratie-chrétienne peinte en vert?

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    Au bout d'une demi-heure de glose sur notre finitude 1), je me dis: comment une femme, dont le genre peut seul - jusqu’à présent - donner la vie, comment un esprit aussi vif, peut-elle parler de la mort à un auditoire dont l'âge moyen a dépassé largement celui de l'AVS.

    Cette mort est horrible témoigne l'oratrice qui s'y connaît. Pourtant,  elle est là, présente tous les jours. Pas un un ne passe sans que des millions de nos cellules meurent et se renouvellent. Jusqu'à l'instant final où, même si l'on croit en la vie éternelle, plus jamais ce ne sera comme avant.  

    Cependant, "à ne plus accepter de mourir – ce qui se traduit par les excès du transhumanisme ou du « prolongisme » – l'humanité est prise dans une fuite en avant qui semble contribuer de manière de plus en plus active à l’extinction de son espèce… C’est une forme de logique suicidaire dans laquelle notre espèce s’est engagée." 

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