Pays, paysans

  • Les myrtilles du Pérou et l'agriculture suisse

    IMG_3155.JPGC'est l'histoire d'un petit garçon qui adore les myrtilles. Sa grand-mère s'en va donc quérir pour son p'tit loup une boîte de ces fruits chez un commerçant qui fait sa pub et construit son image sur la région. D'où viennent les perles bleus? "Origin Peru", lit-on sur la boîte. Plus précisément de Trujillo. L'occasion d'un voyage imaginaire dans un pays mystérieux que la grand-mère connaît grâce aux Sept boules de cristal et au Temple du soleil,  et qu'elle a hâte de relire avec son petit fils. Sur la boîte, il est aussi écrit "by Danper".

    L'enquête commence. Facile, il suffit de taper Danper sur Internet. On découvre qu'il s'agit d'une entreprise agricole, grosse de 6000 hectares au sud et au nord du pays et de 6500 employés, qui collectionne les prix de l'innovation et de la durabilité. Dan vient de Danois et Per de Pérou. 

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  • Vous avez dit catastrophes naturelles?

    Bondo.jpgLe Tages Anzeiger publie depuis ce mercredi une série de grandes interviews pour passer le Nouvel An, traditionnellement riche en bulles, en voeux et en lumière mais chiche en news. Période de vaches maigres pour la presse qui recycle ses bonnes émissions, tire plus ou moins habilement des bilans ou des plans sur la comète.

    Ce qui frappe dans l'offre du Tagi, c'est que les neuf interviewés sont inconnus de ce côté-ci de la Sarine. Rien de nouveau sous le ciel helvétique me direz-vous, chaque canton cuit sa cuisine dans son chaudron. Mais en ces temps où le citoyen cherche des raisons de voter non à No Billag le 4 mars prochain et donc oui à sa chère SSR, on se dit qu'elle a vraiment raté une de ses missions clés: l'entre-connaissance des Suisses et de leurs cultures.

    Ce jeudi, c'est le tour du "plus important connaisseur des Alpes" (dixit le quotidien zurichois), Werner Bätzing, un Allemand, le second de la série après Campino. Campino est, comme chacun sait, le chanteur du groupe punk Die Toten Hosen, qui s'est découvert un amour pour Merkel...

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  • L'alimentation, l'agriculture suisse et le prix de tout ça

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    J'avais intitulé mon travail de diplôme (master) d'agronomie à l'EPFZ: "Les jardiniers du paysage". C'était dans les années 70, juste après les deux chocs pétroliers, la crise horlogère et les remous créés par l'étude futuriste, qui s'est révélée très largement fausse, "Halte à la croissance" du club de Rome.

    A l'époque on se préoccupait sérieusement du seul fléau réel qui menace le monde, la croissance démographique. Des politiques volontaristes et plutôt mal conduites de l'enfant unique en Chine à la vasectomie obligatoire des mâles en Inde et à la régulation des naissances ailleurs (sauf dans les pays catholiques et communistes où la prospérité naît des naissances, ce qui a permis tout récemment à Jacques Attali d’affirmer l'Université de Genève que la France est le pays le plus puissant d'Europe).

    Depuis la chute du Mur de Berlin, 12 ans après mon travail de diplôme, la Berne fédérale - c'est à dire le Vorort devenu EconomieSuisse qui dicte la politique économique de ce pays - a décidé de rendre l'agriculture suisse eurocompatible.

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  • Tous saints: de 1 à 10

    bosh enfers.jpgEn ce jour férié dans les pays catholiques, alors que la chrétienté commémore le 500e anniversaire de la protestation d'un curé  rebelle, un certain Martin Luther, choqué par la vente par Rome des indulgences (ces laisser-passer pour le paradis qui permettaient aux chrétiens d'alors, terrorisés à l'idée de griller pour l'éternité dans les enfers à la Jérôme Bosh), en ce jour de la Toussaint donc, qui voit les vivants - j'en suis - déambuler dans les cimetières un pot de chrysanthème à la main et se remémorer leurs morts, je m'interroge sur l'état de mon curseur de sainteté.

    Où suis-je? De 1 à 10, comme l'échelle de la douleur, commune désormais dans nos hôpitaux, où nous mourrons tous ou presque désormais, car la mort comme la naissance est de nos jours affaire - très bonnes affaires pour eux - des spécialistes, des experts des médecins, qui ne savent pourtant ni juger du début ni de la fin des choses...

    De 1 à 10, où suis-je? Dans quel état j'erre?

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  • Le choc des cultures ou l'agriculture 4.0

    IMG_3625.PNGLe paysan écologiste Fernand Cuche face à l'agriculture 4.0, c'est le choc auquel les téléspectateurs d'Infrarouge ont assisté ce soir. Les salades que produit Combagroup à Yverdon selon la technique aéroponique (aeroponics), dont on peut faire varier le goût à la demande en modifiant la couleur de la lumière ou la composition du brouillard nutritif, qui recycle la chaleur des villes et n'utilise pas un gramme de terre, démontre que la sécurité alimentaire est une équation technologique.

    Infrarouge aurait pu montrer aussi la fabrication de blancs de poulet et de mayonnaise artificiels, les hamburgers d'insectes et d'autres techniques de production alimentaire qui n'ont plus rien à voir avec l'agriculture.

    La votation du 24 septembre sur la sécurité alimentaire a paru soudain anachronique et destinée surtout à protéger les exploitations traditionnelles agricoles telles que celles que nous montrent les spots publicitaires à la télé. Les Suisses vont sans doute voter oui à ce mythe qui ne devrait plus être rangé au rayon de la politique agricole ou de la production alimentaire, mais à celui du tourisme, de la sauvegarde des chefs d'œuvre en péril ou de Demain, c'était mieux avant. 

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  • De la libération des lapins au méchant glyphosate

    lapin-clapier.jpgOn meurt de faim, rarement de gloutonnerie et encore moins de malbouffe (sino, les Occidentaux ne vivraient pas si vieux que ça en devient un problème de société). L'air du temps (l'ère du Verseau?) est à la libération des lapins de leur clapier-prison et au régime vegan, l'une et l'autre lutte ayant partie liée nous a appris récemment Julie dans la Julie. Ainsi va l'humeur du monde d'ici qui a peur de mourir ayant perdu la foi en la vie éternelle. 

    Le veganisme est une religion qui ne fait de mal à personne, sauf éventuellement à ses adeptes (et à leurs proches, car l'exclusive force ceux-ci soit à adopter le même régime soit à cesser de fréquenter ceux-là) et temporairement à la filière animale.

    Une mode ou une tendance durable, s'interroge un des mes confrères fine gueule?

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  • Place des Volontaire: densifions la ville, verdissons les toits!

    usine volontaire.JPGJe suis sur la terrasse du Volontaire, le bistrot temporaire de la coopérative La Ciguë. L'Usine sur ma droite, quatre niveaux sur rez, la rue de la Coulouvrenière en enfilade que ferme à l'horizon un bâtiment bas (au passé industriel sans doute aussi). De l'autre côté du fleuve, le vaste ensemble des rives du Rhône, qui a remplacé les taudis d’antan, donne une touche de modernité à la colline de Saint Jean naissante, où il s'adosse. Sur six à douze étages.

    Pourquoi, me dis-je in petto, ne pas construire deux niveaux ou trois niveaux de plus sur la ci-devant Usine, tout en verre et un toit plat par dessus, engazonné et ouvert aux adeptes de la nature en ville?

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  • "L'ordre cannibale du monde" et le bon vin

    IMG_3490.PNGLa confrontation Peter Brabeck - Jean Ziegler ce soir sur TTC, une des meilleures émissions de notre chère RTS, est un morceau d'anthologie. Le vieux professeur est toujours là. Il dénonce l'ordre cannibale du monde, celui que représentent, défendent et étendent sans cesse les 500 plus grandes multinationales qui cumulent 52% du PNB mondial. Nestlé est la 27e.

    Ziegler n'a pas tort. Même The Economist, qui n'est pas de son bord, s'inquiète régulièrement de la concentration de la fortune. Dans sa livraison de cette semaine, l'hebdomadaire britannique signale que deux économistes  saisi par l'analyse de Pickety ont exploré des pans survolés par l'eéoniste francais. Oui le système renforce les plus puissants. C'est particulièrement frappant avec les nouveaux riches, les Google, Facebook, Apple et compagnie, qui soit avalent goulûment leurs concurrents, soit les vident de leur substance en copiant leurs bonnes idées. 

    Il n'en a pas été question ce soir. Pas plus que des robots, du capitalisme d'Etat, le capitalisme chinois, celui des petromonarchies,  ou un encore de l'économie des trafics, de la corruption et des mafias.

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