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  • "En démocratie, avoir la liberté de mentir, c'est avoir le pouvoir de transformer le réel"

    mensonge.jpg"En démocratie, avoir la liberté de mentir, c'est avoir le pouvoir de transformer le réel". En lisant cette aphorisme d'un philosophe de 30 ans que je ne connaissais pas - Manuel Cervera-Marzal - en titre de la rubrique Idée de Libération de ce 7 février, je me suis demandé si le titulaire du nouveau ministère - ni "croupion" ni "mineur" - du Développement économique" de la République et Canton de Genève n'était pas au fond à la fine pointe de la post-vérité.

    La réponse est non. Car son mensonge avoué a voulu préserver, pour une raison toujours inconnue, un prince d'Arabie - pas démocrate pour un sous ni héraut des droits humains - dont on ignore toujours si son amicale libéralité est liée - dans le passé ou dans le futur - à un retour d'ascenseur. Ajoutant l'entêtement, voire le déni, au mensonge, l'ex-enfant prodige de la République, qui n'est au demeurant pas si magnifique ni compétent, abuse effrontément de la patience des Genevois et ne correspond en rien à ce mensonge politique qui ferait bouger les lignes. 

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  • Lausanne, Munich, Genève...

    ivan maiski.jpgMardi soir, je suis resté scotché devant une de ces émissions historiques en noir et blanc dont Arte a la spécialité. Il s'agissait du pacte entre Hitler et Staline. On suit - un brin sidéré - le jeu des puissances d'alors au travers d'un relais diplomatique, l'ambassadeur soviétique à Londres, Ivan Maïski, un "petit juif" d'origine polonaise qui, par miracle, échappa aux purges de l'ours rouge, raconta son histoire et mourut dans son lit en 1975 à 91 ans. 

    Avant la signature du Pacte germano-soviétique qui permit au dictateur d'envahir l'Europe étape par étape, on revit l'envahissement du territoire des Sudètes en Tchécoslovaquie et la signature des Accords de Munich, qui l'y autorisait, par le premier ministre britannique Chamberlain. Munich, c'est aujourd'hui, nous dit-on, la honte de l'Europe. 

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  • Lacite.info est morte, vive Heidi.news?

    adler heidi.jpgLe paysage médiatique est entré avec le XXIe siècle dans l'ère schumpétérienne de la destruction constructive. J'ai donc lu la veille de Noël, dans mon journal préféré, né, lui,  le 1er février 1879 (tout soudain 140 printemps), l'avis de décès de lacité.info.

    C'est triste un journal qui meurt*. Mais ce n'est hélas pas étonnant pour ce titre genevois, dont l'ambition initiale d'être le Monde Diplo de la Suisse romande était aussi démesurée que prétentieuse (mon interview lors du lancement de Fabio Lo Verso).

    Que dire de Heidi.news? L'appel à souscription que m'adresse personnellement Tibère Adler, ex-directeur général d'Edipresse et père de ce pure player promis pour ce printemps, me laisse songeur. 

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  • De la fin de Commentaires.com à celle d'Apple, Google, Facebook

    commentaires.jpgTout a une fin. Les petits comme les grands empires. Certains chutent brutalement sans crier gare. Comme le journal La Suisse ou Kodak. D'autres disparaissent sans bruit. Comme Commentaires.com ou Yahoo ou Nokia ou Motorola, l'inventeur du téléphone mobile. Selon certaines cassandre, Apple, qui n'a toujours pas réussi à créer une poule aux œufs d'or aussi formidable que l'iPhone, est donnée déclinante. D'autres (à l'instar de Michael K. Spencer) considèrent que Google ou Facebook, dont le modèle d'affaires est trop dépendant de la centralisation et de la publicité, n'ont pas d'avenir.

    Dans le cas de commentaires.com, qui est plus à la dimension des blogs et dans notre proximité, Philippe Barraud, qui fut rédacteur en chef de la Gazette de Lausanne, tire la prise sur cette note du 3 décembre un brin pessimiste: "A quoi bon?" 

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  • La peur une fois de plus au menu de notre RTS

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    <Data>land, la nouvelle émission nationale de notre radio télévision publique prétend ce soir tout dire sur les puces électroniques cachées au cœur de nos intelliphones et leurs liens secrets avec les serveurs, qui sont eux toujours plus farcis de logiciels futés. C'est la fameuse intelligence artificielle qui trie, range des données par milliards, compare, construit des portraits robots. Des portraits robots qui nous ressemblent de plus en plus, exactement ce que recherchent les commerciaux, qui n'auront bientôt plus aucune peine à anticiper et à quantifier nos petits et grands désirs, nos petits et grands bobos, nos petits et grands états d'âmes. 

    Le fond de l'air est bleu, vert genre culture d'algue, plutôt froid, inquiétant, l'image hachée, numérique, truffée d'effets spéciaux, le ton et le fond sonore affirmé, anxiogène. Vous avez dit Minority Report, ce film de science fiction où un big brother anticipait la survenue des actes criminels?

    Pas un défenseur des robots sur le plateau. La messe est dite. Le 29 novembre 2017, avec Plus 3 degrés, la SSR nous l'avait déjà jouée terrorisante. Il s'agissait alors du réchauffement climatique. L'écran était jaune, surexposé. Caricatural! Indigne d'une télévision de service public! Cette nouvelle émission, sujet plus actuel oblige, a partiellement évité le piège.

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  • L'histoire de Sylvie dans "Brise-glace" du journal "Le Temps"

    brise glace seropositive.jpgQu'est qui tue les quotidiens? La question hante les rédactions qui voient fondre leurs réseaux d'abonnés qu'elles ont si peu cultivés. C'est aussi le cas du Temps, dit son rédacteur en chef numérique dans une des dernières émissions de l'excellent Médialogue sur la RTS. Combien d'excellence dans les médias sous toutes leurs formes! Énormément. Mais voilà, il nous manque le temps et même la connaissance des choses. C'est ainsi qu'en refaisant un peu de mon retard, j'ai écouté avec attention "Le Temps est-il encore un journal?".

    Qui m'a incité à écouter Le combat de Sylvie, mère et séropositive, le dernière épisode de la saison 1 de Brise-glace, le premier Podcast du Temps (dont Le Bac à sable raconte la genèse). Saisissant.

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  • #ActMedia 2018: le maire de Genève veut des états généraux des médias

    Il est 9h, ce vendredi 14 septembre, une petite cinquantaine de gens préoccupés par l'avenir des médias écoute Sami Kanaan, maire de Genève, et initiateur de la journée publique #actmedia. "Sans une presse diversifiée, la démocratie ne peut pas fonctionner" commence le maire, socialiste de la commune: 200'000 habitants dont la moitié d'étrangers dont une partie n'a le droit de voter que sur le plan communal, c'est à dire, compte tenu des compétences municipales à Genève, presque jamais.

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  • Kim il Sung news sur Léman

    A17D8A30-7421-4B22-853B-0F2B0B39A9F0.jpegGrande nouvelle, la ville de Lausanne va s’acheter dès le 27 septembre des pages dans Lausanne Cité (Le GHI lausannois), annonce le socialiste Grégoire Junod, syndic de la ville à #actmedia. L’éditeur genevois s’en félicite. Evidemment. Il y aura, dit-il, une claire distinction entre la partie rédactionnelle (congrue, il faut bien le dire) et l'encart de bonnes paroles de la Ville.

    Rien de nouveau sous le soleil. Les annonces officielles des autorités ont trouvé ce media depuis bien longtemps. C'est un moyen classique de financement des journaux, surtout des toutes petites feuilles locales. (Certes mais où est l’information indépendante dans cette opération de soutien? La com, c’est souvent des fake news ou du vent pour détourner l’attention dus sujets qui pourraient fâcher.)

    A lire aussi: Le maire de Genève et la Tribune de Genève

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