Vu du Salève: Genève... - Page 10

  • 500'000 Genevois!

    image.jpegCe dessin m'interpelle. Ce "On est trop" est trop. Certes, il reflète sans doute l'avis d'une majorité de Genevois. Entre les Verts clairs que nous sommes tous peu ou prou, nostalgique d'un paradis perdu où deux goulus nus dominaient les plantes et les bêtes, pas assez pour polluer ni réchauffer la planète ni même se faire la guerre encore que l'histoire de la pomme fut sans doute leur première discorde... entre les Verts clairs donc et les Verts foncés, devenus le premier parti de Suisse et peut-être bien d'Europe, quoique non majoritaire mais capable tout de même de faire et de défaire les gouvernements... entre les Verts clairs donc et les Verts foncés, nous voilà tous à bêler pour une halte à la croissance, voire une décroissance. 

    Ce qui pour les uns est une sagesse me paraît assez égoïste. Depuis les Savoyards du Grand Genève (mes ancêtres), les Valaisans, les Bernois ou autres Fribourgeois, en passant par les Italiens, les Ibériques, les Yougoslaves et autres Balkaniques et tous ceux qui en rêvent, les migrants qui ont choisi Genève ne l'ont pas tous faits de leur plein gré.

    Certes, diront les bonnes âmes, yaka installer les usines et les bureaux, les hôpitaux et les universités, les cantines scolaires et les EMS dans ces contrées périphériques et leurs populations y demeureront, desserrant la cité de ses banlieues qui l'enferment comme des pelures d'oignon.

    Le monde n'est qu'une longue histoire de barbares qui empoisonnent le bourgeois.

    Pour le reste, trois choses m'étonnent:

    1) comment peut-on être 500'000 en 2016 alors que l'OCSTAT évalue la population résidente à 490'000 à la fin 2015?

    2) en fait il y a belle lurette que Genève héberge bien plus de 600'000 personnes de jour et plus de 500'000 la nuit compte tenu des clandestins, des travailleurs nomades et des visiteurs de toutes sortes.

    3) Geneve et sa région bénéficient d'équipements culturels, hospitaliers, de formation digne d'une métropole d'un million d'habitants.

  • Erythrée: deux vérités irréconciliables?

    mekonnen begle.jpgA ma gauche, Daniel Mekonnen, ancien supporter du président devenu dictateur, réfugié depuis 2001 de l'Erythrée qui déclare dans la Tribune «L’Erythrée est une prison, ne vous y trompez pas!».

    A ma droite, Claude Béglé, un éphémère patron de la Poste suisse, devenu conseiller national PDC du pays de Vaud, qui s'en est allé tout récemment avec quelques collègues voir sur le terrain si l'Erythrée est bien une prison et si ceux qui la fuient sont bien des requérants d'asile politiques et non des migrants économiques. Le conseiller national est revenu de son périple avec l'idée que les associations de défense des droits de l'homme noircissait un peu le tableau.

    Qu dit la vérité?

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  • La vache. On rit trop gentiment

    la vache.pngLa vache. On rit gentiment, on pleure un peu, on se laisse porter beaucoup.

    Pas mal de nostalgie, énormément de clichés, passablement de bons sentiments, pas de violence - juste une bousculade de paysans - pas de sexe, pas d'imam non plus... ça ne peut pas faire un grand film.

    On  ressort de cette parenthèse un poil burlesque de la vraie vie un peu bête de s'être laissé prendre au jeu.

    Et puis viennent les questions.

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  • The Independant abandonne la presse. Va-t-il y perdre son âme ?

    image.pngLa nouvelle a traversé cette semaine les rédactions comme une annonce fatale. On y passera tous. Tôt ou tard. The Independant, 30 ans à peine, des fleurons de la presse britannique cessera en mars prochain de dévorer chaque jour des arpents de forêt pour n'être publié plus que sur la toile. Un grand progrès pour l'écologie même si près de la moitié de la matière première du papier journal vient de déchets recyclés. 

    Un ancien éditorialiste du quotidien publie dans le Guardian cette interrogationPeople who say “there are enough newspapers”, are like people who say there are enough public parks or libraries, or piano concertos: always and forever wrong.

    Andrew Marr craint qu'une rédaction en ligne perde plus facilement qu'une édition imprimée ce supplément d'âme qui fait d'un journal un journal. 

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  • Canton sans commune: Ah, si Genève pouvait s'inspirer de Schaffhouse!

    schahouse carte.pngIl y avait eu le précédent de l'initative des jeunes à Glaris. Bientôt dix ans déjà. Un dimanche du mois de mai 2006, la Landsgemeinde avait décide à la surprise du pays, sidéré de tant d'audace dans cette vallée alpestre enclavée, de réduire le nombre des communes de vingt-cinq à trois.

    Dimanche 28 février, Schaffhouse, minuscule presqu'île suisse en terre allemande, vote pour la suppression de toutes ses communes. C'est, nous dit Le Temps, l'idée un peu folle d'un maire PLR. Comme quoi il ne faut jamais désespérer du grand vieux parti qui s’enorgueillit aujourd'hui encore d'avoir fait la Suisse moderne.

    Vous me connaissez, je ne peux que rêver d'un semblable rendez-vous démocratique à Genève, autre presqu'île suisse en territoire français, dont les 45 communes, fort hétérogènes, sont un héritage anachronique et coûteux du XIXe siècle.

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