dimanche, 27 octobre 2013

La Cité et DP: 50 ans et un monde les séparent

Corespondant de la Tribune à Paris, blogueur et écrivain, Jean-Noël Cuénod a accepté de succéder à Fabio Lo Verso à la tête de La Cité notamment parce que le rythme mensuel que va adopter ce journal, qui faisait mine de s'inscrire dans les pas du Monde Diplomatique, lui paraît mieux adapté au genre de journalisme qu'il veut et peut conduire. Un bimensuel est encore trop attaché à cette actualité qui, plus que les éditeurs, imposent son agenda et ses priorités aux journalistes.

Domaine public est un bimensuel depuis son lancement le 31 octobre 1963. Quelque 2000 éditions sur la politique et la société. Un regard sur la Suisse d'abord, la Suisse romande et le monde.

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samedi, 26 octobre 2013

Slow et fast média

écriture plume.jpgJe feuillette Flipboard où j'ai épinglé quelques sites, blogs et autres productions de la si vaste infosphère en ligne. Je tombe sur The Tweeted Times - un journal automatique - du blogueur Lyonel Kaufmann sur ce papier du Monde. Il récapitule les charrettes que les médias français annoncent. Près de 1500 postes supprimés sans compter les pigistes et autres occasionnels.

La fin de l'article me renvoie sur Miroir, un nouveau site d'information lancé à Dijon par des rescapés de Dijonscope, un journal en ligne qui n'a pas trouvé les thunes pour survivre. Il n'y a pas que les imprimés qui souffrent.

Leur plan éditorial se réfère à la charte des slow médias concoctée en Allemagne. Je connaissais le slow Food, pas le slow médias, mais à la lecture de cette charte, je reconnais les idéaux des gens de la Cité ou de La Couleur des jours. Un idéal qui répond surtout à un impératif celui du slow money, quand on n'a pas de thune on adapte sa formule

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vendredi, 25 octobre 2013

On a 50 ans

terre dans des mains.jpgLa presse est en ébullition. Les fortunés du web ou des télécoms s'achètent de grands quotidiens qu'ils sauvent de la faillite ou d'une mort lente. Les fortunés suisses ont, eux, lâché leur journal de Genève. De ses cendres, est né Le Temps. Et voilà que ce quotidien suisse de référence est en vente. Est-ce ce choix stratégique qui a décidé Éric Hoesli à présenter ce jour sa démission? Soumis à la question, il reste coi ou capable de dix minutes de langue de bois sur la RSR. Quoi d'autre sinon? La chute d'Hoesli serait la rupture d'une digue éditoriale romande contre des Zurichois forcément avides de profit comme la RSR l'affirme? Cette vision manichéenne me laisse songeur.

Les entreprises de presse, pas moins, pas plus que les autres, détestent laver leur linge en public. Les lecteurs, comme les clients, qu'on sonde régulièrement, n'ont rien à dire. La plupart ne sont pas des actionnaires. Ils se sont donc privés de la possibilité de participer aux choix stratégiques. Le serait-il qu'il faudrait qu'une majorité d'entre eux parvienne à s'unir pour peser un peu. Idéal ou utopie? Même La Cité n'a pas demandé à ses abonnés généreux leur avis sur la décision de sa direction de passer au rythme mensuel ou de placer Jean-Noël Cuénod à la barre.

Il y a, en Suise romande, un titre qui poursuit vaillamment sa course et va le 31 octobre prochain fêter ses 50 ans. Domaine Public, le périodique des sociaux démocrates suisses romands, passé en pionnier, en 2006 déjà, au tout numérique, me demande si la Tribune pourrait signaler cet anniversaire.

Par curiosité, j'ai passé au crible les événements survenus en Suisse en 1963, tels qu'ils sont répertoriés par quelques anonymes sur Wikipédia. Ça donne ceci. Une année étonnante 1963... J'attends avec intérêts vos réponses aux questions que j'adresse à ceux qui font DP aujourd'hui.

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mardi, 22 octobre 2013

Réaction du XIXe aux périls du XXIe

"Menacée, la presse magazine se met en grève". Le titre de mon quotidien préféré, ce mardi 22 octobre, illustre hélas que trop bien l'état de la presse française (et mondiale). La radio et la télévision, les médias du XXe siècle, n'avaient que peu érodé la domination de la presse écrite, née au XIXe siècle grâce à une invention magnifique, la rotative. La machine avait permis de multicopier, par centaines de milliers, en quelques heures, des feuilles dont l'audience ne dépassait guère celle d'une ville ou d'une province. La presse est née avec la démocratie, l'émancipation du citoyen, celle du peuple et - évolutions plus dramatiques - l'émergence du populisme et la montée de la nation et du nationalisme.

Le XXIe démarre avec une machine plus formidable encore que la rotative. Si formidable qu'elle va tuer la presse et bouleverser sans doute aussi les mass média du XXe. L'Internet, l'ordinateur et ses logiciels commandent deux révolutions: celle des éditeurs et celle des lecteurs.

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23:25 Publié dans blogs et net, Démocratie, Economie, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

lundi, 21 octobre 2013

Zut, la science devient incroyable!

the economist science oct 2013.jpgDans une note récente, j'évoquais le mot prêté au patron de presse Pierre Lazareff, directeur de feu France Soir! qui n'hésitait pas à dire qu'une information fausse faisait deux informations, la fausse et sa rectification. Un jour plus tard, l'hebdomadaire britannique The Eonomist, que je télécharge deux jours avant sa parution en kiosque, fait sa une sur la science qui ment et qui ment de plus en plus, en pensée, en parole, par action et par omission, comme on disait autrefois (n'est-ce pas Anastase!).

Le mal ne frappe pas que les sciences molles dont les résultats sont difficilement reproductibles mais aussi les sciences dures comme les biosciences, assure The Economist dont le long article, désormais publié sur le net sous le titre How science goes wrong, cite plusieurs sources. Amgen, par exemple, a constaté que seulement 6 de 53 découvertes sur le cancer étaient en fait reproductibles. Or que vaut une science, donc une connaissance, que l'on ne peut pas expérimenter?

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20:34 Publié dans Air du temps, Economie, Nature, biologie, université | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

jeudi, 17 octobre 2013

Les banquiers genevois...

Monnaie billets de banque.pngLes banquiers n'ont pas peur du ridicule. Eux qui sont coutumiers d'une communication minimaliste, hyper formatée, lisse et presque toujours souriante, s'en prennent une fois de plus à Evelyne Widmer-Schlumpf, coupable de ne pas en faire assez, de louvoyer même dans la défense de la place financière, de leurs intérêts, qui sont les nôtres bien entendu, comme les intérêts du syndicat des enseignants est évidemment celui des écoliers....

Messieurs les banquiers n'est-ce pas votre comportement dédaigneux des lois des pays où nombre de vos clients fortunés ont leur résidence qui a jeté l'opprobre sur la Suisse?

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08:45 Publié dans Affaires fédérales, Economie, Gestion publique, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

mardi, 15 octobre 2013

MLDBRPE

barthassat.jpgQui sont ces PLR masqués que cite ces jours la radio publique, La Première, à une heure de grande écoute? Qui sont ces anonymes qui annoncent vouloir barrer l'accès au Conseil d'Etat genevois au candidat PDC Barthassat?

Info, intox? La RSR doit lever le voile et citer ses sources et des témoins dignes de foi, si elle veut conserver le crédit que lui accordent ses auditeurs. Le fera-t-elle? Propager des rumeurs ne fait pas partie de la concession ni de la charte des devoirs et des droits des journalistes.

A qui profite le crime? A Isabel Rochat? C'est peu probable. La chute de Barthassat n'apportera aucune voix à la libérale. Au contraire. Des électeurs PDC pourraient être tentés de jouer du crayon pour conforter leurs deux candidats. Un scénario catastrophe pour l'Entente qui pourrait bien se retrouver avec trois élus, le 10 novembre prochain.

Sans doute y a-t-il, au sein du PLR, des individus qui rêvent d'une alliance avec l'UDC et sans doute avec le MCG, mais que cette stratégie les conduise à affaiblir leur propre camp relève d'un bien curieux calcul.

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Au-delà des coups de gueule, des citoyens

affiches 2013.jpgIl y a, sur la scène politique genevoise, un parti dont les leaders savent mieux que quiconque faire parler d'eux. Un peu à la mode de ces journaux qui, suivant le précepte de Pierre Lazareff, alors patron du grand quotidien France Soir (issu de la résistance mais aujourd'hui disparu...), selon lequel une info pas tout à fait juste, c'était deux infos, la mauvaise et, le lendemain, son correctif ou sa précision. De quoi attraper les nigauds deux fois et s'assurer un ramdam médiatique sans frais. Rester en permanence sous les feux de la rampe est une recette qui a fait ses preuves en politique.

Mais quel combustible peut donc bien alimenter ces feux de bouche? Du populisme, de l'extrême-droitisme, de la haine? Ce ne sont là que des effets que les adversaires placardent comme pour tenter de prévenir les moutons que le loup est dans la bergerie

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08:41 Publié dans Démocratie, Economie, Médias, Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

lundi, 14 octobre 2013

Demain, c'est Haier

haier.jpgHaier vous connaissez? C'est le leader mondial des fabricants d'appareils ménagers. L'entreprise est chinoise. Elle a décollé dans les années 80 depuis que M. Zhang en est devenu le manager par la grâce du gouvernement de sa ville de Quingdao.

Obsédé par la qualité, dont il s'était fait une idée lors d'un stage en Allemagne, M. Zhang a fait irruption sur la scène médiatique chinoise en 1985, quand il a démoli à coups de marteau 76 machines sorties de ses ateliers qui n'avaient pas passé les tests de qualité.

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mercredi, 09 octobre 2013

Zapping et infidélités politiques

pommes tavelées.jpgMais où sont-illes passés? Pourquoi m'ont-illes abandonnés? Les salop(e)s, qu'est-ce qu'illes leur trouvent de plus aux grandes gueules du Mouvecit et des udécentrés? Michèle l'a dit: ellon ne voit pas pas ce qu'ellon aurait pu faire autrement.

La douche est glacée, une perte de 6.9 points! 13'298 électeurs en 2009, 8337 en 2013 et pourtant, il y avait dimanche 6000 votants de plus. Salauds d'infidèles! Que les électeurs quittent le PLR pour le Mouvecit ou les DCentrés, ça fait partie de la normalité, mais que nous, les Verts, qui sommes l'avenir de ce canton, prenions une secouée pareille, c'est pô juste!

Dans un bistrot, en face d'Uni Dufour, deux étrangers, installés ici depuis des lustres sans doute, s'inquiètent de l'immigration qui bouleverse le monde.

- C'est ça le problème, dit l'un dans un français teinté d'un accent, il faut éduquer ces gens, mais ça va prendre des siècles. Qu'attendre des gens qui ne savent pas lire? Ils sont juste capable de faire de gamins!

- Pas évident, répond l'autre en portant sa tasse de café à la bouche, penché sur la Tribune, on ne peut tout de même pas les recoloniser...

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08:04 Publié dans Dans quel état j'erre, Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

mardi, 08 octobre 2013

Cinq au gouvernement! Pour quoi faire?

bien commun.jpgLa cohabitation, c'est un mode de vie estudiantin. Chacun est roi dans sa chambre, on partage les tâches et surtout les taches de la cuisine et les poils à la salle de bain et on fait la fête dans le salon en regardant le monde sur la télévision. Le gouvernement genevois ressemble à une cohabitation. Chaque ministre fait peu ou prou ce qu'il veut dans son département, chacun attend de l'autre qu'il nettoie les taches et balaie les poils et, dans le salon public, on donne le change d'un gouvernement agissant pour le bien public souriant à l'objectif de la télévision.

En cet automne de l'an de grâce 2013, comme on disait au temps où la grâce et la gratitude existaient encore, trois mois avant ce 31 décembre qui promet d'être, anomalie genevoise, sans commerce, qui marquera le 200e anniversaire de la restauration du régime patricien genevois après l'aventure napoléonienne, en cet automne donc, qu'est-ce que le bien commun pour Genève et les Genevois du Grand Genève?

Quel est le programme commun du futur gouvernement de Genève? Quelle majorité de députés va le soutenir dans les bons et les moins bons moments qui nous séparent de la prochaine élection du printemps 2018?

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08:17 Publié dans Air du temps, Economie, Gestion publique, Politique, Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

lundi, 07 octobre 2013

Et si on poussait la logique de la grande coalition qui a fait la fortune de Genève?

Maudet Vogelsang.jpgLa logique de la confrontation risque hélas de l'emporter le 10 novembre prochain. L'Entente, qui n'a pas le courage de choisir entre Rochat - la seule femme de son ticket - et Barthassat - le premier paysan à pouvoir accéder au Conseil d'Etat dans l'histoire de la République -, se prépare à briguer cinq sièges au Conseil d'Etat, soit 71% du gouvernement, alors qu'elle ne représente plus que 35% du parlement.

A gauche, la logique du programme commun va vraisemblablement l'emporter, encore qu'on peine à comprendre comment les Verts qui ont voté avec le PDC et le PLR les projets fiscaux et financiers de leur ministre des Finances peuvent justifier une alliance avec les antiques de l'extrême gauche. 

En ce XXIe siècle commençant, une autre logique vaudrait d'être tentée: une liste à 7 personnalités composant la coalition gouvernementale qui a fait Genève depuis plus de 50 ans. Une liste qui comporterait les noms des trois ministres sortants, Maudet, Longchamp, Rochat, celui du premier PDC sorti des urnes, Dal Busco, celui des deux socialistes Emery-Torracinta et Apothéloz et celui du Vert Antonio Hodgers.

Ainsi le parti socialiste, en rompant enfin les ponts avec les trotskistes et les communistes de l'extrême gauche, donnerait enfin le signal clair qu'il est entré dans une nouvelle ère. Mais est-il encore capable d'une telle révolution?

Il faut passer du confort de la cohabitation à l'exigence de la coalition. L'article 107 de la nouvelle Constitution l'impose. Elle érige désormais le discours de Saint-Pierre en véritable programme de gouvernement qui doit être présenté six mois après l'entrée en fonction du gouvernement et qui doit être adopté par résolution du Grand Conseil deux mois plus tard au maximum.

Le nouveau président durable du Canton de Genève, qui sera sans doute Pierre Maudet, aura notamment la responsabilité d'être le garant de son exécution.

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Ne laissons pas les "faut qu'on" prendre le pouvoir

Élections paradoxales. Victoire et défaite!

L'Entente genevoise paraît bien placée pour installer ses cinq candidats au deuxième tour le 10 novembre et consolider sa majorité au Conseil d'Etat, tandis que ses députés ne seront plus que 35 au Grand Conseil: 11 PDC et 24 PLR (-7). Ses 35 députés devront donc chercher des alliés pour emporter des majorités. C'est le jeu de la démocratie. C'est possible avec les Verts, comme Merkel en Allemagne.

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jeudi, 03 octobre 2013

A qui profitera l'abstention des Genevois?

2009 2013 avec et sans eag.jpgJulien Nicolet a graphiquement parfaitement résumé le déni démocratique de Genève. Une majorité des habitants est soit exclue des urnes soit s'en exclut. Dimanche, les électrices et électeurs qui auront sacrifié à leur devoir électoral seront à peine plus de cent mille. Ils étaient 93'325 pour 235'331 inscrits. Combien ce dimanche? C'est encore trois fois la capacité du stade de Genève...

Et le gagnant sera...

La gauche selon toute vraisemblance.

Le graphique ci-contre (qui s'agrandit quand on clique dessus) montre deux hémicycles. Celui du haut reflète la force des partis exprimée en sièges. C'est le parlement actuel de Genève. Le second est une évaluation de ce que le parlement aurait pu être si les composantes d'Ensemble à gauche avaient été unies en 2009 comme elles le sont cette année. Instructif non! C'est peut-être le résultat de dimanche. A quelques sièges près!

Ce résultat, c'est le rêve du PDC qui retrouverait ainsi son rôle de pivot central de la vie politique genevoise.

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mercredi, 02 octobre 2013

Comme pour la monnaie, l'inflation dévalue la démocratie

IMG_4512.JPGQui peut énumérer le nom des 29 candidats au Conseil d'Etat genevois? Qui peut même dresser la liste des partis en lice de 6 octobre 2013, un an avant le bicentenaire de la République, an 0 de la nouvelle ère constitutionnelle?

Qui a pris la peine, car il faut s'en donner, et le temps, que ne nous laissent plus les familles recomposées, les réseaux sociaux qui les remplacent et le boulot de moins en moins réglo, qui donc a pris la peine de lire les programmes des partis? La démocratie genevoise va mal. Depuis des lustres, elle est frappée de nombreux maux.

Le peuple est comme KO debout. Et ces maux s'aggravent. Où sont les médecins?

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vendredi, 27 septembre 2013

7% pour les légumes, 12% pour les médics

Légumes en carré.jpgLes Suisses et plus encore les Genevois, comme la plupart les habitants moyens des pays riches, dépensent plus pour se remettre en bonne santé que pour l'être et le rester. 7 à 8% du PIB pour se nourrir, bientôt 11 à 12% pour se soigner. Ce sont des moyennes évidemment. En chiffres, 30 milliards de bouffe et 50 milliards de médecine. Tout est dit.

Et l'on vient nous seriner les oreilles sur les réserves des assureurs, alors que le Grand Genève est notoirement suréquipé en fournisseurs de soins. Il est vrai que la liberté du commerce et les intérêts bien compris des professionnels de tout bord sont bien trop puissants pour qu'un pauvre ministre, coincé dans ses étroites frontières cantonales, puissent...

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dimanche, 22 septembre 2013

Sommes-nous tous des Sam-Suffit de Lully?

Victoire des intérêts locaux! Les habitants du fond de Lully, un temps menacés par les débordements de l'Aire, qu'une renaturation dispendieuse a remis dans un lit "naturel", ont réussi à tirer un frein (provisoire?) à la construction de 178 logements. En dénonçant l'urbanisme annoncé de leur commune, promise à doubler de population d'ici 2030, avec la bénédiction du plan directeur cantonal voté au forceps vendredi soir par une majorité hétérogène du Grand Conseil genevois, ils ont réussi à mobiliser les Bernésiens.

C'est une claque pour l’establishment bernésien, dont l'un des membres éminents, un des rares maires à ne pas s'être rebellé contre la première mouture du plan directeur cantonal 2030, est candidat au Conseil d'Etat. 

C'est une victoire pour tous ceux qui estiment que le canton croît trop vite. Sans trop s'avancer, on peut ce soir annoncer le refus de la densification des zones à bâtir, contestée par un référendum des propriétaires de villa. Genève continuera de loger ses travailleurs hors du canton.

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samedi, 21 septembre 2013

Midi au marché de Carouge, entre bobos et politicos

carouge deneys seydoux barthassat.jpgS'informer coûte et tout le monde n'est pas prêt à en payer le prix. Cette formule de l'ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, Ignacio Ramonet, est de portée générale. Les Genevois sont à 15 jours de choix cruciaux pour la gouvernance de leur petite République (la désignation de cent députés et de sept ministres, dont un sera leur président pour 5 ans), combien de temps chacun aura-t-il consacré à s'informer et à débattre des défis que doit relever le Canton: le vieillissement de la population, la croissance économique et urbaine, la mobilité, la gouvernance du Grand Genève, la dette, l'attractivité de Genève, la démocratie à l'heure de Facebook et de Twitter, la réforme des communes, la formation multilingue, le financement collectif ou non de la fin de vie, des comportements à risque...

Ce matin, à Carouge, le marché fait le plein. Les prix sont à la hauteur du site. Les bobos déambulent sous un soleil de premier automne. De l'autre côté des rails du tram 12 qui mène à Moillesulaz et bientôt du 18 - heureux Carougeois - qui ralliera Cornavin et le Cern, les tentes des partis, surmontés de ballons aux couleurs des équipes, collées les unes à côté des autres, barrent la porte de l'église, qui égrène son carillon.

On salue des candidats. Salika Wenger plastronne. Dal Busco rayonne. Emery Torracinta salue d'une main indolente. Barthassat s'inquiète. Deneys arrive à vélo d'un autre stand, rosi par l'effort. "La traction électrique, c'est bon pour les vieux", lance-t-il. La présidente des Verts, Emilie Flamand Lew, fait signer l'initiative pour la priorité des TPG. Le maire Vert de Carouge, Nicolas Walder, empêtré dans la grève des EdS de Cyclotri, côtoie le stand d'Ensemble à gauche lequel relaie la dénonciation par SIT de ces emplois au rabais.

Tiens, voilà Vincent Gall, le patron malmené de Partage. Un débat sur la politique d'embauche, le salaire minimum, la préférence cantonale va-t-il s'engager? Que non, le temps est à la convivialité. On regarde d'un œil distrait les piles de tracts rangées sur les tables. On boit un verre. On touille dans la bouteille à encre pour connaître les chances des uns et des autres.

Oh là là, mon bon Monsieur, bien malin qui peut donner le résultat du 6 octobre! Le député Buchs a, lui, un avis bien arrêté...

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jeudi, 19 septembre 2013

Peut-on se fier à un budget en période électorale?

Certes David Hiler n'est pas candidat à sa succession. Le ministre vert qui aura bénéficié durant ses huit années de règne d'une conjoncture remarquablement résistante, alors que l'Europe affrontait sa pire crise depuis les années 30, boucle ses deux législatures sur un pied de nez budgétaire de 400'000 francs. Quand la marge d'erreur entre le budget et les comptes se chiffre régulièrement en dizaines voire en centaines de millions de francs, il y a de quoi laisser songeur.Le futur ministre des finances ne manquera pas sans doute une fois élu de durcir ce budget électoral 2014.

Hiler se saura d'ailleurs systématiquement trompé en bien, puisque ses comptes ont bouclé toujours mieux que ce qu'il avait prédit. Tant mieux pour nous, sauf que ce mieux a tout juste permis de stabiliser la dette à quelque 25'000 francs par Genevois.

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lundi, 16 septembre 2013

Le coup de pouce des patrons genevois aux Verts

Même avec le retour probable de sa frange anticapitaliste, la gauche ne rêve plus de remporter la majorité au Grand Conseil qu'elle détient en vile de Genève et dans quelques autres communes, la faute aux Verts qui pourraient perdre quelques plumes le 6 octobre prochain.

Certes le canton n'est pas à l'abri d'un tremblement de terre politique suivi d'un tsunami qui pourraient emporter le PDC et plus sûrement l'UDC, deux partis menacés de passer sous la barre du quorum haut placé à 7%. Encore que le meurtre d'Adeline et le cafouillage institutionnel du trinôme prison-santé-justice, que ce drame révèle au grand jour, risquent de donner un petit coup de pouce aux extrêmes. Pas de quoi pour autant justifier un report des élections comme le suggère le PLR Thomas Barth.

Combien de plumes vertes en moins: 2, 4, 6, le 6 octobre?

Les Verts mûrissent, votent tantôt à gauche en matière sociale, tantôt à droite en matière fiscale. Quelques-uns sont séduits par les Verts'lib à qui l'on donnera au mieux 5% des voix. Les Verts sont aussi handicapés par des messages contradictoire sur le réchauffement climatique, la ras le bol des Genevois face au catéchisme de la nouvelle bien bienpensance et l'énervement croissant face à une mobilité de plus en plus immobile, sans compter les derniers coups opportunistes de leur conseillère d'Etat en perdition: le retour du tram 18 et la diffusion d'un tract promettant la grande traversée du lac vers 2030.

Justement la traversée, leur ennemi public numéro un, voilà que les patrons ressortent des cartons les deux projets - le pont et le préfinancement privé public - pour lesquels Philippe Joye s'est battu pendant dix ans face au désert moutinien et à la naïveté mullerienne.

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vendredi, 13 septembre 2013

André Hurter, un fusible nommé Don Quichotte devenu vizir

IMG_3512.JPGIl y croyait fermement à l'énergie éolienne le bon André Hurter. En juin dernier, alors qu'il savait que sa tête était déjà sur le billot, il montrait, passionné, la carte de Suisse, où il avait planté des petits drapeaux. Là où il rêvait de dresser des moulins à vent. Un Don Quichotte André Hurter emporté par le vent? Sans doute, mais un Don Quichotte qui était devenu le vizir des SIG, à la place du grand vizir socialiste Daniel Mouchet. Ce n'est donc pas le vent qui la tué. Le nouveau vizir Alain Peyrot devait retrouver sa couronne pour le bon fonctionnement des institutions. C'est fait.

Sa descente en vol, un beau matin de septembre, pour faute grave dans un investissement mineur n'est qu'un prétexte. Les représentants de ceux qui, majoritairement, ont voté la fin du nucléaire à Genève, mais qui, faute de vent sur leur territoire et ayant refusé, tantôt deux siècles, de l'étendre à ses frontières naturelles, les crêtes du Jura et du Salève, se trouvent fort dépourvu quand la bise est venue, ne peuvent abandonner les éoliennes.

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mercredi, 11 septembre 2013

32, 42, 26. Quel sera le tiercé du 6 octobre?

cloche grand  conseil députés.jpg32 députés à gauche (15 socialistes et 17 verts), 42 députés au centre droit (11 pdc, 11 radicaux et 20 libéraux) et 26 députés bien à droite (17 mcg et 9 udc), c'est la composition actuelle du Grand Conseil tombée des urnes d'octobre 2009. Parions qu'au soir du 6 octobre 2013, la couleur du parlement genevois ne sera pas très différente: osons un 35, 40, 25!

Un rien pourrait certes bouleverser cet équilibre. Si Ensemble à gauche (enfin ensemble) devrait revenir au parlement après huit ans d'errance, le PDC et plus encore l'UDC risquent ne pas obtenir les 7% minimum de suffrages et de perdre ainsi tous leurs députés. Parions, en l'état, que cela n'arrivera pas. Les deux partis peuvent compter chacun sur la présence médiatique d'un candidat populaire au Conseil d'Etat.

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mardi, 10 septembre 2013

Le salaire au mérite pour les députés?

Qui juge le Conseil d'Etat? Qui juge les juges? Qui juge les députés? Des trois pouvoirs, c'est sans conteste le pouvoir exécutif qui est le plus sous contrôle. Sous le contrôle de la justice et de la Cour des comptes, sous le contrôle des députés, en particulier des commissions des finances et de contrôle de gestion. Sous le contrôle politique des partis, des associations, des syndicats, sous les critiques de la presse, des groupes d'intérêt qui n'hésitent pas à lancer des recours et user de tous les subterfuges que les lois leur concèdent pour ralentir ou stopper les décisions gouvernementales. 

Mais les députés, qui les surveillent, qui  mesure leur activité, qui s'assure que leurs travaux sont menés avec diligence et qualité? le peuple une fois tous les quatre ans, désormais tous les cinq ans? Ce n'est certainement pas suffisant.

La lecture du rapport d'activités annuel de cette noble assemblée n'est pas hélas d'une grande aide. 

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dimanche, 08 septembre 2013

Qui seront les patrons des 35'000 fonctionnaires du canton?

Tour Baudet vieille ville Genève.jpgDans quatre semaines exactement, le dimanche 6 octobre, la tension sera à son comble à Uni-Mails. Qui jubilera? Qui chantera la victoire? Qui pleurera? Qui se lamentera? Connaîtra-t-on sur le coup des 19 heures la composition du gouvernement genevois 2014-2018? Non, évidemment! Il faudra attendre le second tour le 10 novembre.

Confrontée à un double dépouillement, la Chancellerie distillera quelques projections. Le classement s'affinera en cours de soirée.

On saura alors que les cinq candidats de l'Entente PLR-PDC seront arrivés en tête (dans l'ordre Maudet, Longchamp, Barthassat, Dal Busco, Rochat)..., suivis du MCG Poggia, puis des socialistes Salerno, Emery Torracinta, Apothéloz et Deneys. Le Vert Hodgers se sera glissé au sein de cette bande des quatre. Suivra Michèle Künzler, talonnée ou peut-être devancée par le trublion Eric Stauffer. L'UDC Amaudruz restera en rade mais devancera largement son colistier Nidegger. Pas sûr d'ailleurs que les deux UDC parviennent à passer devant le maire de Genève Rémy Pagani et l'ancien président du Conseil d'Etat Christian Grobet. Le Vert libéral Laurent Seydoux sortira-t-il la tête de la piétaille des autres candidats? Tous, ils sont 29, ont la prétention durant les cinq prochaines années de diriger le canton, ses 9 milliards de budget annuel et ses quelques 39'000 fonctionnaires et travailleurs subventionnés.

La seule chose qui sera certaine, dimanche 6 octobre à 19 heures, c'est que trois habitants sur quatre de ce canton n'auront pas participé au scrutin, soit parce qu'ils en sont exclus en raison de leur nationalité étrangère, soit parce qu'ils s'en excluent eux-mêmes... Sans compter les 115'000 travailleurs, condamnés au silence des urnes, et leur famille dont 78'000 résident en France et paient des impôts à Genève, sans avoir un seul mot à dire sur leur affectation. 

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18:47 Publié dans Constitution, Démocratie, Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

samedi, 07 septembre 2013

Un cadeau pour ses 87 ans

Minuit trente, le téléphone sonne. Quel peut bien être l'importun? Sans doute une erreur, un appel de l'autre bout de la terre ou... C'est une importune...

-Excusez-moi de vous déranger, mais j'ai lu votre numéro sur le bracelet qu'il porte à un bras.

- Ah, bien, sûr... Oui, oui, c'est mon oncle... Où l'avez-vous trouvé? A Arare? Et bien il n'est pas bien loin de chez lui, voici son adresse... Merci, merci bien...

L'ai-je assez remercié cette dame à la voix juvénile qui a ramené tonton Pierrot chez lui? J'hésite, puis je renonce. Je ne vais pas me déplacer. Ce n'est ni fréquent ni la première ni sans doute la dernière fois qu'il s'embarque pour on ne sait quel besoin. A 87 ans, il a bon pied et bon oeil, marche pendant des heures, mais sa mémoire flanche. Elle est complètement à plat. Il ne sait plus ni l'heure ni le jour. Il enfile son pantalon comme le roi Dagobert. 

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08:00 | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |