Inde 2014

  • Mère Teresa, une multinationale sans un dollar

    francois teresa.jpgFrançois (@Pontifex_fr) a sanctifié Mère Teresa, née Agnès en 1910 dans une famille albanaise, à Skopje en Macédoine, alors sous domination ottomane... Aujourd'hui, quelques 5000 missionnaires de la charité assistent les pauvres et les mourants dans 132 pays (4000 dans 120 pays, entendu sur CTV). Elle ne font pas de ramdam (traduction française de buzz).

    Une multinationale de l'amour qui fait rarement la une des médias occidentaux... Le moindre accident fait plus de clics que le don fait à un pauvre, c'est la loi de la presse. Ce soir ni la RTS, ni France 2 (pour ne citer que deux médias payés par tous les habitants) ne placent la canonisation en première page de leur site internet à l'heure où j'écris ces lignes (18-19h dimanche). La RAI si.

    Mère Teresa une une sacrée personnalité, une sainte emmerdeuse aussi.

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  • Le tout petit Charles et les dents

    Gaule96.jpegÉtonnant ce blog du pacha! Le pacha, c'est le commandant du porte-avions Charles de Gaulle qui s'en est allé depuis le Golfe persique, entre le paradis chiite iranien et le paradis salafiste saoudien taquiner les croisés de Daech qui égorgent et tuent les infidèles comme il était de coutume chez nous jadis. 

    Le blog est le bon mot, car le mot blog est né de la contraction entre le mot web et le mot log. Tout le monde sait ce que c'est que le web, encore que, sachez que le log était un morceau de bois qu'ont attachait à intervalles réguliers avec une corde, dispositif qui permettait à un capitaine de mesurer sa vitesse et de la retranscrire dans son carnet de bord.

    Or donc le pacha du Charles de Gaulle publie le sien dans le Figaro de ce 5 mars.

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  • La libre circulation. Et si on la rendait visible et transparente!

    Voilà un mois que les Suisses se sont, nous ressasse-t-on, mis au banc de l'Union européenne. J'étais alors en Inde quand le tremblement de terre démocratique est survenu. La secousse n'a pas fait vibrer le pays continent asiatique, que lézardent régulièrement des incidents communautaires. Un incident communautaire, c'est généralement trois ou quatre morts, une cinquantaine de masures incendiées et un lot de malheureux mal indemnisés dans ce pays où la coexistence entre les cultures prend parfois des allures de guerre de civilisation selon la formule de Huttington.

    Dans la campagne électorale pour conquérir le pouvoir à Dehli, qui est désormais officiellement ouverte et se terminera le 16 mai par le prononcé du résultats de l'élection du parlement, les deux grands partis se renvoient des massacres à la figure, celui de musulmans en 2002 dans lequel le futur premier ministre de l'Inde, chantre de l'hindouisme militant, aurait trempé et celui de la reprise manu militari et meurtrière du temple d'or à Amristar, en 1984, par Indira Gandhi, la grand-mère de Rahul, le dandy philosophe qui affiche depuis deux mois sa belle gueule en noir et blanc sur des panneaux électoraux XXXL.

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  • Ils manifestent. Combien ont voté?

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    Les étudiants défilent. L'imagination va-t-elle prendre le pouvoir, la plage va-t-elle surgir sous les pavés? Non, il s'agit de défendre ses subsides. Sans lesquels, veut-on nous faire croire, la mobilité serait entravée. Comme si les millions du budget distribués par Bruxelles étaient essentiels.

    Mais au fait, combien d'étudiants sont donc allés voter le 9 février dernier? Un petit tour sur le site internet de la Conférence universitaire des associations d'étudiants (CUAE) est édifiant. Une mobilisation contre le racisme le 14 février (qui a laissé pas mal de traces sur les murs de la ville), une assemblée générale extraordinaire le 26 février et une manifestation ce 5 mars. Et avant ce 9 février fatidique? Rien! Pas un mot, pas un communiqué pour dire combien le vote, cette action citoyenne, que l'on mène sans bruit, pouvait être déterminant.

    Les rêves de 14 ne sont décidément pas ceux de 68. Mao est mort. La Chine communiste s'est réveillée en oligarchie capitalistique. Pire, son modèle de gouvernement commence à séduire bien des pays de monde. Jusqu'à l'Inde que l'on donne en contre-exemple: 3400 kilomètres de TGV en Chine, pas un dans le voisin du sud!

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  • Le réchauffement climatique et le refoidissement démocratique

    democracy ' gone wrong economist.jpgQu'est-ce qui menace le plus l'avenir du monde, le réchauffement climatique ou le refroidissement démocratique? Le premier diront ceux qui craignent l'enfer. Le second expose cette semaine un long essai de The Economist.

    L'Inde, dont j'ai de la peine à me défaire, est, dit-on, la plus grande démocratie du monde. Elle est en campagne électorale et voit s'affronter un Blocher local, chantre de l'identité hindou, Narendra Modi, maître 2001 de l'Etat du Gujarat (un Etat, entre Mumbai et le Pakistan, presque aussi vaste et aussi peuplé que la Grande Bretagne), et le dernier rejeton de la dynastie Gandhi, Rahul, qui s'affiche en noir et blanc sur d'immenses placards dans la posture du penseur de Godin.

    Mais comment peut-on gouverner un pays si grand? On ne le gouverne pas, défend cette semaine The Economist (Une démocratie de carnaval). 

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  • Jets de poivre au parlement indien

    La campagne électorale en Inde ne démarrera officiellement qu'à la fin février, mais les esprits s'échauffent au parlement. "Honte pour le pays", démoncent les grands quotidiens qui sont imprimés simultanément par une bonne douzaine de rotatives à travers le pays, continent. Ils ne semblent pas connaître, pas encore, les affres de Libération, dont je suis la mort annoncée - mais combien de fois déjà le journal fondé par Sartre s'est-il réincarné?

    Le sujet qui fâche et qui a conduit des députés à spayer au poivre quelque-uns de leurs collègues porte sur la création, débattue depuis des années, d'un nouvel État de l'Union, le vingt-neuvième: le Telangana.Ce territoire, grand comme presque trois fois la Suisse, compte plus de 30 millions d'habitants. Il doit être détaché de l'Andra Pradesh. Sa capitale, l'ambitieuse Hyderabad, conteste la suprématie de l'informatique à Bengalore et celle du cinéma à Bollywood, Mumbai.

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  • Une sainte emmerdeuse

    Chez nous, dans l'imaginaire collectif comme on dit, Calcutta rime avec Mère Teresa. Prix Nobel de la paix (éternelle) en 1979, déjà bienheureuse pour avoir, sa vie durant, dispensé un peu de bonheur et de douceur à quelques dizaines de milliers de pauvres hères, à l'heure ultime où la plupart des gens ici passent d'une vie à une autre et non, comme on dit chez nous, de vie à trépas.

    Je veux toutefois croire que, pour les hindous comme pour les chrétiens et tous ceux plus nombreux qui disent ne croire en rien et surtout pas à une vie après la mort, l'angoisse existentielle de ce passage mystérieux avive des peurs inconnues ou refoulées. Dans ces tristes moments, un geste d'amour inconditionnel est comme une eau claire, un pré tendre, un regard de compassion, une espérance. C'est ce rien, en termes de PNB, qui n'a pas de prix en termes de BNP (bonheur national brut)!

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  • NiSa contre ToBla, ça vous dit?

    La presse quotidienne indienne en langue anglaise est fort diverse. Les journaux sont peu épais - 14 à 20 pages, plus grandes que notre format. La sélection des nouvelles est draconienne. La politique locale, régionale, nationale, le sport et l'économie y tiennent une large part. Les faits divers sont présents comme les faits de sociétés. Il n'y a pas ou peu de chronique judiciaire, pas vraiment de page culture. Une ou deux pages opinion, une page people et une page d'actualitės internationales complètent l'offre. 4 roupies, le prix d'un thé, lequel peu monter jusqu'à 30 roupies dans un restaurant climatisé.

    La télévision diffuse surtout des séries bollywoodiennes particulièrement niaises ou alors incroyablement violentes. l'info y est essentiellement débitée au format et dans le ton CNN. Hors des très grandes villes, les connexions internet restent aléatoires et le débit maigre. Trop cher pour la plupart des Indiens. J'ai néanmoins réussi à télécharger à Puri les quelque 180 pages de The Economist après plusieurs tentatives. Mais je suis resté sur un échec pour télécharger la Tribune et Le Monde. The Economist demeure un hebdomadaire de référence.

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