Gestion publique

  • Je coûte 11'500 francs à ma caisse maladie par an

    image.jpegJe coûte 11'500 francs à ma caisse maladie par an. Je ne paie donc pas assez de primes maladie. Comment est-ce possible? Selon les statistique de la santé en Suisse, les assurés de plus de 60 paient moins que ce qu'ils touchent.

    Pour que le système reste en équilibre, il faut donc que les moins de 60 ans paient plus que ce qu'ils touchent. Le tableau fourni par l'OFS est éloquent d'une situation qu'on tait dans le débat sur la santė. Les chiffres sont impressionnant et lourd de conséquences. 

    La statistique dit aussi que la dépense moyenne par habitant a passé de quelque 6000 francs par habitant en 2000 à 8500 francs par habitant en 2012: + 50% en 12 ans. Ça ne peut évidemment pas durer.

    J'ai commencé à écrire ce billet en septembre 2015 et l'ai abandonné faute de temps. Sans doute que les derniers chiffres ont augmenté de plusieurs pour cent. 

    La vision du Temps Présent diffusé ce 21 septembre m'a décidé à reprendre ce sujet. Je ne peux que recommander la visualisation du reportage de Steven Artels et Isabelle Ducret *. De l'excellente télévision sur un sujet tabou: quel poids faut-il donner aux coûts dans les choix thérapeutiques et principalement durant la dernière année de vie, dont le coût est en moyenne supérieur aux coûts de toutes les années de vie antérieure?

     

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  • Inauguration bon enfant à Bardonnex

    IMG_2483.jpgCe n'est pas tous les jours qu'une petite commune inaugure un bâtiment de 12 millions. Surtout à Bardonnex, 2200 habitants, où la mairie court après la construction d'une nouvelle école... depuis 20 ans.

    A Bardonnex (Bardonnex village), on l'a jouée ce lundi sans tambour ni trompette, en couplant la cérémonie avec l'accueil des nouveaux habitants.

    L'imposante nouvelle halle artisanale, sise à deux pas de la douane autoroutière et de la commune de Perly, a belle allure avec ses colonnes de briques rouges flammées (de Bardonnex?) et ses fenêtres anthracite. Selon le maire, l'espace est déjà loué à 80%, une belle opération s'est réjoui le magistrat. 

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  • Comment conserver La Poste à La Croix-de-Rozon

    rozon le site de la futur école.JPGUne pétition a circulé de la mi-août jusqu'à hier à La Croix-de-Rozon. Quelque 550 usagers de La Poste réclament le maintien du bureau du village (le plus peuplé de la commune de  Bardonnex). Je ne me souviens pas que des habitants aient exigé le maintien des douaniers et des gardes-frontière aux postes de douane de Croix-de-Rozon, Landecy et Bardonnex (Place de Brune).

    Je ne me souviens pas non plus qu'une pétition ait été lancée pour préserver le poste de gendarmerie de La Croix-de-Rozon, qui a disparu dans les années 60... 

    Ces services publics sont-ils moins importants que celui de La Poste? Une pétition suffira-t-elle à la sauver? Je n'en crois rien.

    D'après une habitante qui récoltait des signatures cet après-midi, le géant jaune aurait la saugrenue idée d'installer un bureau à la mairie de Bardonnex. A vérifier. En attendant, voici donc quelques propositions. 

    Pour conserver un service postal à La Croix-de-Rozon, il faut:

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  • Un budget électoral en rouge vif

    "La croissance des charges est liée à des obligations légales du canton" écrit le Conseil d'Etat dans son communiqué du jour pour justifier le déficit de son dernier projet de budget de la législature. La loi n'est pas immuable. Si son application coûte plus chère, on pourrait en changer pour qu'elle coûte moins chère. Dans la foultitude des prestations publiques et dans la relative non transparence des comptes publiques, il est bien difficile de savoir si l'Etat travaille partout de manière économique.

    L'obligation légale est donc une formule un peu passe-partout qui manifeste le refus du Conseil d'Etat de présenter à la veille des élections des mesures forcément controversées propres à conserver l'équilibre des comptes du Canton. Il est vrai que sa majorité PLR-PDC ne dispose que d'un tiers des députés au Grand Conseil. Tout de même, pour Maudet, un déficit, alors que nous sommes plutôt dans une bonne conjoncture économique, va faire tache sur son CV de futur possible conseiller fédéral.

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  • Les Genevois n'ont pas l'audace des Danois

    incinerateur copenhague.pngEn lisant le dernier Sciences et Vie, je suis incidemment tombé sur cette image. Il s'agit de la future piste de ski de Copenhague que la star internationale de l'architecture du pays a conçu sur le toit de la nouvelle usine d'incinération de la capitale danoise. La chose avait déjà trouvé quelques échos quand le projet a été lancé en 2010.

    L'usine, qui est au cœur de l'Amager Resource Center, a été ouverte cette année, la piste de ski, le mur de grimpe géant et d'autres équipements devraient suivre en 2018 *.

    Un petit tour sur le site internet de BIG, l'acronyme de Bjarke Ingels Group (qui porte bien son nom et a un bureau à New York et à Londres), en dit long sur l'audace du maître des lieux et des autorités danoises qui lui ont donné leur feu vert. 

    A Genève, ça fait pas mal de temps que l'Etat et les SIG planchent en catimini sur Cheneviers IV, qui devrait voir le jour en 2023(?). Pas de piste de ski ni de geste architectural en vue (pourtant le Rhône et le lac de Verbois aurait pu allumer le feu de l'imagination). Guère de débat public non plus sur cette usine perdue au bord du Rhône, sans connexion ferroviaire.

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  • La dernière rentrée d'Anne Emery-Torracinta?

    151013_Emery_Torracinta_Conseillère_Etat_ 02.JPG"La rentrée 2017 verra près de 75'000 élèves reprendre le chemin de l’école (primaire: 34'687 ; cycle d’orientation: 13'279 ; secondaire II : 24'952 ; spécialisé : 1971). Les effectifs augmentent partout: au primaire (+555), au cycle d'orientation (+43), au secondaire II (+629) et dans l’enseignement spécialisé (+119). Ces élèves seront encadrés par un peu plus de 6'900 enseignant-e-s."

    Tels sont les chiffres livrés ce jour par la socialiste ministre de l'Instruction publique genevoise. 75'000 élèves encadrés par 6900 enseignants, ça fait très exactement 10,869 élèves par enseignant. Où sont les classes à 25 élèves? (A noter que le budget 2017 alloue 8084 postes temps plein au DIP, sans compter les 2974 postes de l'Uni (ici p. 481)).

    Qui fait mieux, qui fait moins bien en matière d'encadrement en Suisse et dans les pays de l'OCDE? 

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  • La traversée du lac et le CEVA: les occasions manquées

    traversee du lac.jpgPar rapport au Léman Express qui projettera la mobilité genevoise rien moins que dans le XXIe siècle (ou le XIXe), la traversée du lac a un très très gros handicap.

    Le Léman Express, plus connu sous son acronyme CEVA pour Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse, a profité d'un financement fédéral garantis. En effet, les CFF s'étaient engagés, en 1912, à cofinancer la liaison entre le réseau ferré suisse au réseau savoyard... (L’histoire du CEVA ici et )

    Jamais cependant en un siècle, les CFF ne prirent l'initiative de réaliser cette connexion jugée non rentable car raccordant un réseau obsolète, à voie unique et en cul de sac...

    Les deux idées clés de ce billet: 
    1) Relier l'autoroute du pied du Salève à la route de Jussy
    2) Mettre l'autoroute du pied du Salève dans une nouvelle zone franche et supprimer la douane de Bardonnex

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  • Les retraités de la fonction publique ont sous-cotisé. Se sentent-ils coupables?

    hortensias.jpgDeux et deux font quatre. Sauf dans nombre de collectivités publiques. Leurs caisses de retraite, pas seulement à Genève, ne collectent pas assez de cotisations pour couvrir les rentes qu'elles promettent de verser à leurs collaborateurs âgés.

    Les entreprises privées et leurs employés sont, eux, obligés par la loi de verser 100% des rentes dues à la caisse de chômage, car, si l'entreprise fait faillite, ce qui n'est pas un accident rare, les employés doivent pouvoir toucher leurs rentes pleines. C'est la loi. Une loi bizarre, résultat du fait que de trop nombreux ouvriers et rentiers se sont par le passé trouvés sans le sous car leur caisse de retraite n'était pas assez indépendante de la société mère et qu'elle a été entraînée dans la faillite.

    La sécurité apportée par la législation actuelle sur la prévoyance vieillesse n'est cependant pas totale (le risque zéro n'existe pas ). Depuis que l'on peut emprunter pour presque rien, le contrecoup est que l'épargne ne rapporte plus rien du tout. Certains créanciers, comme la Confédération ou la Banque nationale, se font payer pour quand elle emprunte. Le monde tourne à l'envers. 

    Mais revenons à la CPEG que le Conseil d'Etat propose de renflouer à hauteur de 4,7 milliards de francs. Et constatons que:

     

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