Affaires fédérales

  • Les poules suisses et les médecins suisses

    1382094C-BAAE-4FE6-AC05-878F3BA7C7E9.jpeg11’276’900. C’est le nombre des poules dans les poulaillers suisses. Il y en avait 10’893’422 en 2016 et 10’752’686 en 2015. La statistique suisse est merveilleuse et précise à la poule près.

    Mais depuis 2009, on ne sait pas combien gagnent les médecins, on ne sait pas de quoi est composé exactement leur chiffre d’affaires, on ne sait pas quel est leur temps de travail effectif, on ne sait rien des intérêts qu’ils ont dans les laboratoires et dans les pharmas, on se demande bien qui a voulu et pourquoi on a construit l’usine à gaz qu’est le Tarmed suisse.

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  • La belle, la bête et le CEVA

    marguerite fleur.jpgJe t'aime, un peu, beaucoup, à la folie... pas du tout. Je t'aime, un peu, beaucoup, à la folie...

    Lisa a une bouche un peu "poteuse". Elle a glissé vendredi dernier sur les ondes de notre radio nationale à abonnement obligatoire un petit mot qui fait depuis le beurre des gazettes à défaut de faire le buzz sur les réseaux. "Mais vous êtes fou Monsieur Barthassat". Le grand Luc a répliqué du tac au tac: "Pas de vous en tout cas!" Et voilà la machine médiatique mise en branle. Mon journal préféré a sondé les propos des deux élus d'où il ressort que l'un comme l'autre ont proféré des vérités approximatives. 

    Mais personne. à ma connaissance, n'a relevé que le coup d'arrêt donné aux trams, outre les recours collectifs ou individuels que permet notre démocratie surdéveloppée - signe qu'elle se soucie peut-être plus des intérêts particuliers que du bien commun - s'explique aussi par le siphonnage du budget des investissements qu'exerce la construction du CEVA: près de 2 milliards (dont 235 millions d'euros côté français) au dernier compte, dont deux tiers à la charge de la Confédération (proportion promise en 1912 par la régie alors toute jeune des CFF).

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  • Les myrtilles du Pérou et l'agriculture suisse

    IMG_3155.JPGC'est l'histoire d'un petit garçon qui adore les myrtilles. Sa grand-mère s'en va donc quérir pour son p'tit loup une boîte de ces fruits chez un commerçant qui fait sa pub et construit son image sur la région. D'où viennent les perles bleus? "Origin Peru", lit-on sur la boîte. Plus précisément de Trujillo. L'occasion d'un voyage imaginaire dans un pays mystérieux que la grand-mère connaît grâce aux Sept boules de cristal et au Temple du soleil,  et qu'elle a hâte de relire avec son petit fils. Sur la boîte, il est aussi écrit "by Danper".

    L'enquête commence. Facile, il suffit de taper Danper sur Internet. On découvre qu'il s'agit d'une entreprise agricole, grosse de 6000 hectares au sud et au nord du pays et de 6500 employés, qui collectionne les prix de l'innovation et de la durabilité. Dan vient de Danois et Per de Pérou. 

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  • Vous avez dit catastrophes naturelles?

    Bondo.jpgLe Tages Anzeiger publie depuis ce mercredi une série de grandes interviews pour passer le Nouvel An, traditionnellement riche en bulles, en voeux et en lumière mais chiche en news. Période de vaches maigres pour la presse qui recycle ses bonnes émissions, tire plus ou moins habilement des bilans ou des plans sur la comète.

    Ce qui frappe dans l'offre du Tagi, c'est que les neuf interviewés sont inconnus de ce côté-ci de la Sarine. Rien de nouveau sous le ciel helvétique me direz-vous, chaque canton cuit sa cuisine dans son chaudron. Mais en ces temps où le citoyen cherche des raisons de voter non à No Billag le 4 mars prochain et donc oui à sa chère SSR, on se dit qu'elle a vraiment raté une de ses missions clés: l'entre-connaissance des Suisses et de leurs cultures.

    Ce jeudi, c'est le tour du "plus important connaisseur des Alpes" (dixit le quotidien zurichois), Werner Bätzing, un Allemand, le second de la série après Campino. Campino est, comme chacun sait, le chanteur du groupe punk Die Toten Hosen, qui s'est découvert un amour pour Merkel...

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  • 26 Minutes soutient No Billag

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    26 Minutes, l’émission humoristique des chaînes radioTVweb publiques francophones à abonnement obligatoire, s’était lentement rodée au point de devenir regardable... Ce soir, la der, la centième, portée à 100 minutes, presque quatre fois plus, sûrement quatre fois trop, a été nulle... Des sketchs trop longs, convenus, pour ne pas dire usés (le paysan vaudois, le colonel bourbine, le pasteur efféminé) et surtout pas drôles. Bref une émission qui démontre que les histoires drôles les plus courtes sont les meilleures. 

    Je n'ai peut être pas le sens de l'humour suisse.

    Le clou, ce fut la promo contre No Billag, l'initiative qui va tuer cette belle SSR. A ce rythme, le comité pro No Billag n'aura bientôt plus rien à faire pour gagner le 4 mars.

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  • +3: Cette fois je vote No Billag

    39E15C45-2A06-4644-B8E7-E6CB0F1B2BAC.jpegDemain, c’est l’enfer, la caméra est en mode surex, filtre jaune ou blafard, les glaciers fondent et submergent les vallées, l’eau potable est contingentée, la dengue débarque en Valais et fait sa première victime... le Rhône déborde, les montagnes s'écroulent... voilà en bref ce que la télévision publique suisse imagine quand la température moyenne de la Suisse aura augmenté de trois degrés, un degré de plus que le scénario des accords de Paris...

    Imaginez que votre température corporelle soit de 40 degrés, dit la journaliste sans une once d’esprit critique ni la moindre précaution...

    Sur le plateau de cette émission caricaturale, on retrouve trois des grands prêtres de l'écologie. Qui ne prêchent que permaculture, agroforesterie, interdiction des engrais chimiques azotés, réduction des trafics motorisés... Fernand Cuche, Dominique Bourg et une femme que je ne connais pas. 

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  • Pont Rouge, une nouvelle gare qui regardera passer les navettes automatiques

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    Pont-Rouge (webcam) sera donc inaugurée le 8 décembre (deux jours après la Saint-Nicolas) à l'occasion du prochain amélioration des horaires des transports publics suisses. En fait la halte voyageur du futur RER lémanique Evian Lausanne existe déjà depuis quelques années. La nouvelle, c'est qu'elle va être connectée à un centre commercial, un centre des affaires, encore en plein chantier et que le cheminement des voyageurs entre le parking de l'Etoile et l'arrêt du tram 15 risque  d'être encore un rock & roll pour quelques mois encore.

    Mais quand on aime les transports ferroviaires, on ne compte pas, on se sacrifie même. Comme les futurs usagers savoyards du CEVA qui circulent en bus et les usagers de la ligne Genève Lausanne qui emprunteront eux aussi le bus dès 21h50 du dimanche au jeudi pour rallier Genève... Adaptation de la ligne à la cadence au quart d'heure oblige.

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  • L'alimentation, l'agriculture suisse et le prix de tout ça

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    J'avais intitulé mon travail de diplôme (master) d'agronomie à l'EPFZ: "Les jardiniers du paysage". C'était dans les années 70, juste après les deux chocs pétroliers, la crise horlogère et les remous créés par l'étude futuriste, qui s'est révélée très largement fausse, "Halte à la croissance" du club de Rome.

    A l'époque on se préoccupait sérieusement du seul fléau réel qui menace le monde, la croissance démographique. Des politiques volontaristes et plutôt mal conduites de l'enfant unique en Chine à la vasectomie obligatoire des mâles en Inde et à la régulation des naissances ailleurs (sauf dans les pays catholiques et communistes où la prospérité naît des naissances, ce qui a permis tout récemment à Jacques Attali d’affirmer l'Université de Genève que la France est le pays le plus puissant d'Europe).

    Depuis la chute du Mur de Berlin, 12 ans après mon travail de diplôme, la Berne fédérale - c'est à dire le Vorort devenu EconomieSuisse qui dicte la politique économique de ce pays - a décidé de rendre l'agriculture suisse eurocompatible.

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