Europe

  • La patronne principale de la France et les dragons

    vierge assomption.jpgEn faisant un tour chez Payot Cornavin, j'ai encore une fois constaté la part congrue consacrée au christianisme. Pas un seul livre, sur le plateau dédié aux enfants, n'évoque cette culture qui a forgé l'Europe et sa culture comme une bonne partie du monde. Rien sur l’Assomption de Marie (mère de Dieu, disent les chrétiens), la troisième patronne principale de la France avec Thérèse de Lisieux et la Pucelle d'Orléans.

    Ce n'est pas vraiment nouveau,  me direz-vous, et c'est sans doute le reflet marchand du désintérêt des gens d'ici pour ce type d'édition. Une section est certes consacrée aux religions et à l'ésotérisme. Le XXIe siècle ne sera donc pas religieux comme Malraux l'aurait dit? Il n'est, il est vrai, que commençant, le XXIe.

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  • Kosovo, Albanie, Monténégro... Suisse

    Une petite quinzaine de jours à travers le Kosovo, la côte albanaise et monténégrine ne donne évidemment qu'un piètre aperçu de l'incroyable millefeuille social, ethnique, religieux, culturel, politique - techtonique même - de ces pays où l'euro est la monnaie d'échange officielle (au Kosovo et au Monténégro et de facto en Albanie même si les commerçants vous rendent la monnaie en leks), démontrant le statut de protectorat ou de bailliage commun dans lequel sont ces confettis à des degrés divers, en attendant une hypothétique immersion dans la fédération des Etats européens. Pour cela, il faudrait que l'Europe fasse sa révolution de 1848. 

    Je ne sais pas encore si l'ouvrage publié fin juin par NZZ-libro «Kleinstaat Schweiz – Auslauf- oder Erfolgsmodell?" (de Jaeger et Hummler) évoque la constitution de la Suisse moderne, qui mit tout de même plus d'un siècle à accorder le droit de vote à ses citoyennes (les radicaux républicains sur ce point ont mit du temps à convaincre les esprits du mâle dominant - c'est dire combien le Kanun (la loi coutumière dans le monde albanophone) a encore de beaux jours devant lui -, mais on comprend à quelques conversations (un ami est un des survivants de l'opération de la police serbe qui tua 52 membres de la famille Jashari dont Adem, un des fondateurs de l'UÇK - son nom est associé à celui de l'aéroport de Pristina-, qui déclencha officiellement la guerre de libération du Kosovo) et à la lecture de Kadaré combien il est difficile voire impossible de recoller ces pays tant les hormes et leurs territoires sont émiettés. Et que seule la liant européen pourra apporter sinon la concorde du moins les instruments d'une pacification durable dans ces régions meurtries et torturées depuis des milliers d'années.

    A suivre

  • Un président français sans majorité

    macron president.jpgLa France est divisée. En quatre camps de poids pratiquement égaux et qui paraissent irréconciliables. Les proeuropéens, de gauche et de droite, et les antieuropéens, de gauche et de droite, d'une part. Les dégagistes et indignés de gauche et de droite, la grande coalition gouvernementale d'autre part, qu'incarne désormais Emmanuel Macron.

    Le nouveau président va sans doute gouverner avec les sociaux-démocrates du parti socialiste, comme Angela Merkel en Allemagne. Combien de militants des Républicains parviendra-t-il à rassembler? C'est une des inconnues de la campagne des Législatives qui s'ouvre et se terminera le 18 juin, le jour de l'appel du général de Gaulle depuis Londres à la France libre...

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  • Macron président, The Economist est content

    macron.jpgMacron était le candidat du magazine anglais The Economist (qui avait aussi soutenu Blair en son temps, le non au Brexit plus récemment). Le candidat christique qui, contrairement à Ségolène Royal, il y a 5 ans, a osé rompre avec le Parti socialiste, l'a joué comme l'ex-compagne de Hollande sur le mode Jeanne d'Arc.

    Reste que pour faire des miracles, Macron doit conquérir une majorité à l'Assemblée nationale. Or le scrutin de ce dimanche a confirmé une division en quatre de la France. Seul le scrutin uninominal à deux tours assurera la majorité au vainqueur. C'est désormais acquis pour la présidentielle le 7 mai, ça sera bien plus difficile le 18 juin prochain. 

     

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  • François sera président des Français

    force tranquille.jpgAutant le débat, lundi soir sur TF1, des cinq grands présidentiables était difficile à suivre et sans grand intérêt au fond, autant l'interview serrée de François Fillon sur France 2 est éclairante. Fillon est imperturbable, tenace et pertinent. Un seul exemple, il prône la préférence nationale sans le dire mais en disant comment le faire. 

    Il réclame que les travailleurs détachés polonais ou roumains paient les mêmes charges sociales que celles auxquelles sont soumis les travailleurs français. Et, à ceux des ses amis libéraux qui contestent ces prélèvements, considérant qu'ils sont excessifs par rapport au filet social dont bénéficient ces travailleurs détachés chez eux, il lance l'idée de verser dans un fonds européen, qui collectiviserait ses charges sociales payées "en trop", créant l'embryon d'une politique sociale européenne. On peut rêver, mais c'est bien joué.

     

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  • 4 décembre 2016, un dimanche noir?

    luiigi di maio.jpgLes démocrates, les libéraux, les républicains, les Verts, les socialistes - bref les gagnants des 60 glorieuses - ont peur. Peur de Poutine, peur de Trump, peur d'Orban en Hongrie, d'Hofer en Autriche, de di Maio en Italie (photo), de Le Pen en France... Peur de la vague brune, des isolationnistes, des Sam Suffit, des Nains de jardin, des Yaka-Faukon, dont le programme est au pire "tous pourris, balayons-les" et au mieux un mixe de Mélanchon, NKM-Macron, Le Pen, comme l'écrit Jacques de Saint-Victor dans Le Figaro de ce samedi à propos du Mouvement Cinque Stelle et de son clown en chef, Beppe Grillo, qui risque de faire exploser l'Italie ce dimanche.

    En Suisse, on entend aussi cette rengaine dans la bouche de l'UDC. Le peuple a (toujours?) raison. Il faut appliquer sa volonté sans faillir. Reste à capter correctement sa volonté. Ce que ni les sondages d'opinion ni le vote par internet  ni aucun autre mode ne permet vraiment. 

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  • Donald, Christoph, Marine au pouvoir

    trump singe.jpgL'UDC n'a jamais fait plus de 30% en Suisse. Cependant, sans grand risque de se tromper, on peut estimer qu'une part de l'électorat des autres partis, de tous les autres partis, y compris chez les verts fondamentalistes, dont la couleur est aussi verte foncée que celle du parti nationaliste suisse, y compris à l'extrême gauche, pourfendeuse du commerce international, la tentation de l'isolationnisme est majoritaire dans ce pays. Cependant, dans chacun des autres partis, une majorité interne supplante l'expression de ces électeurs apeurés qui votent pour d'autres raisons encore PLR, PDC, Socialiste, Verts ou extrême-gauche.

    Aux Etats-Unis, le mode du scrutin force à la bipolarité. Républicains donc, même de la pire espèce, ou démocrates, tout aussi détestables dans leur aveuglement politiquement correct. 

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  • "Les Etats-Unis d'Europe, c'est fini." Juncker aussi!

    IMG_3297.PNG"Les Etats-Unis d'Europe, c'est fini" a dit Jean-Claude Juncker vendredi à Paris à l'occasion du 20e anniversaire de l'Institut Jacques Delors. Le président de la commission européenne a avoué que cette idée était l'ambition de sa jeunesse. Aujourd'hui, a-t-il poursuivi, les jeunes ont des préoccupations plus immédiates: trouver un emploi. Sur France Culture, dans son émission Affaires étrangères, Christine Okrent a évidemment rebondi ce matin sur cette déclaration. 

    Comment la qualifier? Est-elle sage, défaitiste, vide de sens? Un peu des trois je pense.

     

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