Energies

  • Le choc des cultures ou l'agriculture 4.0

    IMG_3625.PNGLe paysan écologiste Fernand Cuche face à l'agriculture 4.0, c'est le choc auquel les téléspectateurs d'Infrarouge ont assisté ce soir. Les salades que produit Combagroup à Yverdon selon la technique aéroponique (aeroponics), dont on peut faire varier le goût à la demande en modifiant la couleur de la lumière ou la composition du brouillard nutritif, qui recycle la chaleur des villes et n'utilise pas un gramme de terre, démontre que la sécurité alimentaire est une équation technologique.

    Infrarouge aurait pu montrer aussi la fabrication de blancs de poulet et de mayonnaise artificiels, les hamburgers d'insectes et d'autres techniques de production alimentaire qui n'ont plus rien à voir avec l'agriculture.

    La votation du 24 septembre sur la sécurité alimentaire a paru soudain anachronique et destinée surtout à protéger les exploitations traditionnelles agricoles telles que celles que nous montrent les spots publicitaires à la télé. Les Suisses vont sans doute voter oui à ce mythe qui ne devrait plus être rangé au rayon de la politique agricole ou de la production alimentaire, mais à celui du tourisme, de la sauvegarde des chefs d'œuvre en péril ou de Demain, c'était mieux avant. 

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  • A quel prix de revient, le kilowattheure solaire?

    dal busco hodgers solaire.jpgLe ministre des bâtiments publics est aussi le ministre des impôts et le ministre du budget. Le budget, c'est l'art d'équilibrer les revenus (qui viennent essentiellement des impôts) et les dépenses dont s'occupent ses cinq autres collègues (le département présidentiel dépense peu). Les dépenses dépendent du vote des lois par les députés (qui en mesurent rarement les conséquences, n'en subissant généralement pas les effets personnellement).

    Les dépenses, c'est aussi l'art (consommé) que déploient les fonctionnaires à appliquer les lois et les règlements en veillant à leurs conditions de travail, à la satisfaction des clients (qui reçoivent le plus souvent les prestations publiques gratuitement et n'en mesurent donc pas le prix) et au respect des principes de prévention et de précaution qui exigent avant d'agir un avis d'expert et parfois de plusieurs ...

    Le ministère du budget est complexe, celui des impôts l'est au moins autant voire plus. Mais voilà que, depuis que Genève vit sous l'ère d'une présidence durable, le ministre du budget et des impôts s'occupe aussi des bâtiments publics. Avec son collègue, ministre de l'énergie qui est aussi et principalement ministre du territoire et du logement, logements qu'il peine à produire en nombre suffisant (le long des voies de tram) pour loger les travailleurs actifs à Genève; il est donc de ce fait pour partie responsable de la croissance forte du nombre des pendulaires (qu'on appelle frontaliers quand il traverse une frontière nationale) et aussi des bouchons...

    Bref, nos deux ministres, celui des bâtiments et de l'énergie, ont trouvé le temps pour décréter la généralisation du solaire sur les toits des bâtiments publics.

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  • 15 degrés en 1900

    IMG_0773.JPGMon appartement est en pleine bise. Il y fait 16 degrés. C'est plus que la température jugeait normal, autour de 1900, à Paris, dans les appartement, si j'en crois ce thermomètre Lardi vu dans une brasserie du côté des Grands Boulevards (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

    Son examen attentif indique que la température normale d'une chambre de malade est de 20 degrés. Et qu'à Paris le mercure était tombé à -18 en 1809 et 1830 et -21 en 1871. On sortait alors du petit âge glacière, dont les causes restent sinon inconnues du moins disputées, comme les autres variations du climat d'ailleurs depuis les origines, jusqu'à ce XXIe siècle, an I de l'anthropocène, qui voit en l'homme, le responsable premier des maux qui mettent la création en péril. 

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  • Dimanches sans, sans, sans...

    co deux plus plluant commerce.jpgDimanches sans voiture, sans commerce, c'est le credo des Verts (et de quelques autres urbains qui n'ont qu'une envie: rétablir l'octroi). Sans culte ni messe, il y a belle lurette que les dimanches le sont. Aurons-nous bientôt droit (plutôt devoir) à des dimanche sans chauffage et sans Internet?... Ce serait cohérent avec le catéchisme écolo.

    La planète (sa part occidentale) doit ralentir et redécouvrir la simplicité et la sobriété, tout le monde en convient. (Au passage, on remarquera que l'économie a normalement pour but une consommation spartiate des ressources et que c'est l'abondance des biens et des services dont certains sont quasi gratuits qui nous égare, mais qui a aussi permis aux classes laborieuses d'ici - comme on disait naguère - de goûter à un certain confort).

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  • Grève et Budget 2016: Kriegspiel à la genevoise

    150916_Point_Presse_RIE_III_04.JPGLa fonction publique va donc faire grève ce mardi. Une grève reconductible. Une grève "pour la défense du service public". Une grève admirable aux yeux du socialiste canal historique Pascal Holenweg et de quelques uns de ses amis, convaincus que "la lutte des fonctionnaires genevois pour conserver leurs acquis est aussi un service rendu à tous les travailleurs exploités par les patrons". 

    Certes on ne peut pas exclure un accord surprise dans la journée, grâce au rétablissement de l'annuité en 2016 (40 millions), que rendrait possible la découverte de nouvelles recettes dans l'escarcelle du ministre des Finances. Impossible? Souvenez-vous, à la veille de la dernière grève, le Conseil d'Etat annonçait avoir trouvé 111 millions de recettes nouvelles de quoi couvrir les 7,8 milliards de dépenses et boucler l'année 2016 avec un modeste bénéfice. (Même avec cette recette tombée du ciel, on s'étonne que le projet de budget 2016 prévoie un produit des impôts sur les personnes physiques inférieur au produit enregistré aux comptes 2014, alors que le Conseil d'Etat s'attend à une croissance du PIB de 1,3% l'an prochain... *) 

    Sur le dossier de la réduction de la dette et du frein à l'embauche, voté par le Grand Conseil, les syndicats continueront de grincer des dents mais ce bras de fer se résoudra dans les urnes, au plus tôt le 5 juin 2016, puisque'un référendum a été lancé contre la loi 11398

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  • Qu'un sang impur abreuve nos sillons!

    image.jpegLes paysans suisses marchent à Berne, mais ils ne se mettent pas en grève. Les vaches ne le supporteraient pas et il n'est pas politiquement correct de jeter des aliments dans les rues la veille du Samedi du partage. L'avenir des fermiers tient autant à la production alimentaire qu'à l'entretien du paysage, à la production d'énergie, au recyclage des déchets biodégradables et au maintien d'un mode de vie propice au tourisme et à l'école à la ferme. Le paysan Zeller de Vernier est un précurseur.

    Les fonctionnaires genevois font grève et prennent les élèves en otages, alors qu'ils gagnent deux fois plus qu'un paysan moyen suisse (qui travaille 45 à 50 heures par semaine), ont la sécurité de l'emploi, enseignent dans des écoles bien chauffées et bénéficient d'une retraite garantie, payée aux deux tiers par les contribuables.

    Les climatocraintifs font un joli cœur dans plusieurs villes de Suisse. Pourquoi marchez-vous, ai-je demandé à un haut fonctionnaire, membre de l'Association climat Genève? "Pour que nos élus se réveillent car il y a urgence." Mais, ai-je encore demandé, n'est-ce pas le peuple qu'il faut convaincre, lui qui est la véritable société civile dans un pays démocratique? "Le peuple est lobotisė par la propagande des sociétés pétrolières." On comprend pourquoi les Verts ont perdu les dernières élections fédérales.

    La France ponctue par deux virils Marseillaise l'hommage aux 130 victimes du terrorisme du 13 novembre. Mais aucun sang impur n'abreuvera les sillons de la nation. Une sale guerre civile déjà vieille de quatre longues années se poursuit à deux mille kilomètres à l'est. Et jusqu'à présent, personne n'a compté les victimes collatérales des bombardements aériens des desalliés. Seuls les migrants qui frappent à nos portes nous épouvantent, nous font dresser des murs et regarnir les frontières d'hommes en armes.

    C'est bientôt Noël. Ce dimanche est le premier jour de l'Avent.

    http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Je-gagne-plus-a-methaniser-mon-fumier-qu-a-faire-du-lait/story/17822168

  • Swissaid, les Verts, l'UDC et l'enfer à Chillon

    swissaid chillon.jpgSwissaid est une honorable institution suisse d'aide au développement. Elle diffuse ces jours une campagne choc en phase avec la pensée dominante.

    Le climat se réchauffe (c'est un fait incontestable) et, depuis la nuit des temps, c'est, et pour la première fois, l'homme qui en est le principal responsable (ce dont je doute, car tous les paramètres de ce phénomène hypercomplexe et finement régulé ne sont pas connus. Et même si c'était le cas, rien ne dit que le bilan entre les perdants et les gagnants soit négatif).

    Bref les paysans du Tchad seraient donc déjà victimes du réchauffement climatique et il faut donc agir pour éviter que le château de Chillon n'ait bientôt plus les pieds dans l'eau.

    Ce genre d'excès n'est évidemment pas crédible. On en trouve régulièrement dans la communication des écologistes qui jouent, comme les curés naguère, sur la peur de l'enfer. Je crois que c'est là une des raisons de leur recul ce week-end.

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  • Ah, si Tchang Kaï-chek avait gagné la guerre civile!

    tchang chine.jpgUn drôle d’article publié dans la dernière édition de juillet de The Economist nous emmène en uchronie, cette discipline sans frontière qui consiste à inventer l'Histoire si tel ou tel événement s'était ou ne s'était pas produit. En l'occurrence, l'auteur qui ne signe pas - une marque de fabrique que j'aime bien de l'hebdo anglaise - explique très sérieusement que que la Chine serait bien évidemment plus riche si le "démocrate" Tchang Kaï-chek l'avait emporté sur le camarade Mao.

    Dans cette série, The World If, on trouve aussi quelques utopies, notamment les 100 premier jours d'Hillary présidente et une réflexion autour en définitive, mieux vaut peut-être Poutine que pas de Poutine et une Russie vouée aux tensions.

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