Economie

  • Services publics: données en masse et misère de l'information

    certificat de maturité.jpgCombien vaut un certificat de maturité? Est-il plus cher à Genève ou à Lausanne? A Sion ou à  Lucerne? A cette question, les comptes publics sont incapables de répondre. Pourtant les écoles privées ont évidemment cette information. C'est qu'ils facturent leurs prestations pour vivre. (et ils sont forcément plus cher à Genève où le titre est décerné à 19 ans quand il l'est à 18 ans dans les autres cantons)

    Quel est le prix d'une appendicite ou d'un changement de hanche et qui paie la facture? Là encore, qui connaît la réponse avec précision? La facturation des hôpitaux à votre assureur maladie fait l'impasse sur le fait que la moitié du coût de l'hôpital est payé par une subvention générale qui figure au budget de l'Etat. 

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  • Que faire pour le climat: de Landecy en passant par Bardonnex

    co2 heidi.jpgL'apéro de la rentrée des habitants de Landecy n'a réuni qu'une poignée d'habitants sous la fontaine. Les tartes et clafoutis aux pruneaux étaient pourtant excellents. On a parlé circulation bien sûr, des gendarmes couchés que la commune a prévu d'installer dans le village, dont la route tortueuse et les stationnements sauvages ne permettent de toute façon guère de dépasser les 30 km/h.

    On parle aussi du gymkhana de Bardonnex, que les douaniers suisses comme français font subir aux automobilistes qui empruntent sagement l'autoroute, matin et soir, provoquant des bouchons que notre chère RTS signale comme un métronome et qui reportent une partie du trafic sur le réseau vicinal, alors que les mêmes travailleurs passent devant la douane de Landecy à 50 km/h. 

    Mais pourquoi ne prennent-ils pas le nouveau bus 62, dont le terminus s'arrête au parking de Collonge-sous-Saléve ces travailleurs genevois? Voilà bien une bonne action qu'il pourrait faire sinon pour la quiétude des riverains du moins pour le climat.

    Surfant sur cette chaude actualité, Heidi.news, après nous avoir baladé dans les latrines du monde, les fromageries de l'Etivaz et coproduit un reportage fictionnel. embouche, justement, sur le mode kennedyen*, la trompette climatique. Jéricho nous voilà!

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  • Trois collapsologues et 7'600'000'000 humains

    cochet sinai servigne dessin le monde.jpgLe Conseil d'Etat de notre bonne République et canton de Genève - qui héberge un 15'200e des être humains de notre planète - a clos le 28 juillet sa grande enquête sur Genève 2050 (voir ici, et ). Aucun scénario ne prévoit un effondrement tel que celui qu'annoncent trois millénaristes en vogue en France, qui ont été les premiers invités du quotidien Le Monde, dans une série de six papiers intitulée "Vivre avec la fin du monde" (du 23 au 29 juillet).

    C'est que la fin du monde est proche, proclament les nouveaux prophètes de l’apocalypse, membres de l'institut Momentum: Agnès Sinaï, Pablo Servigne et Yves Cochet (déjà cités dans ce billet). Leur texte « Face à l’effondrement, il faut mettre en œuvre une nouvelle organisation sociale et culturelle », que Le Monde réserve à ses abonnés, mais qu'on peut lire intégralement sur Momentum et sur quelques blogs écolos.

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  • 800 sans abris à Genève...

    fotnaine goulot eau.jpg"L’alerte canicule est déclenchée depuis le 23 juillet. Premier réflexe: se réfugier dans des lieux climatisés et boire beaucoup d’eau, car la chaleur extrême et prolongée n’est pas sans danger. Mais s’en protéger est un luxe pour celles et ceux qui n’ont pas de domicile – à Genève, les associations comptent environ 800 personnes dans ce cas."

    Le premier paragraphe de l'article publié ce matin par la Tribune de Genève - La canicule laisse les sans-abris démunis - nous apprend que 800 sans abris vivent donc à Genève. D'où vient ce chiffre? Est-il corroboré par une source officielle? Non, la source est ces associations qui s'alarment pour les sans abris, dont Kim Grootscholten, directrice de l’organisation Toit pour tous. Cette sollicitude est a priori de bon aloi. Mais l'on sait aussi que Genève est un des lieux d'accueil les plus attentifs aux déboires des migrants. Et que pour la plupart d'entre eux, ils viennent de régions où la canicule est monnaie courante.  

     

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  • Qui pollue le Léman de plastique? Et où est la news?

    captage du plastique leman oceaneye.jpgC'est classique. Un journal tombe sur une étude menée par une association militante  - ou cette association a-t-elle privilégié un journal en lui remettant son étude? - bref le scoop est là et le pitch bien ficelé va retenir l'attention du public: le lac Léman est à peine moins pollué que les océans. 14 millions de particules de plastique polluent les eaux du plus grand lac d'Europe occidentale.

    Et sans doute de tous les autres aussi. Aussitôt les médias reprennent l'info en boucle (ici, là, et ). L’actualité est maigre en été. 

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  • Ni grippe, ni bug, ni Europe dans Genève 2050

    but de Genève 2050.jpg

    Quatre scénarios - complexes et un peu catastrophistes - pour imaginer les futurs possibles de Genève en 2050. C'est l'exercice de prospective que propose, depuis septembre 2018, le Conseil d'Etat, un projet évoqué lors de son discours de législature 2019-2024 en la cathédrale Saint-Pierre, mais concocté depuis avril 2017 et traité sans tambours ni trompettes depuis, en raison de l'affaire M et d'autres priorités.

    Quatre scénarios, c'est peu tant les possibles sont nombreux. Sans compter les aléas. Imagine-t-on pareille entreprise lancée en 1918, quelques jours avant la défaite de l'Allemagne, à la veille de la grippe espagnol dont la voracité en vies humaines fut plus grande que la Grande guerre, 20 ans avant le deuxième conflit mondial, né en bonne partie des lourdes pénalités imposées à l'Allemagne qui mit à genou la République de Weimar et fit le lit d'un certain AH...

    C'est dire 1) combien nous sommes incapables de prévoir l'avenir, 2) combien le monde est plus serein en ce début du XXIe siècle, 3) combien les Cassandre et autres collapsologues jouent à se et nous faire peur. Or la peur est mauvaise conseillère. 

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  • Comment refaire la "fête de la tomate qui ramène sa fraise"?

    tomate degustation.jpgSympathique, courue mais un peu déjà vue, la fête de la tomate. c'est l'impression que j'avais en revenant hier de la place de Sardaigne à Carouge. Je n'en ai vu certes qu'une volet, celui du repas de midi quand l'humeur de la météo précipita le public sous la grande tente dans une étrange pénombre. Ce n'était qu'une ondée qui ne gâcha pas la fête mais je n'avais pas l'impression qu'il y avait la foule d'antan. Plusieurs échoppes semblaient manquer à l'appel. A l'heure de l'apéro officiel, le ministre de l'agriculture brillait par son absence. Ainsi que de nombreux amis et élus.

    Antonio Hodgers qui cumule la présidence durable du Conseil d'Etat, le territoire, l'urbanisme, l'environnement, l'agriculture et l'affaire Maudet avait sans doute d'autres chats à fouetter. Ou n'a-t-il pas voulu cautionner une production industrielle et sans saveur? Dans ce cas, il devra dire comment il entend réorienter la politique maraîchère sur laquelle il n'a en fait aucune emprise puisqu'elle est largement décidée à Berne, par la science et le marché. 

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  • Boom, boom boom: les paysans suisses canardés

    tomate fraise.jpg

    La Suisse a-t-elle besoin de son agriculture pour se nourrir? Dans les urnes, les Suisses disent plutôt oui, convaincus par l'étrange coalition des paysans et des Verts que la souveraineté alimentaire (modernisation opportune du concept d'autarcie hérité du plan Wahlen et en voque jusqu'à la chute de l'empire soviétique) est bonne pour le pays.

    Or les Verts ne se contentent pas de ce qui est, selon le rapport agricole 2018, une demi-souveraineté - presque la moitié des calories consommées viennent de l'étranger - ils veulent zéro pesticides dans nos campagnes et dans nos rivières et du goût dans leurs assiettes, le tout à petits prix. Ce à quoi les paysans suisses ne sont pas préparés. 

    Et puis, un paysan, sauf exception, notamment la future cheffe du Service de la Nature et de l'Agriculture de Genève, Valentine Hemmeler, ex-membre de SolidaritéS, star de la souveraineté alimentaire, ça vote plutôt UDC, PDC ou PLR. Et là, c'est moins le verdissement lent des partis bourgeois que les paysans craignent, que le credo libre-échangiste toujours en vogue et qui, chacun peut le mesurer, a fait et fait une bonne part de la prospérité de la Suisse.

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