Economie

  • En Batou, ma mie, ma mie, en Batou, Genève sur l'o(seille)

    Batou jean.jpgOr donc, signale mon journal préféré, le député Batou a trouvé les milliards que le bon ministre Dal Busco et son poisson pilote, le ci-devant président de la République, réclament aux contribuables pour renflouer - une fois de plus, mais définitivement cette fois -le bateau des retraites des fonctionnaires, lequel, comme chacun sait, ne possède qu'une demi quille. La CPEG pourrait sinon chavirer rapidement, du moins laisser les fonctionnaires actifs actuels en cale sèche, si l'Etat devait mettre la clé sous la porte.

    On vous le concède, ça n'est pas près d'arriver. Cependant, au temps où les radicaux étaient encore vaillants et avaient l'audace de vouloir marier la République du bout du lac avec le Pays de Vaud, il aurait bien fallu que chacun des époux mette ses comptes à plat et son bilan à ciel ouvert. Pas sûr que les Vaudois aurairent repris les caisses de retraite (elles naviguaient alors séparément) sans piper mot.  

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  • Le Courrier... de Fribourg?

    motion mettan 2411.jpgLe Courrier a été pendant plus d'un siècle le fer de lance des catholiques à Genève. Il était pour beaucoup le journal du Parti indépendant chrétien social et des Syndicats chrétiens, du Mouvement populaire des familles, bref la voix des migrants économiques (parfois politiques?) qui débarquaient en nombre des cantons catholiques dans la Genève protestante.

    Le prestigieux Journal de Genève était, lui, l'organe inofficiel des libéraux, tout comme la NZZ se réclame aujourd'hui encore du courant de pensée incarné par le PLR. Le journal La Suisse était rouge pas seulement par sa couleur. Quant à la Tribune de Genève, fondée en 1879 par un colonel américain qui voulait donner à la ville un journal non partisan, elle était associée au plus grand parti qui avait fait la république, le parti radical, aujourd'hui disparu, bien qu'un de ses éminents rejetons siège pour quelques mois encore à la présidence du Conseil d'Etat genevois. 

    Hier après-midi, François Longchamp s'est donc fait l'ardent défenseur de la Tribune de Genève et s'est opposé  à la décision entrepreneuriale de son éditeur, le groupe zurichois Tamedia, de délocaliser ses rubriques Monde, Suisse, Economie et Sports à Lausanne. Quatre cinquième du parlement genevois ont voté la motion Mettan (un ancien rédacteur en chef de la Tribune) non sans l'avoir émasculée en commission.

    Ainsi va Genève.

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  • Pont Rouge, une nouvelle gare qui regardera passer les navettes automatiques

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    Pont-Rouge (webcam) sera donc inaugurée le 8 décembre (deux jours après la Saint-Nicolas) à l'occasion du prochain amélioration des horaires des transports publics suisses. En fait la halte voyageur du futur RER lémanique Evian Lausanne existe déjà depuis quelques années. La nouvelle, c'est qu'elle va être connectée à un centre commercial, un centre des affaires, encore en plein chantier et que le cheminement des voyageurs entre le parking de l'Etoile et l'arrêt du tram 15 risque  d'être encore un rock & roll pour quelques mois encore.

    Mais quand on aime les transports ferroviaires, on ne compte pas, on se sacrifie même. Comme les futurs usagers savoyards du CEVA qui circulent en bus et les usagers de la ligne Genève Lausanne qui emprunteront eux aussi le bus dès 21h50 du dimanche au jeudi pour rallier Genève... Adaptation de la ligne à la cadence au quart d'heure oblige.

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  • Taxer les robots: Oberson virevolte

    Le distingué avocat fiscaliste genevois, Xavier Oberson, coqueluche des plateaux TV, signe une chronique dans Bilan du 11 au 23 novembre, prudemment titrée « De l’imposition des robots ». C'est la seconde et sans doute pas la dernière sur ce sujet un brin populiste. Comme de vulgaires frontaliers, les robots payeront leur dû mais n’auront au grand jamais jamais le droit de vote. 

    C'est que, plus que les frontaliers, les robots (plus largement les CPS) font peur. On en a eu une confirmation mercredi soir.

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  • L'alimentation, l'agriculture suisse et le prix de tout ça

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    J'avais intitulé mon travail de diplôme (master) d'agronomie à l'EPFZ: "Les jardiniers du paysage". C'était dans les années 70, juste après les deux chocs pétroliers, la crise horlogère et les remous créés par l'étude futuriste, qui s'est révélée très largement fausse, "Halte à la croissance" du club de Rome.

    A l'époque on se préoccupait sérieusement du seul fléau réel qui menace le monde, la croissance démographique. Des politiques volontaristes et plutôt mal conduites de l'enfant unique en Chine à la vasectomie obligatoire des mâles en Inde et à la régulation des naissances ailleurs (sauf dans les pays catholiques et communistes où la prospérité naît des naissances, ce qui a permis tout récemment à Jacques Attali d’affirmer l'Université de Genève que la France est le pays le plus puissant d'Europe).

    Depuis la chute du Mur de Berlin, 12 ans après mon travail de diplôme, la Berne fédérale - c'est à dire le Vorort devenu EconomieSuisse qui dicte la politique économique de ce pays - a décidé de rendre l'agriculture suisse eurocompatible.

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  • Doris, stp, abaisse le prix de ma Tribune!

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    Doris Leuthard module à la baisse le prix de l'abonnement obligatoire à notre chère Radio Télévision Suisse. A l'avant-veille de la votation sur l'initiative No-Billag, la ministre suisse des Telecom, dont les amis PDC n'ont cessé de truster le fauteuil de la présidence de la SSR, passe donc la note annuelle de 451 à 365 francs par famille. Un discount de 19%.

    "Dis Doris, quand est-ce que tu abaisses le prix de ma Tribune qui me coûte 636 francs par année?"

    La question est au cœur de la votation du 4 mars.

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  • Jacques Attali est-il surfait?

    carron djemila prix latsis 2017.pngIl fut le conseiller de Mitterrand de 1981 à 1991. Et c'est à lui que Sarkozy avait confié en 2008 la commission pour la libération de la croissance française dont un des secrétaires était Emmanuel Macron... Contrairement à l'homme en marche, l’influenceur n'est pas devenu roi.

    Lee causeur n'en est pas moins recherché. Sous le titre "Attali: hors jeu, la Suisse est en voie de banalisation", mon journal préféré accorde une pleine page au maître de conférence, devenu banquier et auteur à succès, convié à Genève par la Fondation Latsis. A quel prix?

    Je reste cependant songeur à la lecture de cet interview.

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  • Macron parle trop et trop vite pour être fraternel

    macron fraternite.pngMacron a beaucoup parlé ce soir sur le petit écran sur Facebook et Youtube. Il a dicté de bout en bout les thèmes abordés. L'ensemble de la séquence com avait une tonalité, un message subliminal, qui était affiché en grandes lettres: fraternité. Le mot liberté n'a pas ou peu été prononcé, le mot égalité pas davantage, le mot fraternité pas du tout, mais c'était pourtant le fil conducteur de ses déclarations à la télévision, la première grande interview présidentielle depuis l'élection de l'homme En Marche. 

    Du coup, il a cru devoir rattraper les premiers mois balbutiants de sa majorité et de ses ministres. Il a beaucoup parlé, très vite, très densément, très techniquement. Une remarquable performance intellectuelle sans doute, mais trop brillante peut-être pour convaincre les Français en ce dimanche d'automne généreusement ensoleillé et chaud. 

    La fraternité, le fil conducteur de son quinquennat? 

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