Ecole

  • Genève et ses "citoyens numériques"

    citoyen numérique emery torracinta 2018.jpgGenève se prépare à former des "citoyens numériques" titre mon journal préféré ce matin, illustrant son propos d'une photo des années 70 où semble rayonner une ministre devant des pc d'un autre âge. C'est inquiétant. A l'heure où tous les métiers sont peu ou prou transformés, sublimés, bouleversés quand ils ne sont pas tout simplement rayés de la carte de l'emploi, la capitaine de l'Instruction publique genevoise tire des plans sur la comète. 

    Evidemment on ne corrige pas des décennies d'errements et moins encore le cour d'un vaisseau dont tous les membres de l'équipage (sans compter les poissons pilotes assis au Grand Conseil ou dans nos facultés, veulent tenir à eux seuls le gouvernail de la pédagogie 3.0) d'un tonitruant "Barre à gauche" ou "Place aux puces" ou tant qu'à faire "Vive les GAFA". Au fait, de quel bord est la révolution numérique?

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  • "Au final, Gabriel ne sera pas mort pour rien." Fernand Melgar

    fernand melgar dealer.jpgJe n'ai suivi, comme beaucoup sans doute, que par la bande la dénonciation par Fernand Melgar du deal de rue à Lausanne. Lausanne la rupestre, comme avait dit avec toute la morgue qu'un Genevois peut avoir du haut de son jet d'eau un magistrat Vert de notre bonne petite ville, "où le deal de rue est aussi déployé qu'ailleurs", a dit un Municipal de la cité vaudoise pour dire que chez lui tout allait bien.

    J'ai suivi aussi d'une oreille le dernier Infrarouge d'Esther Mamarbachi consacré à ce sujet justement, où chaque responsable s'est empressé de déclarer que le deal était sous contrôle. Et que les consommateurs étaient au fond libres de consommer et qu'il n'était pas question de remplir Champ-Dollon avec la fine fleur de la société qui sniffe à l'occasion quelques lignes de coke - ça fait tellement du bien, paraît-il.

    L'avenir atteint Genève.

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  • L'heure est aux bilans et aux dernières B.A.

    calendrier careme 2018.jpg"Vois comme cette petite chandelle répand au loin sa lumière ! Ainsi rayonne une bonne action dans un monde malveillant." A l'aune de William Shakespeare, la bonne action est l’envers du grain de sable, un petit rien qui fait tourner le monde. La vieille dame qu'on aide à traverser.  Ce colibri qui éteint l'incendie de la forêt. Les deux balles qu'on file à un mendiant ou à un musico dans le tram - Ah, vous donnez rien?... Il est vrai que les mendiants sont amendables à Genève (art 11A de la loi pénale genevoise) - 

    Qu'est-ce qui nous incite à faire ou à ne pas faire une B.A. quotidienne? La déclaration des droits humains? La devise des Français - Liberté, Egalité, Fraternité? Un vieux fond d'histoire sainte? Le pari de Pascal?

     

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  • Les lecteurs éclairés selon Pietro Supino

    rois 1.jpgLe Monde du 3 janvier a consacré une page aux nouveaux médias fraîchement nés ou sur le point de pousser leurs premiers cris. Sur Twitter, le fil que les journalistes préfèrent, on en trouve une bonne douzaine de ces nouveaux journaux qui tous promettent de montrer aux vieux médias qu'on peut à la fois faire du bon journalisme (ce sont les professionnels qui fixent les critères de qualité) et vivre grâce aux abonnements de lecteurs éclairés. Si tel était le cas, le Courrier de Genève qui souffle 150 bougies cette année (ici et ) et vit depuis sa quasi faillite dans les années 70 grâce à la perfusion continue de lecteurs plus éclairés (et surtout plus aisés) que d'autres, serait florissant. 

    A propos de lecteurs éclairés - entendez un lecteur formé, citoyen, conscient du coût de production des nouvelles, celles qui ont du poids, lestées de faits, d'analyses, de données, de témoignages éprouvés sur l'enclume de la vérité, où le journaliste élimine les fausses interprétations tel le forgeron martèle le fer pour l'épurer de son carbone jusqu'à l'acier dur et tranchant. A propos des lecteurs éclairés donc, j'ai lu avec attention le discours de Pietro Supino à la fête des rois des éditeurs, dont son navire amiral, le Tages Anzeiger, a publié de larges extraits ce mercredi.

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  • La dernière rentrée d'Anne Emery-Torracinta?

    151013_Emery_Torracinta_Conseillère_Etat_ 02.JPG"La rentrée 2017 verra près de 75'000 élèves reprendre le chemin de l’école (primaire: 34'687 ; cycle d’orientation: 13'279 ; secondaire II : 24'952 ; spécialisé : 1971). Les effectifs augmentent partout: au primaire (+555), au cycle d'orientation (+43), au secondaire II (+629) et dans l’enseignement spécialisé (+119). Ces élèves seront encadrés par un peu plus de 6'900 enseignant-e-s."

    Tels sont les chiffres livrés ce jour par la socialiste ministre de l'Instruction publique genevoise. 75'000 élèves encadrés par 6900 enseignants, ça fait très exactement 10,869 élèves par enseignant. Où sont les classes à 25 élèves? (A noter que le budget 2017 alloue 8084 postes temps plein au DIP, sans compter les 2974 postes de l'Uni (ici p. 481)).

    Qui fait mieux, qui fait moins bien en matière d'encadrement en Suisse et dans les pays de l'OCDE? 

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  • Bardonnex par le petit bout de la lorgnette

    Capture d’écran 2017-03-01 à 21.27.26.png

    Les habitants de Bardonnex ont reçu ces jours une feuille d'information de la mairie. Quelques jours à peine après la diffusion par la même mairie du Bulletin officiel municipal (multicopié à grands frais sur un papier cartonné et en couleur), la nouvelle feuille signale au bon peuple l'ouverture de deux enquêtes publiques sur Compesières. L'information est spartiate et sans doute bien incompréhensible à qui n'est pas un tant soit peu versé dans les arcanes de l'urbanisme, les procédures politiques et le touffu mille-feuilles des lois et règlements fédéraux et cantonaux qui fixent les règles du jeu en la matière.

    La feuille n'annonce pas de séance publique d'information, l'affaire est sans doute sans importance. Il en va pourtant de l'avenir de l'école de Compesières, un serpent de mer qui occupe les autorités depuis 1992 au moins.

    Plus grave, à mon sens, cette feuille ignore ce qui déterminera davantage encore l'avenir de notre territoire: le plan directeur cantonal 2030, dont la révision en cours est soumise ces jours à l'examen des municipalité qui ont jusqu'au 16 juin prochain pour rendre leur copie. Recevra-t-on une feuille à ce sujet dans les prochaines semaines?

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  • Pourquoi je suis contre le plan de déclassement de Compesières

    compesieres ecole carte.jpgAujourd'hui, dit la FAO, s'ouvre la consultation pour création d'une zone sportive, d'une zone de verdure, d'une zone 4B protégée et d'une zone affectée à de l'équipement public (Plan N° 29992-505) à Compesières. Le hameau fut le chef lieu de la grande commune éponnyme, comprenant jusqu'au malheureux divorce de 1851, les actuelles municipalités de Plan-les-Ouates et de Bardonnex (avec Saconnex-d'Arve, Arare, Croix-de-Rozon, Charrot et Landecy et quelques autres hameaux).

    Le déclassement de la zone agricole de Compesières est une étape importante d'une saga politico-juridique vieille de plus de 25 ans, qui a coûté plusieurs centaines de milliers de francs à ma commune (on ne doit pas être loin des deux millions en comptant tout et même plus si l'on inclut l'échange avec la paroisse de Compesières)

    Tout ça pourquoi? Pour construire une nouvelle école, l'actuelle qui a formé depuis 1898 des milliers de gosses dans un immeuble Camoletti, dont l'architecture dénote singulièrement dans le site de la campagne genevoise, n'offre pas les 80 mètres carrés d'espace réglementaire et est trop petite pour accueillir la population. Le premier pavillon scolaire provisoire date de 1982! Le dernier en date devra être démoli en 2018!

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  • Couvrez ce sein, que je ne saurais voir...

    "Couvrez ce sein, que je ne saurais voir.
    Par de pareils objets les âmes sont blessées,
    Et cela fait venir de coupables pensées."
    Le Tartuffe, III, 2 (v. 860-862)

    bible segond.jpgL'histoire des Bibles distribuées à quelques élèves du Cycle d'orientation de Drize, en dehors du «champ de vision de l’équipe pédagogique» (DIP dixit) vaut son pesant de tartufferie. Il faudrait en rire si le temps n'était aux peurs irraisonnées, lesquelles démontrent une fois de plus combien Genève ignore son histoire et s'enferre dans une orthodoxie laïque mortifère.

    A l'heure où les ados reçoivent et s'échangent, à l'insu de leurs géniteurs et de leurs professeurs, toute sorte d'images et de mots, qui sont parfois de vrais maux, le holà de parents contre de malheureux distributeurs de Bible est pathétique.

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