Droit, justice

  • Genève en 2050... si

    geneve 2050.jpgChaque été, The Economist propose une série "The World if", bien loin des projections habituelles des futurologues, des scénarios envisageables à partir des données connues, bref une incursion dans ce chaos qu'un battement d'aile de papillon peut déclencher. Cette année, les hypothèses vont de si les Etats Unis quittait l'OTAN en 2024 à si les antibiotiques tombaient en panne en 2041, en passant par si la Chine et l'Amérique s'affontaient en mer de Chine, à si les robots prenaient tous les jobs en 2030.

    Les auteurs anonymes de Genève 2050 ont cherché à éviter le piège de la simple projection des courbes assises sur le passé. Leurs quatre scénarios relèvent donc un peu de "Genève si", sans toutefois identifier un élément déclencheur précis ouvrant une narration épique du futur. Voici leurs scénarios (page 39 du rapport):

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  • Voix d'Afrique à Plainpalais: blanche discordance

     

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    Ismaël Lo a envoûté la salle de Plainpalais hier soir, mais il n'était pas au programme du déluge de musique qui noie Genève depuis trois jours. Est-ce l'offre pléthorique qui fait la fête?

    Le chanteur sénégalais était invité par un de ses compatriotes, mon ami Gorgui Ndoye, un journaliste, correspondant au Palais des Nations, qui doit avoir un des carnets d'adresses le plus long de la profession. Hier soir, Gorgui, qui édite aussi continentpremier.com, un journal en ligne, virevoltait comme à son habitude. Non content de faire venir à Genève une vedette pour fêter dignement la Journée de l'Afrique (décalée du 25 mai en raison du ramadan).

    Et pas qu'en musique. Un débat a réuni une cinquantaine de participants autour de quelques intellectuels transcontinentaux sur le thème l'Afrique et l'ONU à l'occasion d'un deuxième Gingembre littéraire, lancé par le même Gorgui. Le premier, tenu le 1er mai à la salle Gandhi de la Maison des associations, avait davantage passionné. Le thème était plus chaud et évoquait le retour des oeuvres d'art africaines détenus dans les collections hors du continent premier. 

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  • C'est à elles de prendre leur place aujourd'hui

    temps modernes charlot.jpgDans ma bulle catholique où je suis née et suis encore un peu - un peu par flemme, un peu par foi, un peu par fidélité citoyenne (qu'est-ce qui fait que je suis Suisse et non Français, Israélien, Javanais ou Indien: mon lieu de naissance, mes parents, quoi d'autres...?)... Dans ma bulle catholique donc, on chante à l'Ascension (quand le Christ monte au ciel et ouvre ainsi sur terre un nouvel espace de liberté et de créativité, un existentialisme face au déterminisme ou à la prédestination...), on chante ce chant mélodieux: "C'est à nous de prendre sa place aujourd'hui...".

    Aujourd'hui, c'est à elles, les femmes, de prendre toute leur place (y compris dans l'église catholique)... Et c'est moins facile que de faire une grève politique, qui fait éclater l'inégalité non pas de genre mais de statut, entre les travailleurs protégés et les autres.

     

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  • Paul, un radicalisé déradicalisé?

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    "La Bible, un livre violent ?" Oui, dit Vincent Schmid, ancien pasteur de la cathédrale de Genève, dans son dernier blog, en écho aux attentats djihadistes et - mais Schmid ne le cite pas - à la thèse polémique d'un "islam conquérant", exposée dans un essai contesté du pasteur vaudois Shafique Keshavjee.

    Un homme violent peut-il changer? Oui, répond Schmid. Exemple: Paul de Tarse.

    L’apôtre était-il un radicalisé qui aurait été déradicalisé? Qui l'a remis sur le droit chemin? Comment? A-t-il suivi un cours de déradicalisation imaginé par un Gérald Bronner de l'époque?

     

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  • Un évêque à Genève. Acte V?

    pascal-desthieux-2-800x450.jpgEn prélude au 200e anniversaire du rattachement, en 1819, de l'évêché de Genève à celui de Lausanne et Fribourg, le vicaire Pascal Desthieux a brossé, à Notre Dame de Genève, en guise de 4e conférence de Carême et à grandes enjambées, l'histoire de l'évêché qui a uni, durant plus de mille ans, les chrétiens de Genève et ceux de Savoie. Ses évêques ont ensuite trouvé refuge à Annecy jusqu’en 1801, chassés par la Réforme  - "adoptée par Genève pour éteindre la dette due à leurs Excellences de Berne venue soutenir la ville contre l'impérialisme savoyard". Durant les 200 dernières années dans le giron suisse, les catholiques genevois, majoritaire dans le canton depuis 1860, ont assisté à quatre tentatives de reconstitution d'un évêché de plein droit. En vain.

    Faut-il rétablir un évêché à Genève? L'abbé Desthieux n'a répondu à la question qu'au terme d'un récit d'une heure, assez morne et qui a prudemment écarté les questions qui fâchent, les manquements de l'église de Rome, la nature propre d'un évêque, l’œcuménisme ou les peurs irrationnelles qu'alimentent aujourd'hui l'hypothétique irruption d'un califat islamiste en Europe ou le réchauffement climatique. Pas un mot sur la laïcité. Pas davantage sur l'athéisme pragmatique ou l'agnosticisme qui dominent désormais notre société libérale avancée, policée, multiculturelle et émiettée.  

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  • Le troisième combattant

    comite international emblème.jpgMais qu'est-ce qui les pousse à s'engager au coeur de la guerre, dans des causes apparemment perdues ces délégués du CICR, ces engagés de la coopération au développement, ces sans-frontiéristes de tout poil: médecins, infirmiers, ingénieursagronomes, pompiers, charpentiers... Le film de Romain Guélat et Jean-François BergerDocteur Junod, le troisième combattant, présenté hier soir à l'Alhambra - ne répond pas vraiment à la question. Est-ce que Survivor, donné ce soir à la Maison de la Paix dans le même cadre du FIFDH, y répondra mieux?
     
    Mais, dira-t-on, en ce temps sans perspectives, sans autres convictions (oserais-je écrire foi?) que celle de la peur de mourir du réchauffement climatique ou de l'ingestion de nourriture non bio et sans frontières, qu'importe la motivation personnelle, c'est l'engagement qui compte. Sans doute. Mais pourquoi si peu s'engage et pourquoi s'engage-t-on si peu? Pourquoi certains frères humains s'engagent-ils dans des causes humanitaires beaucoup plus que d'autres, parfois au péril de leur vie et souvent de leur carrière? Qu'est-ce qui les motivent? 

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  • Pourquoi un rentier d'Onex paie deux fois plus qu'un rentier de Genthod?

    centimes additionnels 2019.jpgLa fiscalité des communes genevoises est digne des montres mécaniques à complications multiples que les ateliers genevois taillent dans l'or et le platine et sertissent de diamants pour en faire des compte-temps tout à fait obsolètes et anachroniques à l'heure où l'électronique bat au rythme du quartz ou de l'atome de césium (la seconde est égale à 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux hyperfins de l'état fondamental de l'atome de césium 133). 

    Mon journal préféré rappelle ce jour que sur le territoire cantonal genevois, plus petit que la commune de Bagne ou que celle de Davos, 45 municipalités taxent leurs contribuables fort différemment: de 25 centimes par francs d'impôt cantonal à Genthod et 51 centimes à Chancy, 50,5 ct à Onex. 

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  • Tu ne tueras pas

    lovey.jpgQui connaît encore les Dix commandements? Le sixième dit: Tu ne tueras pas. Plus clair tu meurs. L'ancien prieur du Grand Saint Bernard, devenu évêque de Sion, a donc raison de rappeler ce qui est sa foi (sa loi) et donc qu'il est interdit de tuer et donc de se tuer.

    Peut-il pour autant imposer sa foi/loi à la société des humains? Ce serait vouloir faire de la charia - chrétienne en l'occurrence, la loi de Dieu -, la seule Constitution des hommes. C'est évidemment cohérent aux yeux de Mgr Lovey et de bien d'autres avec lui. 

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