Droit, justice

  • Sainte Marguerite Bays, ora pro nobis!

    marguerite bays.jpgOra pro nobis! répond-on à l'énoncé du nom des saint.e.s prononcés en ce radieux dimanche 13 octobre à Rome. Deux des cinq humains ajoutés ce jour à la litanie des saints sortent du lot car ils nous sont plus connus et plus proches: un théologien anglican, John Newman, converti et devenu cardinal, et une ouvrière fribourgeoise, Marguerite Bays (et ). 

    Changement d'ère, comme disent les Verts, qui espèrent bien capitaliser dimanche prochain sur la peur du réchauffement climatique. Leur politique? Elle consistera à taxer le carbone, soit à adapter une méthode du marché pour renchérir les carburants à effet de serre, à planter des arbres, ce que la nature fait depuis sa création sur cette terre, à réintroduire un jour sans viande, qui ne sera pas le vendredi trop associé à l'église catholique, à lever des murs douaniers et normés entre les nations. Et quoi encore? A nous rebattre les oreilles de leur catéchisme culpabilisant du XXIe siècle? A sanctifier Greta?... 

    Ce jour, premier de la semaine, François a reconnu saints cinq frères et sœurs. Des modèles, des sages, des pieux, des simples, des engagés. C'est aussi dans le calendrier païen, la journée du hamburger...

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  • "Il n'y a pas de recrudescence du racisme"

    continent premier racisme .jpegGlisser sur une peau de banane, c'est une mauvaise plaisanterie. Jeter une banane à un Africain est un acte raciste. Tout comme imiter le cri du singe qu'on entend sur certains terrains de football. Et quand le public s'en vient à soutenir les hurleurs et non le joueur, le racisme éclate dans toute sa violence.

    Quand un policier suisse traite un Arabe dans le huis-clos d'un commissariat de cochon d'étranger, le juge ne considère pas l'insulte comme relevant de la norme antiraciste inscrite à l'art 261 bis de notre code pénal, lequel prescrit que l'injure ou l'incitation à la haine doit être publique...

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  • Genève en 2050... si

    geneve 2050.jpgChaque été, The Economist propose une série "The World if", bien loin des projections habituelles des futurologues, des scénarios envisageables à partir des données connues, bref une incursion dans ce chaos qu'un battement d'aile de papillon peut déclencher. Cette année, les hypothèses vont de si les Etats Unis quittait l'OTAN en 2024 à si les antibiotiques tombaient en panne en 2041, en passant par si la Chine et l'Amérique s'affontaient en mer de Chine, à si les robots prenaient tous les jobs en 2030.

    Les auteurs anonymes de Genève 2050 ont cherché à éviter le piège de la simple projection des courbes assises sur le passé. Leurs quatre scénarios relèvent donc un peu de "Genève si", sans toutefois identifier un élément déclencheur précis ouvrant une narration épique du futur. Voici leurs scénarios (page 39 du rapport):

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  • Voix d'Afrique à Plainpalais: blanche discordance

     

    2e gingembre gorgui ndoye 2019.jpg

    Ismaël Lo a envoûté la salle de Plainpalais hier soir, mais il n'était pas au programme du déluge de musique qui noie Genève depuis trois jours. Est-ce l'offre pléthorique qui fait la fête?

    Le chanteur sénégalais était invité par un de ses compatriotes, mon ami Gorgui Ndoye, un journaliste, correspondant au Palais des Nations, qui doit avoir un des carnets d'adresses le plus long de la profession. Hier soir, Gorgui, qui édite aussi continentpremier.com, un journal en ligne, virevoltait comme à son habitude. Non content de faire venir à Genève une vedette pour fêter dignement la Journée de l'Afrique (décalée du 25 mai en raison du ramadan).

    Et pas qu'en musique. Un débat a réuni une cinquantaine de participants autour de quelques intellectuels transcontinentaux sur le thème l'Afrique et l'ONU à l'occasion d'un deuxième Gingembre littéraire, lancé par le même Gorgui. Le premier, tenu le 1er mai à la salle Gandhi de la Maison des associations, avait davantage passionné. Le thème était plus chaud et évoquait le retour des oeuvres d'art africaines détenus dans les collections hors du continent premier. 

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  • C'est à elles de prendre leur place aujourd'hui

    temps modernes charlot.jpgDans ma bulle catholique où je suis née et suis encore un peu - un peu par flemme, un peu par foi, un peu par fidélité citoyenne (qu'est-ce qui fait que je suis Suisse et non Français, Israélien, Javanais ou Indien: mon lieu de naissance, mes parents, quoi d'autres...?)... Dans ma bulle catholique donc, on chante à l'Ascension (quand le Christ monte au ciel et ouvre ainsi sur terre un nouvel espace de liberté et de créativité, un existentialisme face au déterminisme ou à la prédestination...), on chante ce chant mélodieux: "C'est à nous de prendre sa place aujourd'hui...".

    Aujourd'hui, c'est à elles, les femmes, de prendre toute leur place (y compris dans l'église catholique)... Et c'est moins facile que de faire une grève politique, qui fait éclater l'inégalité non pas de genre mais de statut, entre les travailleurs protégés et les autres.

     

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  • Paul, un radicalisé déradicalisé?

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    "La Bible, un livre violent ?" Oui, dit Vincent Schmid, ancien pasteur de la cathédrale de Genève, dans son dernier blog, en écho aux attentats djihadistes et - mais Schmid ne le cite pas - à la thèse polémique d'un "islam conquérant", exposée dans un essai contesté du pasteur vaudois Shafique Keshavjee.

    Un homme violent peut-il changer? Oui, répond Schmid. Exemple: Paul de Tarse.

    L’apôtre était-il un radicalisé qui aurait été déradicalisé? Qui l'a remis sur le droit chemin? Comment? A-t-il suivi un cours de déradicalisation imaginé par un Gérald Bronner de l'époque?

     

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  • Un évêque à Genève. Acte V?

    pascal-desthieux-2-800x450.jpgEn prélude au 200e anniversaire du rattachement, en 1819, de l'évêché de Genève à celui de Lausanne et Fribourg, le vicaire Pascal Desthieux a brossé, à Notre Dame de Genève, en guise de 4e conférence de Carême et à grandes enjambées, l'histoire de l'évêché qui a uni, durant plus de mille ans, les chrétiens de Genève et ceux de Savoie. Ses évêques ont ensuite trouvé refuge à Annecy jusqu’en 1801, chassés par la Réforme  - "adoptée par Genève pour éteindre la dette due à leurs Excellences de Berne venue soutenir la ville contre l'impérialisme savoyard". Durant les 200 dernières années dans le giron suisse, les catholiques genevois, majoritaire dans le canton depuis 1860, ont assisté à quatre tentatives de reconstitution d'un évêché de plein droit. En vain.

    Faut-il rétablir un évêché à Genève? L'abbé Desthieux n'a répondu à la question qu'au terme d'un récit d'une heure, assez morne et qui a prudemment écarté les questions qui fâchent, les manquements de l'église de Rome, la nature propre d'un évêque, l’œcuménisme ou les peurs irrationnelles qu'alimentent aujourd'hui l'hypothétique irruption d'un califat islamiste en Europe ou le réchauffement climatique. Pas un mot sur la laïcité. Pas davantage sur l'athéisme pragmatique ou l'agnosticisme qui dominent désormais notre société libérale avancée, policée, multiculturelle et émiettée.  

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  • Le troisième combattant

    comite international emblème.jpgMais qu'est-ce qui les pousse à s'engager au coeur de la guerre, dans des causes apparemment perdues ces délégués du CICR, ces engagés de la coopération au développement, ces sans-frontiéristes de tout poil: médecins, infirmiers, ingénieursagronomes, pompiers, charpentiers... Le film de Romain Guélat et Jean-François BergerDocteur Junod, le troisième combattant, présenté hier soir à l'Alhambra - ne répond pas vraiment à la question. Est-ce que Survivor, donné ce soir à la Maison de la Paix dans le même cadre du FIFDH, y répondra mieux?
     
    Mais, dira-t-on, en ce temps sans perspectives, sans autres convictions (oserais-je écrire foi?) que celle de la peur de mourir du réchauffement climatique ou de l'ingestion de nourriture non bio et sans frontières, qu'importe la motivation personnelle, c'est l'engagement qui compte. Sans doute. Mais pourquoi si peu s'engage et pourquoi s'engage-t-on si peu? Pourquoi certains frères humains s'engagent-ils dans des causes humanitaires beaucoup plus que d'autres, parfois au péril de leur vie et souvent de leur carrière? Qu'est-ce qui les motivent? 

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