Constitution

  • Petit tour du nouveau système D genevois

    Bible prestation serment 2013.jpgNaguère tout le monde savait ce qu'était le DTP*, un grand département du gouvernement de Genève, piloté longtemps par de grands conseillers d'Etat, dont le dernier fut Christian Grobet. Ils s'appliquaient à concevoir et à défendre des politiques plutôt qu'à rebaptiser leur fief .

    En avant-première du discours de Saint Pierre (ce terme désigne la cathédrale rendu le temps d'une prestation de serment à un usage laïc et non notre nouveau président durable), à la veille du 1er juin, passons vite en revue quelques politiques que pourrait lancer le nouveau système D(épartemental) de notre chère République, de notre Canton suisse, du cœur ouvrier du Grand Genève, de la vice-capitale du monde... 

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  • Un grand coup de sac pour un Etat Verts PLR

    maudet smartvote.jpgSi vous n'êtes pas doué dans les permutations, oubliez!

    Le magistral coup de sac qu'opère une fois de plus le Conseil d'Etat genevois dans la distribution des rôles fait apparaître un super-président, Pierre Maudet, qui demeure patron de la Police (et d'une bonne part de l'Economie) et devient celui du Grand Genève (et d'une ribambelle d'autres dossiers en direct ou via la Chancellerie). [En vignette son profil Smartvote]

    Il sera flanqué d'une nouvelle ministre des Finances, Nathalie Fontanet, novice comme son prédécesseur, donc à ses ordres et à ceux des banquiers et de la Fédération de l'économie romande Genève, et d'un ministre du Territoire, son copain Antonio Hodgers, qui lui cède le Grand Genève et gagne l'environnement et l'agriculture. C'est le retour de Cramer (sans Cramer, qui, lui, cumulait la tutelle sur les travaux publics et avait su bâtir le projet d'agglo franco-valdo genevois* avec les maires alors socialistes et Verts des municipalités françaises Annemasse, Saint-Julien, Saint Genis, Ferney). Pas sûr qu'Antonio lève aussi bien le coude que Robert - le conseiller aux Etat y a gagné la présidence de l'Interprofession de la vigne et du vin.

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  • Maudet peut-il être président?

    tour baudet off.jpgArt. 105 de la Constitution genevoise: Collégialité et présidence 
    1 Le Conseil d’Etat est une autorité collégiale. 
    2 Il désigne parmi ses membres une présidente ou un président pour la durée de la législature. 

    Donc si les trois élus de gauche refusent de donner la présidence à Pierre Maudet et que les trois de droite votent pour lui, dont lui, c'est bien Mauro Poggia qui fera le prince. A moins qu'Antonio Hodgers, vieux copain de Pierre, ne fasse jouer ses amitiés orientales. 

    Qui aurait imaginé une telle Genferei, ourdie bien avant les élections et qu'un journaliste au moins connaissait, depuis le début peut-être en automne 2015, puisque, lit-on, c'est son enquête qui a alimenté le rapport d'un policier (le président sortant du syndicat des inspecteurs) remis au procureur général en été 2017, lequel a ouvert une enquête contre X?

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  • Un grand ministère de l'Economie et des Finances?

    Maudet chemise blanche frautschi.jpgLe voisin vaudois, Pascal Broulis, a réussi à réduire, en sept ans, la dette vaudoise de 7 milliards à presque rien, à réaliser le projet de réévaluation des fonctions des fonctionnaires (le même projet Score qui traîne à Genève depuis que David Hiler l'a lancé il y a sept ans avec le même consultant...) à sauver la Banque cantonale (sans cadeaux fiscaux contrairement à Genève), à refinancer la Caisse de retraite des fonctionnaires, à faire adopter, avec son collègue PYM, RIE III (et à l'appliquer dès le 1er janvier 2019) et, grosse cerise sur le gâteau, à partager avec les communes vaudoises la moité de la facture sociale, qui ne cesse d'augmenter dans nos cantons en raison du vieillissement de la population et du décrochage de trop de jeunes et d'adultes du train économique qui ne cesse d'accélérer.

    A cette aune, les défis pour le futur président Pierre Maudet, le nouveau gouvernement et le nouveau parlement sortis des urnes le 15 avril et le 6 mai  sont considérables. 

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  • A Genève, un gouvernement mi-mi pour des défis 4.0

    Maudet et deux agents municipaux.jpgOn a connu le monocolore, le ni-ni, le à hue et à dia, nous aurons pour le prochain quinquennat le gouvernement mi-mi: mi-gauche, mi-droite. La balle au centre et l'arbitrage à Poggia?

    Mimi aussi car, le sans diplôme renvoyé, le gouvernement genevois apparaît très homogène, trop peut-être. Franchement, y a-t-il dans ce gouvernement des vraies divergences politiques? Entre un Maudet qui tend la main au sans papier avec Papyrus, un Hodgers qui densifie, une Emery Torracinta qui inclue, un Dal Busco naturellement au centre, qui va détonner? La libérale Fontanet classée la plus à droite? On en doute.

    Le sacrifice de Luc sur l'autel de la démocratie et l'accession d'un deuxième socialiste, c'est une chance pour Genève de retrouver les accords politiques nécessaires pour faire passer la réforme fiscale des entreprises, la modernisation de la fonction publique (caisse de pension, statut et grille des fonctions) et tenir le budget.

    Maudet va donc reprendre la Chancellerie et devra trouver un.e nouvel.le chancelier.e. Pour quoi faire? Et quoi d'autres? Que va-t-il garder de son ancien département? Sûrement pas la sécurité. 

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  • Et maintenant le Discours de Saint-Pierre

    131210_Prestation_Serment_38.jpg"Il y a 200 ans, Genève a choisi la Suisse... Mais Genève n'a pas choisi sa frontière. La vraie frontière de Genève, celle que la nature avait dessinée avant que la politique ne se mêle de géographie, c'est le Salève et le Jura." Ainsi commençait le discours de Saint-Pierre prononcé le 10 décembre 2013 par François Longchamp, premier président du gouvernement durable de la République et Canton de Genève. Ainsi qu'en avaient décidé les 80 constituants, pensant donner aux institutions une sinon une figure tutélaire du moins un homme à la barre.

    C'était oublier que la démocratie directe qui caractérise la gouvernance en Suisse et à Genève coupe vite la tête des Exécutifs. Une forme de révolution permanente, pourrait-on remarquer en ce 200e anniversaire de la naissance de Marx, gage d'une politique mesurée, équilibrée, mais aussi un peu frustrante*. 

    Que sera le Discours de Saint-Pierre du 31 mai 2018? Et qui le prononcera?

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  • Un nouveau Grand Conseil à Genève?

    pive.jpgDans moins d'une semaine, la composition du Grand Conseil de la République et Canton de Genève, le deuxième de l'ère de la Constitution de 2012, sera connue. Bien malin qui peut en deviner la couleur, bien audacieux qui ose un pronostic. 

    Une seule chose est certaine: le Grand Conseil genevois est depuis des lustres champion suisse de la langue bien pendue. Le prochain ne risque hélas pas de perdre ce trophée. La dernière session a été  presque entièrement consacrée à coudre une modeste loi sur la laïcité sans arriver à terme. Il n'y a pas une session qui ne s'ouvre sans un bouleversement de l'ordre du jour en raison des points urgents que le Conseil d'Etat réclament ou des délais de traitement qui sont dépassés. 

    L'efficacité du Grand Conseil genevois est médiocre. Qui en a fait le bilan? A-t-on entendu des nostra culpa?

    Faut-il balayer tous les députés sortants? Est-on bien sûr qu'un parlement 100% neuf ne sera pas très vite englué dans les mêmes travers?

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  • Serge Dal Busco sera le prochain président du Conseil d'Etat

    Dal Busco lisant budget keystone.jpgSerge Dal Busco sera le prochain président du Conseil d'Etat. La décision définitive dépendra bien sûr du résultat des élections le 6 mai prochain. Cependant, nous avons surpris une conversation hier sur le marché de Carouge où quatre des cinq candidats de l'Entente genevoise harponnaient gentiment les chalands de ce lieu... un brin d'herbe bobo.

    Luc, qui s'est fait une gueule de sénateur à la suite de sa dernière diète (il a perdu 14 kg tout de même), Nathalie, qui ne détonait pas du côté des acheteurs, Alexandre, une allure de Harry Potter monté en graine qui avait oublié son cabas, et Serge qu'on a trouvé plus serein et souriant que d'ordinaire (c'est dire). Manquait Maudet. Comme d'hab. Celui qui n'a pas besoin de faire campagne snobe le macadam. La petite troupe était venue de Plainpalais à pied. Elle passait presqu'inaperçue; heureusement que le député Forni avait revêtu son ciré orange,

    Bref, voici la nouvelle: Si les PLR retrouvent leur lustre d'antan et placent leurs trois candidats au Conseil d'Etat, ce qu'ils espèrent (et pour autant que la justice retoque les recours pour bulletins préremplis - il paraît que Longchamp s'est dit prêt à rempiler pour trois ou six mois au cas où...), ils redoutent néanmoins de devoir assumer toutes les cacades de la prochaines législature, si, en plus, il assume la présidence. Or, Maudet, l'absent, ne se voit pas second. Second président durable s'entend. Il ne peut être que premier. Et puis il a les yeux désormais braqués sur Berne. Il est perçu aussi comme trop cassant, trop solitaire, trop dominant, en un mot l'exact contraire du président Longchamp...

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