Blogosphère genevoise

  • L'école est finie, les cahiers au feu!

    Je suis avec curiosité le live de ma consœur Marianne, presque trentenaire, au Royaume du web où les kids sont seigneurs et esclaves de leurs idoles. Comme les yéyés dans les années 60, les dicos plus tard, les rapeurs, les rockeurs, les valseurs, bref tout se qui fait, a fait, fera pschitt, pouet-pouet, bling, buzz le temps d'un temps.

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  • Sacré Poggia, il a la santé!

    160426_Poggia_Mauro_01.jpgLa com consiste à faire du bruit pour détourner l'attention sur les sujets qui fâchent. Mauro Poggia n'est pas le moins doué en la matière. Hier sur son blog, il a accusé Berne de puiser dans les primes maladie genevoises pour alimenter les caisses des autres cantons. Ce matin, à la toute fin de l'entretien que le magistrat MCG a accordé à La Tribune de Genève, on lit cette vérité, qui n'est évidemment pas toute la vérité sur la nébuleuse de la santé:

    "Oui. Genève a un hôpital universitaire, où les salaires sont 10 à 15% supérieurs à ceux des autres cantons et une densité médicale qui incite à la consommation. C’est clairement l’ambulatoire – en cabinet privé et à l’hôpital – qui fait grimper les coûts." (Lire ci-dessous la déclaration de Maillard *)

    Plus facile d'attaquer Berne que de balayer devant sa porte. Qu'attend M. Poggia pour aligner les coûts de la santé par habitant à Genève sur ceux de Zurich ou du Canton de Vaud, dont les habitants, que je sache, ne sont pas en moins bonne santé que les Genevois?

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  • J'ai rencontré Topo

    topo.jpgLe hasard est toujours étrange. C'est ainsi que, quelques heures après avoir publié mon dernier billet qui s’interrogeait sur les capacités des sciences politiques à améliorer le fonction des démocraties - le pire des systèmes politiques à l'exception de tous les autres déjà essayés dans le passé, selon le mot de Churchill - j'ai rencontré Topo.

    Topolitique.ch, pour être exact, se présente ainsi: Topo est depuis 2013 le média étudiant de Science politique de l’Université de Genève. Il est réalisé par des étudiants qui cherchent à développer un sens critique dans un environnement pluriel et contradictoire, sans utiliser de jargon.

    Belle ambition!

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  • "Combien de bits dans un octet?"

    image.jpegJ'ai posé l'excellente question, qui ouvre le dossier de L'Hebdo cette semaine sur la culture numérique en Suisse romande, à un de mes jeunes collègues: "Combien de bits dans un octet?" Il s'est gratté la tête et m'a sorti une FALSE réponse. Et a paru tout surpris quand je lui ai dit qu'un octet est une suite de huit 1 et 0 qui, arrangés différemment, permet d'exprimer nos lettres et nos chiffres à nous, bref de faire du parler binaire notre lingua Franca d'aujourd'hui. C'est un codage, comme le Morse. Mais est-ce bien nécessaire de le savoir? L'Hebdo l'affirme: l'école romande est une fabrique d'analphabètes numériques. So what!

    Faut-il apprendre et comprendre la mécanique pour conduire une voiture? Faut-il apprendre et comprendre la génétique pour ingurgiter les dernières thérapies? Faut-il apprendre et comprendre l'intelligence artificielle pour utiliser un traducteur automatique ou scanner la myriade de données que l'Etat détient et d'autres données plus riches que Facebook, Google, Snapchat et d'autres détiennent sur les élèves d'une école et dépister les signes prémonitoires d'un décrochage de l'un ou l'autre? Des alertes avancées que les responsables pourront exploiter en enclenchant la stratégie socio-pédagogique idoine qui permettra d'en raccrocher quelques'un à temps, générant ainsi un profit considérable pour eux, leur famille et la société? 

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  • La fin des journalistes?

    yann guégan.jpgUn collègue m'a signalé un blog de Yann Guégan intitulé: L’urgence pour les rédactions ? Arrêter d’embaucher des journalistes ! Sa collecte printanière au colloque de Perugia. Un billet bien fouillé et plein de références (combien de références dans les papiers que nous mettons en ligne en moyenne, lui ai-je demandé).

    Je ne connais pas Yann Guégan, mais j'en ai croisé quelques-uns dans ma carrière de ces consultants qui ont le verbe facile, la souris agile, le surf buzzique. Ils vous en mettent plein les yeux et instillent une petite musique qui vous fait penser que vous et vos collègues êtes passablement largué, que votre entreprise est au bord de la centrifugeuse loin de ces modes d'expression tous plus smart les unes que les autres, censés capter l'audience, autant dire le graal. De la qualité de l'info citoyenne, il n'est que rarement question.

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  • L'arabe comme seconde ou troisième langue!

    image.jpegChaque jour, je lis les blogs édités sur le site de la Tribune. Parfois je m'en vais butiner dans d'autres prairies. J'y trouve toujours des fleurs, des fruits savoureux, des réflexions que je partage, d'autres qui m'interpellent, d'autres encore qui me choquent et que j'essaie de comprendre. Sur Facebook, on trouve aussi des propos stimulants, noyées dans beaucoup de banalités. Tweeter alerte et pousse les portes de l'Internet qui sont innombrables. 

    Parmi les blogs de la Tribune, j'aime en particulier celui de Rémi Mogenet. Enseignant et poète dans la vallée verte, il me fait découvrir ce que l'école genevoise m'a toujours caché, la littérature savoyarde, ses sources mystiques et mythiques, ses légendes, bref tout un monde fabuleux, qu'il présente souvent en c'ontre-point au rationalisme parisien régnant. 

    Son dernier billet met ce rationalisme au défi. Celui d'introduire l'apprentissage de la langue arabe dans l'enseignement général. Je trouve cette proposition admirable. Elle serait une formidable main tendue au monde méditerranéen et moyen oriental qui nous effraie tant.

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  • Migration/refuge à l'heure du dîner

    migrants en hongrie.jpgCombien d'images avons-nous déjà vu et allons-nous voir encore à l'heure du dîner sur l'exode des migrants/réfugiés vers la terre non promise?

    Les journalistes font leur boulot (L'introduction du débat ce soir sur Infrarouge, renvoyé en seconde partie de soirée, n'évite pas le piège du pathos ni un plateau déséquilibré). Les garde-frontière font le leur.

    Les politiciens? Facile de leur tirer dessus. Chacun est partagé entre l'élan humanitaire et le repli défensif. La chaîne du bonheur repart à la quête philanthropique très XIXe. L'argent qu'elle collecte est sans doute utilisé à bon escient. Mais, en l'occurrence, je ne crois pas que ce soit son rôle. Le problème n'est pas une question d'argent, c'est une question politique d'ouverture et de mobilisation.  

    Personne n'a de solutions simples. Normal il n'y en a pas. L'Europe et la Suisse peuvent sans doute accueillir quelques centaines de milliers de migrants en plus. Elles n'ont d'ailleurs pas le choix. Au fait, combien y a-t-il d'abris de protection civile en Suisse. Et combien de temps étions-nous sensés y passer en cas d'attaque thermonucléaires des rouges?

    Parmi toutes les images, celle qu'a retenue The Economist me bouleverse plus que les autres. Elle montre la pression éperdue des migrants et le cordon qui se déchire des militaires. La vague des malheureux phagocyte littéralement les uniformes, tandis que deux enfants choqués s'échappent. Que seront-ils dans vingt ans? Et nous?

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  • La Suisse (et l'Europe) a du pétrole, mais pas d'idées. Tant pis pour elle!

    image.jpgLa France n'a pas de pétrole, mais elle a des idées. Qui se souvient de ce slogan popularisé sous le moderne Giscard d'Estaing, un président à particule, dont on a pas su a l'époque s'il avait délaissé son Anémone... C'était au lendemain des chocs pétroliers, quand la Suisse avait expérimenté des dimanches sans voitures et sans lendemains. 

    Ces jours, le Valais s'inquiète de la disparition de la raffinerie de Monthey. Des emplois, un savoir faire sont perdus et une friche industrielle risque de demeurer là aussi longtemps que les installations des puits de mine de charbon fermés dans le nord. 

    Le gouvernement valaisan, qui a longtemps relayé les protestations des riverains contre la pollution de l'usine, cherche un repreneur. Pourtant, juste au-dessous de Monthey, dorment des millions de tonnes de gaz de schiste. Pourquoi n'en concède-t-il pas l'exploitation à quelques entreprises soucieuses de démontrer qu'on peut extraire cette ressource sans trop de dégâts collatéraux? Le Valais, si fier de sa houille blanche, pourrait devenir le champion de la houille brune et relancer une industrie pétrochimique dans la haute vallée du Rhône.

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