Urbanisme, urbanité - Page 5

  • Paris, gare de Lyon

    IMG_0705.JPGJadis, ma grand-mère Camille prenait le train à Archamps, quand, une fois l'an, elle se rendait à Paris visiter un lointain cousin (inventeur de quelques véhicules à chenilles qui menèrent Paul-Emile Victor aux pôles, racontait le cousin, que j'imaginais en Tartarin de Tarascon avec son chapeau décoré d'une plume). Nous sommes partis de Saint-Julien, avons attrapé le TGV de Genève à Belgrade. Trois heures après, nous étions à la Gare de Lyon, où demeurent l'incontournable Train Bleu.

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  • Au commencement était le commérage

    IMG_3374.PNGDans Sapiens, une brève histoire de l'humanité, Yuval Noah Harari explique comment nous dominons la terre et tout ce qui pousse, nage, rampe, vole dans ce qui ne fut jamais un paradis.

    Le paradis, les dieux, ses saints et serviteurs sont (scientifiquement?) le fruit de notre imagination, laquelle a aussi engendré Peugeot et Google, l'empire romain, le mythe impérial japonais et la démocratie suisse, des constructions intellectuelles, des mythes qui font marcher les humains, assurent la cohésion des nations et des entreprises et qui peuvent être reprogrammés sans réclamer une mutation génétique, qui prend toujours des millénaires à survenir, ce hard codage ne pouvant plus être ensuite modifié que par une nouvelle mutation hasardeuse... 

    Bref, les reformulation de Harari sont stimulantes, même si ce n'est pas toujours très nouveaux et que la ou les surprenantes mutations qui ont produit sapiens dans la lignée homo restent un mystère complet, une explication trop simple, trop darwinienne, un peu comme ces maladies que les toubibs mettent au compte d'un ou de virus. Rebref, Harari n'explique pas pourquoi Neandertal a disparu mais pas les chimpanzés ou les bonobos.

    J'ai même trouvé une définition rigolote des journalistes, une espèces en voie de disparition. 

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  • SDA: la cité satellite de Bernex est une erreur

    berenex cite nouvelle carte.jpgVoilà bientôt 50 ans que Genève n'a pas construit de cités satellites. Les Meyrin, Onex, Vernier, Le Lignon, c'était les années 50 et 60, des cités à la campagne, séparées des villages qui leur ont donné leur nom. Je parle évidemment du micro-territoire genevois, celui sur lequel nos très nombreux élus (plus de mille avec les municipaux pour un territoire plus petit que Paris) ont un peu de pouvoir. Au-delà de la frontières, nos voisins, français mais aussi vaudois, ont étendu les villages et les bourgades sans considération de la terre agricole.

    De ce côté-ci, le syndrome du hérisson et de l'écureuil ont créé le concept des SDA, les surfaces d'assolement, des terres que la poignée de paysans encore en vie doit pouvoir labourer, ensemencer de blé et planter de patates, en cas de crise alimentaire.

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  • Cornavin: les millions de l'erreur originelle du CEVA

    ceva rade agglo fvg.pngQui se souvient qu'en juin 2002, par une journée caniculaire annonciatrice de vacances, le Grand Conseil genevois vota la loi 8719, qui ouvrait un crédit de 400,8 millions? C'était la part cantonale pour la construction du raccordement ferroviaire entre La Praille et les Eaux-Vives et l'adaptation des voies existantes entre Cornavin et la frontière suisse vers Annemasse, un chantier, le CEVA, devisé alors à 941 millions?

    Sept ans plus tard, alors qu'aucun travaux n'avaient réellement été engagés, la facture genevoise s'allongea de 113 millions, officiellement en raison du renchérissement et de quelques adaptations de sécurité, que les nombreuses études préalables n'avaient pas dépistés... Le devis total avait bondi de 941 à 1,45 milliard: + 50,4%!

    Jeudi 23 septembre 2016, le Grand Conseil a voté la loi 11912, qui ouvre un crédit de 425 millions de francs pour créer deux voies sous l'actuelle gare de Cornavin, un ouvrage, pompeusement baptisé noeud ferroviaire de Genève, devisé à 1,65 milliard de francs. Ce crédit couvre-t-il tout ou, comme celui de 2002, va-t-on au-devant d'une grosse rallonge, juste avant l'ouverture du chantier prévue en 2024?

    Et ce n'est pas fini, car le noeud n'est pas complet. En effet, ni le tracé du CEVA conçu au XIXe siècle et copié-collé tel quel en 2002 ni le nouveau crédit ne supprime le cul de sac de Cointrin

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  • Le Jeûne fédéral et la fin de l'humanisme

    IMG_3279.PNGJ'ai regardé un peu par hasard et quelques minutes le film Elysium, une science-fiction où les élites se sont réfugiées sur une île artificielle, une énorme station spatiale en forme de roue dont la rotation assure à ses heureux habitants un succédané d'attraction.

    De la terre surpeuplée, vaste bidonville dont les usines tout droit sorties de l'âge de la vapeur fabriquent les robots qui tiennent les foules en respect, on voit ce paradis. Des boites à bronzer installées dans des biotechnocliniques arborées y remettent sur pied en un rien de temps les humains malades, cassés ou simplement vieux. Les terriens rêvent évidemment d'accéder à ce "paradis". On y monte avec des véhicules spatiaux genre 4x4 à réaction qui auraient un million de kilomètres au compteur et que le gouvernement central tire à vue comme des lapins.

    Je ne pensais pas, en ce matin du Jeûne fédéral, apprendre que ce meilleur des mondes est le monde qui nous attend parce que nous vivrions la fin de l'humanisme, cette foi en l'être humain et au libre arbitre si cher aux lumières et aux libéraux, qui cependant se meurt sous nos yeux.

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  • C'est difficile de faire la fête de Genève

    Étrange ambiance, samedi soir, à la sortie du feu d'artifice du désormais Geneva Lake Festival. Une fois la dernière fusée éclatée dans un tonnerre de crépitements assourdissants, le jet d'eau s'est effondré. Il avait majestueusement ponctué le dernier quart d'heure des tirs bien rythmés et plutôt poétiques du Français Berthonneau. Il n'a pas réapparu laissant la rade dans une nuit d'urgence, celle des feux bleus des vedettes de la police.

    La foule a poliment applaudi. Sans manifester ni effusion ni émotion ni fraternisation. Genève est une cité hors sol, davantage encore en plein été. Le monde s'y cotoie sans s'embrasser. Elle s'est calmement fondu dans les rues. Le quai du Mont-Blanc était bondé, mais il n'y avait rien à y faire. Aucun bal populaire.

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  • Le Gothard et la traversée du lac

    Au soir du grand soir quand nos trois grands voisins s'eurent dûment inclinés devant l'exploit du Gothard, creusé pour 24 milliards de francs suisses avec les mains et les corps d'ouvriers européens, la RTS nous livra un débriefing infrarouge, habiles redites nécessaires sans doute à l'unité du pays. Solari chanta son Tessin dont le gouvernement est dominé par des hommes de la Lega, Béguin entonna l'hymne ferroviaire de circonstance, tous les invités dirent combien le couloir européen qui relie Gêne à Rotterdam, en faisant gagner six jours aux navires venant de Chine et de cet extrême orient laborieux.

     

    Enfin Adolf, Dolfi pour les intime, au mieux de sa forme, retrouva les trémolos montagnards qu'on entend dans les Mannerchor, pour dire et redire formidable, le clou du show étant ce moment où il a emmené le ministre belge frôler une arrête noire de l'Eiger, demande au pilote de balancer son appareil et obtient le soutien du ministre pour les nouvelles traversées alpines, le Lötschberg et le Gothard. Formidable! En contrepoint, le Shrek de circonstance, l'ancien syndic de Lausanne, qui avait apporté de l'eau au moulin des Zurichois, pour qui un seul tunnel au Gothard, leur Gothard aurait suffi, rappela un peu penaud que son non signifiait un oui à la brouette d'Echallens, devenue REV, réseau express vaudois.

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  • Small n'est pas toujours formidable

    lhasa chengdu.jpgFormidable! Une exclamation que ma génération associe à Adolf Ogi, ministre UDC, bonhomme et populaire, dont les vœux annonçaient une ère nouvelle grâce au tunnel du Lotschberg 2.0. Rien de virtuel dans ce trou minuscule au regard de la masse rocheuse qu'il transperce.

     

    Voilà que les Suisses font crier formidable ces prochaines semaines quand le tunnel de base du Gothard, masse alpine autrement plus symbolique, sera gommée par ce qui restera quelque temps le plus long ouvrage du monde.

     

    A l'autre bout de la planète, la puissance qui s'éveille étale sa puissance formidable, bâtit des barrages, des ports, des villes, des lignes de chemin de fer dont près de 5000 km de TGV. A marche forcée.

     

    J'apprends dans The Economist que Pékin va doubler la mise au Tibet. Le haut plateau est déjà relié par le nord au réseau de TGV chinois, voilà qu'une nouvelle ligne est en passe de relier Lhasa à Chengdu, 1600 kilomètres à l'est. Une région que l'hebdomadaire anglais persille de points bleus et orange autant de coins perdus, où des hommes protestent au point de s'immoler par le feu contre l'emprise de l'empire.

     

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