Région - Page 4

  • 44 tonnes d'or

    Dans le journalisme, il est toujours difficile d'illustrer les grands nombres, d'offrir aux lecteurs des images évocatrices et pertinentes. Ainsi dans l'histoire de l'or qu'on n'a hélas pas (encore?) découvert dans le tunnel de Champel, l'image du lingot s'est imposée soudain. Un sacré lingot!
    Que représente le 1,6 milliard du CEVA? Près de trois années d'investissements de l'Etat de Genève, la moitié du prix des 22 Gripen suédois, de quoi connecter tous les élèves suisses avec une tablette (voir ma note précédente). 1,6 milliard, c'est aussi un peu plus de deux mètres cubes d'or, soit 44 tonnes du métal jaune... Et le surcoût? Devra-t-on ajouter un mètre cube pour régler la facture?

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  • Poggia doit rire sous cape

    Qui peut croire que les 21 mois de travaux supplémentaires qu'annoncent les CFF et l'Etat de Genève ne va pas coûter un sous de plus aux contribuables?

    Que le percement des 45 km du tunnel ferroviaire du Gothard ait réservé quelques surprises est chose naturelle, mais que le forage de la moraine de Champel, quelques dizaines de mètres sous la surface du plateau, rallonge de moitié le temps de réalisation de l'ouvrage laisse pantois.

    Combien a-t-on dépensé en études avant de donner le premier coup de pioche? N' y a-t-il donc aucun responsable de ce retard, aucun ingénieur, aucune entreprise, aucune administration? Seule la fatalité et la malchance? Si au moins on avait trouvé quelques paillettes d'or à l'avant de la promenade des orpailleurs ou quelques schistes bitumineux dont l'exploitation aurait couvert les frais du forage. Mais non, tout ça, c'est la faute à la molasse.

    Les opposants, Mauro Poggia en tête, avaient évalué le coût du chantier à près de deux milliards. Combien a-t-on déjà dépensé? L'Etat ferait bien d'afficher un peu plus de transparence, histoire de ne pas se trouver surpris dans quelques mois.

    Quant au retard initial du chantier, il faut rappeler qu'il est bien davantage dû à la mise en conformité du projet aux quelque 350 réserves qu'avaient soulevées les autorités fédérales qu'à la résistance de quelques Champelois.

  • Un blogueur en tête à Saint-Julien

    Le centriste Antoine Vielliard est en passe de réussir son marathon politique. Avec 46,3% des suffrages, le conseiller général sort largement en tête du premier tour de l'élection municipale à Saint-Julien en Genevois, reléguant en troisième position le dauphin, Michel de Smedt, désigné par le maire socialiste sortant Jean-Michel Thénard. Il n'obtient que 26,7% des voix, juste derrière l'UMP Pierre Brunet 27%. Le deuxième tour sera serré. Vielliard a de sérieuses chances d'être le prochain maire. A noter que le Haut-Savoyard publie un blog* sur le forum de la Tribune de Genève où il reproche régulièrement à Genève de manquer à ses promesses.

    A Archamps, commune dont je suis le voisin immédiat, les jeux sont faits. Le maire sortant Bernard Jouvenoz a pris une veste. Sa liste, qu'il avait eu de la peine à constituer en raison de la règle chabadabada, du nom que les Français ont donné à l'obligation d'alterner une candidature féminine et masculine pour assurer l'élection des femmes dans les 36'000 municipalités de France, ne recueille que 29% des voix. Xavier Pin (UDI) emporte 15 des 19 sièges du Conseil municipal avec 55,76% des suffrages, ainsi le veut la loi électorale française qui donne une très grosse prime à la liste qui sort en tête et luis assure durant six ans de gérer sans grande opposition.

    A Saint-Julien comme à Archamps, c'est un coup de frein à la croissance débridée et au bétonnage que les électeurs ont voulu donner. Les maires sortants font les frais de l'incapacité du canton de Genève à bâtir les 2500 logements par an que ses autorités s'étaient engagées à sortir de terre en signant le projet d'agglo en 2007 et la convention du Grand Genève en 2012!

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  • Municipales 2014: mes voisins vont-ils changer de maire?

    La France est entrée dans le silence qui précède le rituel républicain de l'élection, en l'occurrence le premier tour des élections des conseils municipaux des quelque 36000 communes de France. La France, comme la Suisse, est un paquet de confettis politiques où la majeure partie des municipalités sont petites, voire minuscules. Il n'y a pas que la météo qui est soudain d'humeurs gibouleuses, bien des maires, des dauphins legitimes ou autoproclamés doivent se demander qu'elle bourrasque va, demain ou dans quinze jours, les installer dans le fauteuil du pouvoir municipal jusqu'en 2020 ou les emporter.

    Et mes voisins immédiats? Quel sort les électeurs, dans l'anonymat des urnes, vont ils leur réserver? Les maires voisins, ceux de Collonge sous Salève, d'Archamp, de Saint-Julien, de Bosset, de Beaumont, d'où mes aieux sont descendus au milieu du XIXe siècle en quête de travail, je les connais à peine. Je les ai rencontrés une fois ou deux. Comme la plupart de leurs collègues du Grand Genève, ils gèrent autant que faire se peu des communes que bouleverse la croissance échevelée de la région.

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  • 500 mètres de ville en plus: trop tôt, trop tard!

    500 mètres de ville en plus s'invite - maladroitement - dans le débat du 9 février sur la densification des zones de développement, ces zones que les urbanistes des années 30 à 50 ont dessinées autour de la vile de Genève et de quelques villages, prévoyant d'un avenir et d'une croissance qu'on ne craignait pas alors.

    500 mètres de ville en plus a toujours milité pour un pont routier et ferroviaire au-dessus de la rade, un projet très actuel. Il pourrait devenir un contre-projet à l'initiative UDC qui elle veut un tunnel entre le quai Wilson et le Port-Noir. Il s'inscrit un peu en amont de cet axe, bien plus près de la Ville que la traversée du lac entre le Vengeron et Collonge-Bellerive, que le TCS soutient désormais, lui qui a longtemps milité pour le tunnel ressuscité par l'UDC. Le Grand Conseil genevois doit décider s'il lui oppose un contreprojet auquel cas la commission aura encore un an pour en définir les contours.

    Pas sûr que le pont de fer de 500mdv+ contribue à la sérénité des débats... Une fois encore, la coalition des non, des décroissants, des muséophiles va l'emporter, au grand bonheur de tous les mikados qui peuplent notre parlement et qui ne représentent plus que 60% des habitants de Genève - les autres sont privés des droits civiques - et moins de 50% de ceux qui y travaillent...

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  • La mort de Martine à la ferme

    temps presents.jpgL'Union suisse des paysans*, la Migros, la Coop, Lidl, toutes ses entreprises qui nous veulent du bien répètent en boucle la même image de la paysannerie suisse, celle de Heidi, de Barry et de Jean, de Martine à la ferme. Point d'odeur, point de bruit de cloche ou de rugissement des machines, au contraire: des pépiements d'oiseaux, de vertes prairies, des potagers gras et généreux, des animaux propres comme des peluches, des poules qui ont le sourire aux dents comme disait ma grand-mère Camille.

    Patatras! Voilà qu'une bande de journalistes s'en va traîner ses baskets et ses caméras dans les arrières-cours et ramènent un reportage qui fait froid dans le dos. Oui, chers téléspectateurs, la pub vous ment, voilà la vérité: Martine à la ferme se meurt!

    Que la pub mente, on le savait, encore que, s'agissant de la paysannerie, la nostalgie du jardin du paradis nous incite volontiers à croire que la vie à la campagne en est l'antichambre et que les grandes surfaces en sont la salle d'attente.

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  • Chère Eveline...

    moscovici widmer.jpgLes Grecs sont-ils susceptibles? Pascal Broulis, ministre des Finances du canton de Vaud - 1% de la population française - n'est pas grec, mais du sang grec coule dans ses veines. Tout à l'heure sur Forum, le Vaudois a piqué la mouche et traité avec passablement de condescendance la France et son ministre des Finances Pierre Moscovici.

    L'objet du délit? Une lettre que le ministre français vient d'adresser à sa collègue helvétique. La décision du Vaudois de taxer à la source les travailleurs frontaliers qui passent plus de trois heures à se rendre à leur travail. Au-delà, estime Broulis, on n'est plus frontalier et on abuse du droit. D'où la sanction de retenir l'impôt à la source.

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  • Pierre Weiss genevois déraille

    Pierre weiss keystone.jpgOn dirait que Pierre Weiss adore les causes perdues. Il a ferraillé l'an dernier contre le budget de l'Etat de Genève sans grand profit pour la République ni pour ses amis du PLR qui ont pris une baffe aux dernières élections, même si la réélection brillante mais non contestée de Maudet et de Longchamp a calmé la douleur du grand vieux parti mais pas l'amertume des libéraux...

    Le tribun de Soral ferraille ces jours contre les propos de Mauro Poggia tenus dans un tract électoral 1). Il s'est mis en tête que "l'éradication des frontaliers" sentait bon la solution finale et valait bien une plainte pénale. Même réaction en chaîne contre une éructée du député Rappaz, lequel rigole et sait qu'une très éventuelle condamnation ne sera qu'une étoile de plus à épingler à sa vareuse de petit soldat du MCG.

    Stauffer, sans qui le MCG ne serait rien, n'est ni Le Pen ni Mussolini ni même Hitler, n'en déplaise à notre Monsieur Propre, Hitler, dont France 2 a relaté la genèse la semaine dernière, dans deux documentaires passionnants, à l'heure ou les bleus renversaient le cours de l'histoire, contre toutes attentes, et redonnaient un peu de soleil brésilien à une France que j'ai rarement connue aussi morose et apeurée.

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