Politique genevoise - Page 4

  • A Genève, un gouvernement mi-mi pour des défis 4.0

    Maudet et deux agents municipaux.jpgOn a connu le monocolore, le ni-ni, le à hue et à dia, nous aurons pour le prochain quinquennat le gouvernement mi-mi: mi-gauche, mi-droite. La balle au centre et l'arbitrage à Poggia?

    Mimi aussi car, le sans diplôme renvoyé, le gouvernement genevois apparaît très homogène, trop peut-être. Franchement, y a-t-il dans ce gouvernement des vraies divergences politiques? Entre un Maudet qui tend la main au sans papier avec Papyrus, un Hodgers qui densifie, une Emery Torracinta qui inclue, un Dal Busco naturellement au centre, qui va détonner? La libérale Fontanet classée la plus à droite? On en doute.

    Le sacrifice de Luc sur l'autel de la démocratie et l'accession d'un deuxième socialiste, c'est une chance pour Genève de retrouver les accords politiques nécessaires pour faire passer la réforme fiscale des entreprises, la modernisation de la fonction publique (caisse de pension, statut et grille des fonctions) et tenir le budget.

    Maudet va donc reprendre la Chancellerie et devra trouver un.e nouvel.le chancelier.e. Pour quoi faire? Et quoi d'autres? Que va-t-il garder de son ancien département? Sûrement pas la sécurité. 

    Lire la suite

  • Et maintenant le Discours de Saint-Pierre

    131210_Prestation_Serment_38.jpg"Il y a 200 ans, Genève a choisi la Suisse... Mais Genève n'a pas choisi sa frontière. La vraie frontière de Genève, celle que la nature avait dessinée avant que la politique ne se mêle de géographie, c'est le Salève et le Jura." Ainsi commençait le discours de Saint-Pierre prononcé le 10 décembre 2013 par François Longchamp, premier président du gouvernement durable de la République et Canton de Genève. Ainsi qu'en avaient décidé les 80 constituants, pensant donner aux institutions une sinon une figure tutélaire du moins un homme à la barre.

    C'était oublier que la démocratie directe qui caractérise la gouvernance en Suisse et à Genève coupe vite la tête des Exécutifs. Une forme de révolution permanente, pourrait-on remarquer en ce 200e anniversaire de la naissance de Marx, gage d'une politique mesurée, équilibrée, mais aussi un peu frustrante*. 

    Que sera le Discours de Saint-Pierre du 31 mai 2018? Et qui le prononcera?

    Lire la suite

  • Des députés performants. Vous avez dit performants?

    cloche grand  conseil députés.jpgMon activité de responsable des pages Opinions, Courrier des lecteurs et du forum des blogs - à 70% depuis un an - ne me laisse guère de temps pour rédiger. Cette semaine fait exception puisque j'ai publié une perspective et un article sans prétention. J'en parle parce que la perspective m'a valu quelques commentaires positifs et même une interview sur le sujet - la performance du Grand Conseil genevois - par Radio Cité. 

    Le mot performance a été mis en question par les députés que j'ai contactés. On peut certes en discuter mais l'autre mot que l'on utilise plus généralement - l'efficacité - renvoie à la même obligation, celle de définir les critères de rendement et de l'économie parlementaire.

    Qu'est-ce qu'une bonne loi? Combien de temps faut-il pour voter, modifier un texte légal? Comment fait-on pour évaluer la pertinence, l'efficience d'une loi? Qu'est-ce que le contrôle parlementaires? Comment doit-il s'exercer? Deux affaires récentes montrent combien le parlement genevois est loin d'être performant, efficace... La commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Adeline et la loi sur la laïcité. Deux fiascos de première classe. Sans conséquence sur les jetons de présence des élus. Au contraire. 

    Lire la suite

  • Genève traite les eaux du Pays de Gex. Pourquoi Bellegarde ne pourrait-elle pas brûler nos déchets?

    sidefage bellegarde.jpgSera-t-il réélu celui qui n'est pas plus paysan que moi? Les supputations vont bon train. Pour retrouver son fauteuil, Luc  doit arriver dans les six premiers dimanche 6 mai. Rien n'est joué. Il suffit de lire ce que la tradition dit des Luc, un prénom d'évangéliste, pour comprendre que l'homme ne manque pas de ressources. 

    Pour se rabibocher avec les paysans, le ministre de l'Environnement a suspendu hier les études en cours pour enfouir les mâchefers des Cheneviers sous une terre agricole (dont le canton manquerait tant, dit Berne dont les compteurs sont restés bloqués au XXe siècles et qui ne compte pas les serres ni les vignes ni les bois ni les futures fermes à insectes, ni les champignonnières ni les autres systèmes de culture prisées par les Verts - jardins en toiture, hydroponie, aquaponie, permaculture etc. (dont les zones franches) - dans les capacités de production alimentaires du canton). 

     

    Lire la suite

  • A Piogre, la danse à Poggia

    poggia 2018 teaser.jpgTout le monde est content à Piogre. Enfin presque.

    Le grand vieux parti qui a fait la République tout seul avant de convoler tardivement avec le grand parti protestant, où se croisent les humanistes et les affairistes, a faire élire son étalon, le grand Pierre, du premier coup à la Tour Baudet.

    Son copain Hodgers, jeune homme bien sous tous rapports, est réélu avec un score canon, alors que, dans la verdatrie locale, qui a ravivé ses couleurs au gré de l'humeur végan, bio, spéciste du temps présent et de la peur de l'enfer climatique promis, le copain Antonio donc était contesté pour mettre en oeuvre un Plan directeur cantonal, un PDc pas de son cru mais qui menace quelques villas et leur jardinet de l'urbs en croissance continue...

    Lire la suite

  • Poggia pourrait bien être le pivot du Conseil d'Etat

    40 41 députés à gauche, 41 40 députés* au centre droit, 19 à l'UDC et au MCG, les partis antiétrangers et antifrontaliers ont pris une claque. C'est une bonne nouvelle pour Genève et le Grand Genève.

    La République ne sera pas pour autant plus facile à gouverner. Le PLR devra compter sur tous les PDC, quelques UDC et quelques Verts pour consolider la caisse de retraite des fonctionnaires, moderniser leur statut, faire adopter la réforme fiscale des entreprises sans alourdir la fiscalité ailleurs, lancer l'Instruction publique dans le XXIe siècle... Ce n'est pas gagné.

    Le faible score de Barthassat affaiblit singulièrement le ministre des Transports. Ce résultat est manifestement le résultat d'une sanction des électeurs PLR. Rien n'est joué dira-t-on. L'éviction de Barthassat démobiliserait une bonne partie de l'électorat du PDC le 6 mai. Ce n'est pas le bon scénario. L'Entente a tout intérêt à présenter quatre candidats le 6 mai, d'autant qu'elle perd sa locomotive Maudet, élue au premier tour.

     

    Lire la suite

  • Déni démocratique et crise de l'autorité à Genève

    Genève aime donné des leçons au monde entier. L'esprit de G souffle en tempête sur la ville d'Henry Dunant. On aime les étrangers, dit l'officialité. On les accueille largement et plutôt généreusement (tout est relatif): les SDF, les travailleurs, comme les riches et les multinationales, appâtées celles-ci par les actions fiscales, comme nous le sommes par les fraises à un franc de la Migros.

    Le message "droit-de- l'hommisne" est cependant loin relégué en campagne électorale, tant l'affichage des méchants, des incultes, des petits, des aigris (cochez ce qui convient) est tonitruant. Des placards faits pour diviser les travailleurs: ceux qui habitent le canton de Genève, dont la moitié n'a pas droit de vote, et ceux qui habitant à l'étranger, dont une petite frange a le droit de vote (les Genevois délocalisés en France voisine).

     

    Lire la suite

  • Pourquoi le PLR et le PDC ont perdu la majorité et ne sont pas près de la retrouver

    armoirie drapeau geneve.jpgLa législature qui s'achève a été particulièrement frustrante. Quelques modestes succès, beaucoup d'échecs. La faute, non pas aux députés qui, pris individuellement sont tous des personnalités respectables à quelques exceptions près. la faute au Grand Conseil tout de même, dont la division en trois blocs de force presque égale n'a pas permis d'assurer une majorité solide au gouvernement. Un gouvernement qui était paradoxalement composé de personnalités exceptionnellement proches politiquement les unes des autres. On était loin du temps où des Grobet, des Segond, des Ziegler, des Calmy-Rey, des Brunschwig Graf, des Cramer pour n'évoquer que les derniers temps, pesaient de tout le poids sur le collège.

    Que le Grand Conseil soit privé d'une majorité est une première dans l'histoire genevoise. Le MCG a fait la balance. Partout et nulle part, ce parti de rouspéteurs a fini d'ailleurs par éclater. Son aile droite constitué par le duo Stauffer Zacharias est devenue GEM (que je n'aime pas). Le reste des troupes courtise les fonctionnaires, comme le parti socialiste, au détriment de l'intérêt général. Et ce n'est pas dénigrer les agents de la fonction publique que de dire cela. Tout lobby qui devient trop puissant est détestable.

    Cette division du Grand Conseil reflète la division de l'électorat du canton. Il n'y a pas de raison de penser que cela change beaucoup ce dimanche 15 avril.

    Lire la suite