Pays, paysans - Page 4

  • Ecosia, le colibri et la Sicile


    Italie : des incendies, poussés par un vent fort, ravagent le nord de la Sicile

     

    Le colibri, c'est le mythe du pompier qui s'en va porter sa goutte d'eau contre l'incendie qui dévaste son environnement et qui se dit que si tous les colibris copiaient collaient sa bonne action, on viendrait à bout de l'incendie. Quand on visite la Sicile, on est frappé par les collines et les montagnes dénudées. Des siècles de razzias, d'exploitation, de rapines et d'incendies, pas tous naturels... Le parc naturel qui domine Cefalu vient d'être carbonisé. La mafia aurait lâché des chats arrosés de pétrole dans la garrigue. La montagne est brune et noire jusqu'aux portes de la cité.

     

    Les nouveaux conquérants débarquent sans armes mais pas sans ambitions. Comme leurs prédécesseurs, ils suscitent la crainte des populations autochtones. On les parque loin des circuits touristiques, sans trop savoir qu'en faire. Les renvoyer pour une part, les distribuer dans d'autres nations du puzzle européen qui n'en veulent pas.

     

    Et l'on se dit, dans un raccourci sans doute trop raccourci, que la Banque centrale européenne qui nourrit chaque mois de dizaines de milliards d'euros l'ogre pâque machine financiere et économique pourrait en distraire un pour cent pour payer des travailleurs affectés au reboisement des collines, ici en Sicile et ailleurs, s'inspirant entre autre du modèle israélien. 

     

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  • La pisciculture produit plus de protéine que l'élevage de bœuf, Berne l'anticipe-t-il?

    image.jpegEn 2050, l'agriculture devra produire 70% de nourriture de plus qu'aujourd'hui, dit la FAO. C'est sans doute impossible si l'on se contente d'extrapoler les conditions actuelles. Depuis la révolution verte dès années 50-60 (azote+nouvelles variété+chimie), les rendements ne progressent plus voire diminuent. Le monde ne risque toutefois pas de mourir de faim, car l'agriculture est sur le point d'entrer dans sa révolution industrielle.

    La pisciculture produit déjà plus de protéine animale que l'élevage de bœuf. Elle devrait se développer sur terre dans des bassins fermé où tout sera recyclé et on nourrira les poissons avec des farines de bactéries séchées qui auront grossi en ingurgitant du méthane.

    Science fiction?

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  • Le Gothard et la traversée du lac

    Au soir du grand soir quand nos trois grands voisins s'eurent dûment inclinés devant l'exploit du Gothard, creusé pour 24 milliards de francs suisses avec les mains et les corps d'ouvriers européens, la RTS nous livra un débriefing infrarouge, habiles redites nécessaires sans doute à l'unité du pays. Solari chanta son Tessin dont le gouvernement est dominé par des hommes de la Lega, Béguin entonna l'hymne ferroviaire de circonstance, tous les invités dirent combien le couloir européen qui relie Gêne à Rotterdam, en faisant gagner six jours aux navires venant de Chine et de cet extrême orient laborieux.

     

    Enfin Adolf, Dolfi pour les intime, au mieux de sa forme, retrouva les trémolos montagnards qu'on entend dans les Mannerchor, pour dire et redire formidable, le clou du show étant ce moment où il a emmené le ministre belge frôler une arrête noire de l'Eiger, demande au pilote de balancer son appareil et obtient le soutien du ministre pour les nouvelles traversées alpines, le Lötschberg et le Gothard. Formidable! En contrepoint, le Shrek de circonstance, l'ancien syndic de Lausanne, qui avait apporté de l'eau au moulin des Zurichois, pour qui un seul tunnel au Gothard, leur Gothard aurait suffi, rappela un peu penaud que son non signifiait un oui à la brouette d'Echallens, devenue REV, réseau express vaudois.

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  • La vache. On rit trop gentiment

    la vache.pngLa vache. On rit gentiment, on pleure un peu, on se laisse porter beaucoup.

    Pas mal de nostalgie, énormément de clichés, passablement de bons sentiments, pas de violence - juste une bousculade de paysans - pas de sexe, pas d'imam non plus... ça ne peut pas faire un grand film.

    On  ressort de cette parenthèse un poil burlesque de la vraie vie un peu bête de s'être laissé prendre au jeu.

    Et puis viennent les questions.

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  • Demain le film. Sans lendemain!

    image.jpegLe temps maussade d'un hiver chaud un samedi soir. Et le bouche à oreille ont rempli le cinéma City. Deux personnes me l'ont dit. Va voir Demain, tu comprendras beaucoup de chose. En effet. J'ai compris beaucoup de choses. J'ai rarement vu un documentaire autant truffé de clichés, d'idées reçues, limite malhonnête, total agitprop comme on disait naguère.

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  • Le tunnel du diable

    image.jpegPas un gosse de Suisse à qui l'on n'ait pas raconter l'histoire du pont du Diable. Pour franchir les gorges du Goeschelen, il fallait bien un pacte avec l'esprit du lucre sinon à défaut de sacrifier à bonne fortune. Selon les épiques, c'était l'œuvre des waldstatten ces vaillants paysans guerriers dont l'épopée est au cœur du mythe suisse ou dès même mais financer par les marchands et quelques entrepreneurs du lieu qui pariait sur les bénéfices du passage entre la vallée du Rhin jusqu'à la mer du nord et la plaine lombarde.

    Le second tunnel routier du Gothard est-il le tunnel du Diable?

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  • Un Conseil fédéral démondialisé

    grand geneve parmelin.jpgIl y a un an, personne n'aurait parié sur Guy Parmelin. Le paysan vaudois dont l'exploitation est aux marges du Grand Genève, qui s'est dit candidat de l'arc lémanique, mais ne maîtrise pas la langue que parlent majoritairement ceux qui font la croissance économique de ce coin de terre.

    Le parlement a élu le moins ambitieux, le plus rond des trois candidats proposés par l'UDC. Il a ainsi affaibli le Conseil fédéral. Et ce avec les voix de la gauche. Bel autogoal! Parmelin ne pourra jamais défendre sa politique dans la langue de trois quarts des Suisses ni à Arena, l'émission politique phare de la RTS, ni à l'Abisgüetli, le "Politmusikanten" annuel de l'UDC. Le journal en ligne Watson le qualifie déjà de demi-conseiller fédéral.

    Sans doute l'UDC a présenté trois seconds couteaux en connaissance de cause. Les caciques du parti entendaient bien ainsi garder le contrôle de la politique fédérale. Après avoir affaibli le gouvernement, ils vont pouvoir continuer à tenir le parlement sous la pression des initiatives "Point sur les i", celles qui précisent comment une première initiative doit vraiment être appliquée. Nous allons voter sur l'une d'elle en février à propos de l'expulsion des étrangers criminels.

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  • Qu'un sang impur abreuve nos sillons!

    image.jpegLes paysans suisses marchent à Berne, mais ils ne se mettent pas en grève. Les vaches ne le supporteraient pas et il n'est pas politiquement correct de jeter des aliments dans les rues la veille du Samedi du partage. L'avenir des fermiers tient autant à la production alimentaire qu'à l'entretien du paysage, à la production d'énergie, au recyclage des déchets biodégradables et au maintien d'un mode de vie propice au tourisme et à l'école à la ferme. Le paysan Zeller de Vernier est un précurseur.

    Les fonctionnaires genevois font grève et prennent les élèves en otages, alors qu'ils gagnent deux fois plus qu'un paysan moyen suisse (qui travaille 45 à 50 heures par semaine), ont la sécurité de l'emploi, enseignent dans des écoles bien chauffées et bénéficient d'une retraite garantie, payée aux deux tiers par les contribuables.

    Les climatocraintifs font un joli cœur dans plusieurs villes de Suisse. Pourquoi marchez-vous, ai-je demandé à un haut fonctionnaire, membre de l'Association climat Genève? "Pour que nos élus se réveillent car il y a urgence." Mais, ai-je encore demandé, n'est-ce pas le peuple qu'il faut convaincre, lui qui est la véritable société civile dans un pays démocratique? "Le peuple est lobotisė par la propagande des sociétés pétrolières." On comprend pourquoi les Verts ont perdu les dernières élections fédérales.

    La France ponctue par deux virils Marseillaise l'hommage aux 130 victimes du terrorisme du 13 novembre. Mais aucun sang impur n'abreuvera les sillons de la nation. Une sale guerre civile déjà vieille de quatre longues années se poursuit à deux mille kilomètres à l'est. Et jusqu'à présent, personne n'a compté les victimes collatérales des bombardements aériens des desalliés. Seuls les migrants qui frappent à nos portes nous épouvantent, nous font dresser des murs et regarnir les frontières d'hommes en armes.

    C'est bientôt Noël. Ce dimanche est le premier jour de l'Avent.

    http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Je-gagne-plus-a-methaniser-mon-fumier-qu-a-faire-du-lait/story/17822168