Affaires municipales - Page 3

  • Bardonnex par le petit bout de la lorgnette

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    Les habitants de Bardonnex ont reçu ces jours une feuille d'information de la mairie. Quelques jours à peine après la diffusion par la même mairie du Bulletin officiel municipal (multicopié à grands frais sur un papier cartonné et en couleur), la nouvelle feuille signale au bon peuple l'ouverture de deux enquêtes publiques sur Compesières. L'information est spartiate et sans doute bien incompréhensible à qui n'est pas un tant soit peu versé dans les arcanes de l'urbanisme, les procédures politiques et le touffu mille-feuilles des lois et règlements fédéraux et cantonaux qui fixent les règles du jeu en la matière.

    La feuille n'annonce pas de séance publique d'information, l'affaire est sans doute sans importance. Il en va pourtant de l'avenir de l'école de Compesières, un serpent de mer qui occupe les autorités depuis 1992 au moins.

    Plus grave, à mon sens, cette feuille ignore ce qui déterminera davantage encore l'avenir de notre territoire: le plan directeur cantonal 2030, dont la révision en cours est soumise ces jours à l'examen des municipalité qui ont jusqu'au 16 juin prochain pour rendre leur copie. Recevra-t-on une feuille à ce sujet dans les prochaines semaines?

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  • Pourquoi je suis contre le plan de déclassement de Compesières

    compesieres ecole carte.jpgAujourd'hui, dit la FAO, s'ouvre la consultation pour création d'une zone sportive, d'une zone de verdure, d'une zone 4B protégée et d'une zone affectée à de l'équipement public (Plan N° 29992-505) à Compesières. Le hameau fut le chef lieu de la grande commune éponnyme, comprenant jusqu'au malheureux divorce de 1851, les actuelles municipalités de Plan-les-Ouates et de Bardonnex (avec Saconnex-d'Arve, Arare, Croix-de-Rozon, Charrot et Landecy et quelques autres hameaux).

    Le déclassement de la zone agricole de Compesières est une étape importante d'une saga politico-juridique vieille de plus de 25 ans, qui a coûté plusieurs centaines de milliers de francs à ma commune (on ne doit pas être loin des deux millions en comptant tout et même plus si l'on inclut l'échange avec la paroisse de Compesières)

    Tout ça pourquoi? Pour construire une nouvelle école, l'actuelle qui a formé depuis 1898 des milliers de gosses dans un immeuble Camoletti, dont l'architecture dénote singulièrement dans le site de la campagne genevoise, n'offre pas les 80 mètres carrés d'espace réglementaire et est trop petite pour accueillir la population. Le premier pavillon scolaire provisoire date de 1982! Le dernier en date devra être démoli en 2018!

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  • Restauration genevoise

    communes reunies ge.jpgCe 31 décembre retentiront du haut de la Ville de Genève, 23 coups de canon, pour signifier à la fois l'attachement de la République à la Confédération des 23 cantons et l'indépendance de Genève recouvrée en 1813. Une indépendance de courte durée. Depuis la Réforme, elle n'avait résisté à l'impérialisme récurrent des Savoie qu'à l'appui des rois de France et de Berne et, dit la chanson, à la vaillance de ses habitants et à la Providence, un fameux soir de décembre 1602.

    Le 31 décembre 1813, marque aussi la restauration de l'ancien régime ("réactionnaire" selon la notice de Wikipedia). Les patriciens, profitant du bref interrègne - entre le départ des troupes d'occupation de Napoléon (lequel avait tout de même érigé Genève en capitale du département du Léman, un Grand Genève qui allait jusqu'à Chamonix) et l'installation éphémère des Autrichiens - proclamèrent le retour de la République morte en 1798 et rassirent leur pleine autorité sur la cité.

    Les Genevois y ont gagné un jour férié.

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  • Péréquation: comment régler le problème de Mies

    mies.jpgMies, petite commune vaudoise, dont la population travaille très majoritairement à Genève sans y payer un franc d'impôt, contrairement aux pendulaires de ses voisines françaises, Sauvergny, Cessy ou Divonne, Mies donc a surgi dans l'actualité de ce jour de l'Immaculée conception (référence appropriée puisque Mies faire partie de la Terre-Sainte), se payant le luxe de figurer au nombre des articles les plus lus sur tdg.ch et sur 24heures.ch), parce qu'elle héberge depuis peu un richissime contribuable. L'heureux revenu, bien supérieur à celui du commun des mortels, fait exploser les compteurs d'une horlogerie complexe, typiquement suisse, la péréquation intercommunale.

    Nous n'allons  pas entrer dans les arcanes de la mécanique vaudoise, laquelle n'a rien de commun avec la mécanique genevoise et rien non plus avec la mécanique péréquative communale française, sauf que la mécanique française est en principe la même au bord du Léman, dans la région du Mans, patrie du futur président Fillon, ou encore dans le Bordelais qui restera une ville d'eau et de vin. 

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  • Que vaut Saint-Pierre de Genève (sans deniers)?

    reformes la une.jpgOù cours-je? Dans quel état j'erre? C'est la question - existentielle forcément - qui occupe le gros du journal Réformés. Le nouveau mensuel romand vient de paraître à 220'000 exemplaires. Il est le fruit (OGM?) de la fusion des Vie protestante de quatre cantons romands.

    L'objet de presse, dont le format est plus petit que 20 Minutes, s'ouvre évidemment sur Luther,  l'homme qui voulait réformer l'Eglise catholique mais qui ne voulait pas un schisme. Elle se termine, moins évidemment, par la citation d'un théologien catholique américain, Robert J. SChreiter: "La confiance est, en un mot, l'attitude fondamentale que Jésus requiert de ses disciple." (Calvin connaît pas. Pour vous en convaincre, tapez Calvin dans Google puis sélectionnez images...)

    La deuxième partie de cette fine feuille religieuse et "glocale" est cantonale. Chantal Savioz, ex–réd en cheffe de la VP-Genève, y parle thunes, en l'occurrence des coûts croissants et toujours plus insupportables de l'entretien des temples de pierre, qui accueillent de moins en moins de temples de chair.

    "Si l'Etat ne fait pas sa part, les protestants laisseront tomber la cathédrale Saint-Pierre!" Telle est, à peine forcée, la tonalité des échos rapportés.

     

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  • 36 millions pour des prunes (à l'alcool)

    poire à l'alcool.jpgÇa fait combien de décennies pour ne pas dire de siècles et même de millénaires qu'on conserve des fruits et toute sorte d'autres choses dans l'alcool? Qui n'a pas dégusté des cerises à l'eau de vie? Qui ne s'est pas étonné de voir une poire plus grosse que le goulot nager dans la williamine? Qui  n'a pas admiré le bateau en bois habilement glissé dans la bouteille de gnôle? Qui n'a pas eu un haut le coeur en voyant un cerveau ou un crapaud conservé dans l'alcool ou le formol?

    Et bien voilà que Genève veut/doit dépenser 36 millions pour sécuriser les conserver du Museum, nous dit ce matin mon journal préféré. On se pince et on se dit que le principe de précaution et les règlements concoctés en chambre n'ont pas fini de creuser la dette des collectivités publiques et de priver les pauvres de leurs subsides, les élèves des professeurs et les malades des soignants. Car ces 36 millions devront bien être pris quelque-part.

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  • Barthassat et lui-même, Maudet et Köppel: com, com

    barthassat maudet 2.jpgDans le creux informationnel du mois de juillet, tous les médias en ont parlé. Barthassat est le premier membre d'un gouvernement suisse à répondre en direct sur Facebook aux questions savamment filtrées par un de ses sherpas chargés de com. Le contenu que le ministre de l'Environnement et des Transports relaie sur sa page du grand réseau au milliard et demi d'amis, où il a téléchargé 17'500 photos, et sur deux pages dédiées est sans importance. Bien rodée, la langue de bois tourne en boucle. Dans la com, c'est la forme qui compte.

    Maudet se fait, lui, bien plus discret. Très en vue lors de son accession au Conseil d'Etat en juin 2012, le "politstar émergeant de la Suisse de l'ouest" (comme l'écrit cette semaine le réd en chef de la Weltwoche), qui allait faire marcher droit la maréchaussée, s'est cassé les dents sur les rigidités syndicales d'un corps de fonctionnaires, qui sait, mieux que tout autre, faire entendre ses humeurs ronchonneuses. Il travaille à son rythme. Il défile dans la rue à la moindre déconvenue. Il dispose d'un syndicat puissant qui a cousu son statut du personnel à sa guise ou presque. Il a des relais nombreux au Grand Conseil. Peu de travailleurs peuvent en dire autant.

    Or donc, Maudet ne se répand pas sur les réseaux sociaux. Son blog "En action" (ça sonne comme "En marche" de Macron) est coi depuis le 10 février dernier. Sur Twitter, @Pierre_maudet est vide, #maudet ne renvoie qu'à quelques articles de presse. Même atonie sur Facebook. On apprend cependant, dans la Weltwoche de cette semaine, que le ministre de l'Economie et de la Sécurité entretient tout de même ses réseaux. 

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  • Au bar PMU "Le France", Salvan, Munich et François Lavergnat

    image.jpegJadis, la frontière entre la commune de Compesières, qui devint genevoise et suisse en 1816 (trois jours de fête durant le prochain Jeûne Genevois) et celle de Collonge-sous-Salève, qui, elle, demeura savoyarde, partie du royaume de Piémont Sardaigne, avant de devenir française en 1860 et frontalière depuis que Geneve draine près de 100'000 travailleurs d'un même bassin d'emploi, mais non résidents dans le canton...  Jadis donc, la frontière passait le long de la route d'Annecy.

     

    Deux tiers du village de La Croix-de-Rozon étaient donc sur le territoire de Collonge. Aucune maison n'existait en 1816. Il est devenu de part la volonté du Grand Conseil genevois qui déclassa quelques hectares (bien moins que dans d'autres lieux) le plus gros village de la commune de Bardonnex, elle-même née du divorce de Compesières d'avec Perly en 1821 et du divorce d'avec Plan-les-Ouates en 1851...

     

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