Monde - Page 5

  • Le Jeûne fédéral et la fin de l'humanisme

    IMG_3279.PNGJ'ai regardé un peu par hasard et quelques minutes le film Elysium, une science-fiction où les élites se sont réfugiées sur une île artificielle, une énorme station spatiale en forme de roue dont la rotation assure à ses heureux habitants un succédané d'attraction.

    De la terre surpeuplée, vaste bidonville dont les usines tout droit sorties de l'âge de la vapeur fabriquent les robots qui tiennent les foules en respect, on voit ce paradis. Des boites à bronzer installées dans des biotechnocliniques arborées y remettent sur pied en un rien de temps les humains malades, cassés ou simplement vieux. Les terriens rêvent évidemment d'accéder à ce "paradis". On y monte avec des véhicules spatiaux genre 4x4 à réaction qui auraient un million de kilomètres au compteur et que le gouvernement central tire à vue comme des lapins.

    Je ne pensais pas, en ce matin du Jeûne fédéral, apprendre que ce meilleur des mondes est le monde qui nous attend parce que nous vivrions la fin de l'humanisme, cette foi en l'être humain et au libre arbitre si cher aux lumières et aux libéraux, qui cependant se meurt sous nos yeux.

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  • A Genève, il y a presque trois fois plus de frontaliers que de protestants

    image.jpegA Genève, il y a presque trois fois plus de frontaliers que de protestants. Drôle d'entame pour un billet du Jeûne genevois. Qui dit cependant une vérité sur la Genève du XXIe siècle. Il y a cinq siècles, Genève était encore gouvernée par un prince évêque - dont un des prédécesseurs, le Savoyard Adhemar Fabri, né à la Roche-sur-Foron, avait accordé des franchises aux commerçants de la Ville. Plus pour longtemps.

    En 1517, Luther allait mettre le feu à la chrétienté et réussir un schisme grâce à une technologie naissante, qui permit de multicopier ses thèses: la presse de Gutenberg. 15 ans plus tard. Geneve adoptait la réforme et Calvin procédait à une épuration religieuse. Les catholiques devaient se convertir ou quitter la ville. Les biens de l'Eglise furent nationalisés. L'Hospice général est un héritage de ce temps là.

    La poignée de protestants qui tient encore les terres et biens des richesses de Genève s'apprête à commémorer le 500e anniversaire de la tentative de Luther de réformer l'église catholique. La Vie protestante , qui vit ses dernières heures pour renaître en novembre prochain sous le titre "Réformés", le magazine des prostestants romands, et le site ref-500.ch livrent dans son édition de septembre le détail des manifestations, dont le démarrage aura lieu à Genève. 

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  • La fusion nucléaire et les Maasaï

    image.jpegIl n'y a rien de commun entre la fusion nucléaire et les Maasaï, sinon que ceux-ci, et nous, vivons sous le règne du soleil, une étoile en fusion; et que notre planète tourne autour à la bonne distance, un hasard dont on se demande aujourd'hui s'il se reproduit quelque part dans l'univers, si loin que le présent des hommes verts est un futur trop lointain dans le temps, hors de la portée même de notre imagination.

    A l'encontre de la quête du signal d'extraterrestres disparus, celle de la fusion nucléaire est un rêve bien présent de quelques scientifiques. Un de mes petits neveux a allumé le petit tokamak de l'EPFL. Ca n'a duré que trois  secondes. Ses yeux brillent.

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  • Lombardi aussi à gauche que Sanders. Et moi et moi et moi

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    Le conseiller aux Etat et chef du groupe PDC aux Chambres fédérales, Filippo Lombardi, est aussi à gauche - ou presque - que le socialiste Bernie Sanders, qui a longtemps bataillé contre Hillary Clinton avant se se rallier. Laquelle Hillary se trouve à peine plus à droite que Trump sur l'axe gauche-droite et à peine plus libérale que Trump. Ce résultat plutôt étonnant mis en exergue dans un article du Tages Anzeiger résulte d'un positionnement politique effectué par The political Compass, un site qui dresse une cartographie à partir d'une batterie de questions (ce que fait smartvote en Suisse).

     

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  • Qui va reblanchir Ronchamp?

    Je n'étais jamais allé à Ronchamp. De loin l'église à l'air d'une barque qui fend des flots blancs. Le sanctuaire est courroné d'arbres qui ont grandi depuis sa construction sur les ruines d'une église bombardée durant la deuxième guerre. C'est un lieu de pèlerinage ancien. Il faut le rebâtir et le projeter, en ce début des années 50, prometteuses d'Europe unie, dans un XXe siècle en quête de paix sinon de pain après deux guerres et des dizaines de millions de morts et autant de gens meurtris et déplacés, entre deux nations chrétiennes, phares toutes deux de la civilisation occidentale, mais aussi d'empire du soleil levant contre un empire émergent.

    Une association naît et requiert un phare de l'homme nouveau grand prêtre de la matière moderne: le béton.

    Le béton vieillit mal. De tout près, l'œuvre de Le Corbusier fait peine à voir. Le vaisseau garde son élan, mais la matière s'effrite. La lèpre de la carbonatation érode la toiture, de longues fissures creusent les murs extérieurs, le crépi grossier s'est couvert de pollution et mouchette la peinture blanche.

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  • A Saint-Julien, le curé lit les condoléances des musulmans du Genevois

    image.jpegIl y avait du monde à la messe de 10h, ce dimanche à Saint-Julien-en-Genevois, pas loin de 300 catholiques, des familles, quelques jeunes; une petite poignée de pratiquants du voisinage suisse - "On aime bien venir ici, a dit l'une à la sortie, à Compesières, il n'y a plus que des vieux!"

    Le curé a lu une lettre de l'association des musulmans du Genevois. Elle dénonce l'assassinats du curé de Saint Étienne (Étienne, un juif, premier martyr chrétien): "Notre religion nous pousse au dialogue, au respect et à la tolérance envers notre prochains, en particulier nos frères chrétiens." Durant la messe, un peu plus tard, le curé a salué la présence du président de l'AMG et de son épouse. Une claque a declenché des applaudissements polis. 

    Mon Eglise n'a pas toujours prêché la tempérance et l'amitié. Loin s'en faut. Les curés va-t-en-guerre le disputent aux imams boutefeux. Cependant, Il est doux d'entendre des mots de paix et de fraternité en ce temps de colère et de vengeance aveugle. 

     

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  • Le ressentiment. Nice, Nietzsche, Dostojevski...

    Capture d’écran 2016-07-20 à 22.51.06.pngUne question me poursuit. Pourrais je un jour me retrouver dans la situation de piloter un 19 tonnes à travers une foule en liesse? J'ai posé la question hier aux cinq jeunes que j'ai guidé à travers la Tribune et le métier de journaliste (vérifier les faits, comprendre les ressorts du monde, les exposer rapidement et simplement...). "Non, non", m'a répondu une ado, qui n'avait pas sa langue dans la poche et affichait une belle maturité: "je ne pourrais pas tuer!" Je n'en doutai pas. Les autres sont restés.

     

    Impossible de se projeter dans la tête d'un tueur quel qu'il soit! Je sais pourtant qu'il y a des enfants tueurs, sans doute contre leur gré mais qui vivent dans une violence, un dénuement, un enfer qui n'a rien de virtuel ou de ludique. Et pourtant Dieu sait combien de jeux vidéo et de films glorifient la violence, la brutalité, le vice, l'inhumanité. Comment s'étonner que certains passent à l'acte.

     

    On connaît çes expériences où un expérimentateur commande à un quidam - vous ou moi - d'infliger des décharges électriques à un personnage qu'il faut faire parler pour une noble cause (sauver des enfants par exemple d'un danger imminent). Certains vont jusqu'à infliger des doses mortels au personnage qui joue la comédie. Tragique. Qui peut dire comment il se comporterait en situation de stress, de faiseur extrême, de guerre?

     

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  • Ecosia, le colibri et la Sicile


    Italie : des incendies, poussés par un vent fort, ravagent le nord de la Sicile

     

    Le colibri, c'est le mythe du pompier qui s'en va porter sa goutte d'eau contre l'incendie qui dévaste son environnement et qui se dit que si tous les colibris copiaient collaient sa bonne action, on viendrait à bout de l'incendie. Quand on visite la Sicile, on est frappé par les collines et les montagnes dénudées. Des siècles de razzias, d'exploitation, de rapines et d'incendies, pas tous naturels... Le parc naturel qui domine Cefalu vient d'être carbonisé. La mafia aurait lâché des chats arrosés de pétrole dans la garrigue. La montagne est brune et noire jusqu'aux portes de la cité.

     

    Les nouveaux conquérants débarquent sans armes mais pas sans ambitions. Comme leurs prédécesseurs, ils suscitent la crainte des populations autochtones. On les parque loin des circuits touristiques, sans trop savoir qu'en faire. Les renvoyer pour une part, les distribuer dans d'autres nations du puzzle européen qui n'en veulent pas.

     

    Et l'on se dit, dans un raccourci sans doute trop raccourci, que la Banque centrale européenne qui nourrit chaque mois de dizaines de milliards d'euros l'ogre pâque machine financiere et économique pourrait en distraire un pour cent pour payer des travailleurs affectés au reboisement des collines, ici en Sicile et ailleurs, s'inspirant entre autre du modèle israélien. 

     

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