Médias - Page 3

  • Je vais peut-être bien voter pour No Billag

    IMG_3435.PNGEmission phare de notre chère RTS, Temps présent avait une réputation d'objectivité, de pondération. L'émission de ce soir sur la LAMal qui dysfonctionne, qui met 30'000 habitants sur liste noire, qui paupérise les pauvres, érode les revenus de la classe moyenne âgée et qui enrichit les assureurs, était un parfait plaidoyer à charge.

    Bien sûr, l'assureur de service a  eu droit à sa part, tout comme la directrice de l'hôpital, borgne, ainsi que le ministre de la santé Karakasch, dont le discours pour une maîtrise de l'offre vient d'être battu en brèche par ses concitoyens -  les Neuchâtelois ont voté pour le maintien de deux hôpitaux contre toute logique économique.

    Le biais de l'émission tient au parti pris des deux journalistes, au ton de la voix, au montage. De bout en bout, la part belle a été donnée aux pauvres qui ne se soignent plus, qui bouffent des pâtes ou se noient dans les dettes. Jusqu'à la litanie finale sur les salaires scandaleux des directeurs, les réserves incroyables et l'opacité évidemment entretenue du système, l'haïssable privatisation du système. 

    De solutions, point évidemment. 

     

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  • Building Global Community: première épître du Livre des faces

    IMG_3430.PNGMais de quoi il se mêle ce mec!

    Le mec, c'est Marc Montagne de Sucre. Il a créé en moins de 15 ans le plus grand média du monde. Et pas un média traditionnel qui ne fonctionne que dans un sens - celui des journalistes vers les lecteurs - qui ne laissent à ceux-ci que le choix de payer ou de ne pas payer. Non, le Livre des faces - c'est le nom de l'entreprise de M. Montagne de Sucre - est tout au contraire construit sur l'interaction gratuite des usagers. Le Livre des Portraits ne produit rien, il met en relation des amis. (Et se finance entièrement, tout comme 20 Minutes, TF1 ou CNN, grâce à la pub, mais aussi grâce aux mises de fonds de ceux qui ont cru dans ce projet.)

    Au fond, c'est comme une religion. Une religion ne produit rien, elle met les croyants en relation directe ou non avec une ou des divinités, ou le contraire dans les religions révélées. Et par voie de conséquence entre les humains eux-mêmes, qui sont (ou devraient être) aussi des amis, voire des enfants de Dieu.

    il manquait cependant au Livre des faces un Evangile. Building Global Community est sans doute sa première Épître.

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  • Genève est une ville sûre

    twitter police.jpgMardi 14 février, jour de la Saint-Valentin. Voilà cinq jours que @GenevePolice n'a rien tweeté. Pas le moindre fait divers, pas le moindre petit dealers de quartier. Qui a dit que Genève est une ville peu sûre?

    Heureux pays. Pourtant la prison Champ Dollon, dont la surpopulation ne fait plus la Une des gazettes, reste bien pleine. Comment  font donc les Bataves qui parviennent même à faire des thunes en louant des cellules aux Belges?

     

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  • Infrarouge: bon pour la tête?

    IMG_0911.JPG"Les personnes âgées sont réfractaires au numérique..." Tibère Adler est vraiment conformiste ce soir à Infrarouge. Qui manipule le plus le papier? Les jeunes, les actifs, les mobiles, avec 20 Minutes, le canard qui marche parce qu'il mixe sans prétention ni sermon un peu de l'actu "sérieuse" distillée par la RTS (qui n'existe que parce que nous sommes obligés de payer la redevance) et beaucoup de distraction.

    "Les éditeurs qui réclament un rendement à 15%". Le mythe est solide. Mamarbachi ne peut s'empêcher de le répéter avec ce coup de langue qui dénonce les capitalistes près de leurs sous.

    Mais pourquoi donc les lecteurs abandonnent-ils les journaux? La question n'a pas été discutée

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  • Pourquoi vit-on au pied des volcans?

    volcan plusieurs.jpgC'est une chose singulière de voir que tant les humains par millions continuent de vivre au pied des volcans, dont l'histoire a montré combien ils peuvent être meurtriers et même changer le climat de la planète entière au point, dit-on d'affamer les gens à des milliers de kilomètres de leur bouche éructante et de les pousser à la révolte.

    Il en va de même des zones sismiques, du côté de LA, d’Istanbul et d'ailleurs, des zones inondables ou exposées aux tsunamis, où des ingénieurs et des administrateurs, dont on ne peut mettre en doute la compétence, n'ont pas hésité à bâtir des centrales nucléaires.

    Vivons-nous, alors que nous allons commémorer les 40 ans de Mai 68, au pied d'un volcan social? Sommes-nous à l'aube d'une éruption cataclysmique, cathartique?

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  • Be API en 2017?

    IMG_3399.PNGQue sera le journalisme du XXIe siècle? Bien peu peut répondre à cette question. Et ce n'est pas la certitude qu'aucun métier ne va échapper à sa transformation, sous les coups à la fois des réseaux, des données et des APIs, qui permettent de s'y balader et d'en tirer profit (pas aussi aisément toutefois que de chausser une paire de bonnes chaussures pour gravir une montagne, du moins c'est mon cas, to be API est plus facile à dire qu'à faire), ce n'est donc pas cette certitude de la disruption pour tous qui va rassurer les journalistes. 

    Je viens de lire un article sur le sujet (The BBC as a platform? Get ready for APIs from news providers), trouvé via mon Flipboard. Le vaisseau amiral des bonnes rédactions embauche des développeurs d'APIs dans sa chambres de nouvelles (newsroom), l'auteur assénant d'emblée que les rédactions qui ne sauront pas exploiter les legos applicatifs des grands médias pour devenir une base créative de nouveaux contenus seront reléguées au rang des tailleurs de sabots de bois (la langue de bois, elle, se porte bien avec ou sans APIs)

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  • A quoi sert la peinture?

    Un soleil blanc et bas ne réchauffe pas l'hiver. Le vent balaie le Jardin des Tuileries. On se croirait dans un dessin de Tintin. Le ciel est bleu, plat avec quelques nues blanches sans volume. L'allée en sable compactée jaune s'étend sans relief. Les arbres dénudés dessinent leurs entreras de branches, brouillant la vue des immeubles de La Rue de Rivoli et le musée d'Orsay.

    Au fond du jardin, la grande roue tourne lentement dominant la Concorde. Son axe semble posé sur l'obélisque, arraché naguère à Karnak, sans que cette spoliation ne choque les accusateurs des destructions de Palmyr... Ce n'est pas la même chose, dit-on, Daech détruit, les Européens exposent. Je ne suis pas d'accord... à gauche l'orangerie ferme un des coins du quadrilatère du jardin.

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  • Au commencement était le commérage

    IMG_3374.PNGDans Sapiens, une brève histoire de l'humanité, Yuval Noah Harari explique comment nous dominons la terre et tout ce qui pousse, nage, rampe, vole dans ce qui ne fut jamais un paradis.

    Le paradis, les dieux, ses saints et serviteurs sont (scientifiquement?) le fruit de notre imagination, laquelle a aussi engendré Peugeot et Google, l'empire romain, le mythe impérial japonais et la démocratie suisse, des constructions intellectuelles, des mythes qui font marcher les humains, assurent la cohésion des nations et des entreprises et qui peuvent être reprogrammés sans réclamer une mutation génétique, qui prend toujours des millénaires à survenir, ce hard codage ne pouvant plus être ensuite modifié que par une nouvelle mutation hasardeuse... 

    Bref, les reformulation de Harari sont stimulantes, même si ce n'est pas toujours très nouveaux et que la ou les surprenantes mutations qui ont produit sapiens dans la lignée homo restent un mystère complet, une explication trop simple, trop darwinienne, un peu comme ces maladies que les toubibs mettent au compte d'un ou de virus. Rebref, Harari n'explique pas pourquoi Neandertal a disparu mais pas les chimpanzés ou les bonobos.

    J'ai même trouvé une définition rigolote des journalistes, une espèces en voie de disparition. 

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