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  • La fin des journalistes?

    yann guégan.jpgUn collègue m'a signalé un blog de Yann Guégan intitulé: L’urgence pour les rédactions ? Arrêter d’embaucher des journalistes ! Sa collecte printanière au colloque de Perugia. Un billet bien fouillé et plein de références (combien de références dans les papiers que nous mettons en ligne en moyenne, lui ai-je demandé).

    Je ne connais pas Yann Guégan, mais j'en ai croisé quelques-uns dans ma carrière de ces consultants qui ont le verbe facile, la souris agile, le surf buzzique. Ils vous en mettent plein les yeux et instillent une petite musique qui vous fait penser que vous et vos collègues êtes passablement largué, que votre entreprise est au bord de la centrifugeuse loin de ces modes d'expression tous plus smart les unes que les autres, censés capter l'audience, autant dire le graal. De la qualité de l'info citoyenne, il n'est que rarement question.

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  • L'Université de Genève manque d'ambitions

    image.jpegQuand on n'est pas trop bien noté, on a tendance à critiquer le thermomètre. L'Université de Genève n'échappe pas à ce travers. Dans la Tribune de ce jour, elle ne trouve aucun autre argument crédible que "c'est la faute au compteur" pour expliquer le fait qu'elle émarge à la 131e place du classement des 800 universités considérées par The Times Times Higher Education, cinquième en Suisse derrière l'intouchable EPFZ mais aussi derrière l'EPFL, Bâle, Zurich et Berne. 

    Pire, Pablo Achard refuse de se fixer le but d'atteindre le top 50! "Non, répond il. Nous n’avons pas les budgets pour cela. En outre, ces classements restent partiels et partiaux. Nous préférons mener une politique à long terme et renforcer nos points forts plutôt que de courir après des critères volatils.»

    Typique d'une université de seconde zone. 

     

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  • Les coûts du CEVA crassement sous-évalués

    ceva finance 31 dec 2015.jpgUne cuiller pour papa, une cuiller pour maman, une cuiller pour tonton Jules, on connaît la chanson. Pour faire avaler une soupe à gosse, il faut y aller méthodiquement et louche après louche.

    Il en va de même des grands projets, dont on ne nous dit jamais le vrai prix au départ. Voyez le CEVA, nous avons voté une seule fois sur ce projet devisé à 1,5 milliard de francs. Il ne s'agissait pas du crédit initial (loi 8719) de 400,8 millions, qui lui fut adopté en juin 2002 par le seul Grand Conseil (et encore ce vote ne concernait que la part genevoise de la facture soit 44% du tout, celle acquittée par la Confédération résultait d'un contrat signé par les CFF et le Canton en... 1912), non, les Genevois ont voté sur une première rallonge de 106,9 millions (loi 10444), ce qui représentait tout de même une hausse des coûts de 25% par rapport au crédit initial voté sept ans plus tôt. Les 8 millions qui mettent ces jours en colère le populaire conseiller d'Etat Barthassat ne sont donc que des clopinettes. Dénoncer les CFF et donc Berne de ce dépassement relève de la tartufferie.

    Mais là n'est pas l'essentiel et sans doute pas le dernier dépassement, ni le dernier rabotage (cf les tuiles de verre de Nouvel) d'un projet qu'on a amputé dès le début d'un élément essentiel: les parkings d'échange à proximité immédiate des gares et les lignes de bus devant rabattre la foule des pendulaires sur le RER lémanique. Pas un franc des 1,5 milliard n'est destiné à cet usage.

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  • 500'000 Genevois!

    image.jpegCe dessin m'interpelle. Ce "On est trop" est trop. Certes, il reflète sans doute l'avis d'une majorité de Genevois. Entre les Verts clairs que nous sommes tous peu ou prou, nostalgique d'un paradis perdu où deux goulus nus dominaient les plantes et les bêtes, pas assez pour polluer ni réchauffer la planète ni même se faire la guerre encore que l'histoire de la pomme fut sans doute leur première discorde... entre les Verts clairs donc et les Verts foncés, devenus le premier parti de Suisse et peut-être bien d'Europe, quoique non majoritaire mais capable tout de même de faire et de défaire les gouvernements... entre les Verts clairs donc et les Verts foncés, nous voilà tous à bêler pour une halte à la croissance, voire une décroissance. 

    Ce qui pour les uns est une sagesse me paraît assez égoïste. Depuis les Savoyards du Grand Genève (mes ancêtres), les Valaisans, les Bernois ou autres Fribourgeois, en passant par les Italiens, les Ibériques, les Yougoslaves et autres Balkaniques et tous ceux qui en rêvent, les migrants qui ont choisi Genève ne l'ont pas tous faits de leur plein gré.

    Certes, diront les bonnes âmes, yaka installer les usines et les bureaux, les hôpitaux et les universités, les cantines scolaires et les EMS dans ces contrées périphériques et leurs populations y demeureront, desserrant la cité de ses banlieues qui l'enferment comme des pelures d'oignon.

    Le monde n'est qu'une longue histoire de barbares qui empoisonnent le bourgeois.

    Pour le reste, trois choses m'étonnent:

    1) comment peut-on être 500'000 en 2016 alors que l'OCSTAT évalue la population résidente à 490'000 à la fin 2015?

    2) en fait il y a belle lurette que Genève héberge bien plus de 600'000 personnes de jour et plus de 500'000 la nuit compte tenu des clandestins, des travailleurs nomades et des visiteurs de toutes sortes.

    3) Geneve et sa région bénéficient d'équipements culturels, hospitaliers, de formation digne d'une métropole d'un million d'habitants.

  • The Independant abandonne la presse. Va-t-il y perdre son âme ?

    image.pngLa nouvelle a traversé cette semaine les rédactions comme une annonce fatale. On y passera tous. Tôt ou tard. The Independant, 30 ans à peine, des fleurons de la presse britannique cessera en mars prochain de dévorer chaque jour des arpents de forêt pour n'être publié plus que sur la toile. Un grand progrès pour l'écologie même si près de la moitié de la matière première du papier journal vient de déchets recyclés. 

    Un ancien éditorialiste du quotidien publie dans le Guardian cette interrogationPeople who say “there are enough newspapers”, are like people who say there are enough public parks or libraries, or piano concertos: always and forever wrong.

    Andrew Marr craint qu'une rédaction en ligne perde plus facilement qu'une édition imprimée ce supplément d'âme qui fait d'un journal un journal. 

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  • L'argent tabou aux HUG

    pulsation.jpgC'est l'histoire d'une fumeuse invétérée.

    Depuis 14 ans, la cigarette colle aux lèvres de Nicole. Deux à trois paquets par jour. "A l'époque, raconte-elle dans Pulsation, le magazine des HUG, tout le monde fumait, A la maison, au bistrot, au bureau,... partout!" En 2005, sa mère, grande fumeuse elle aussi, décède. Nicole n'abandonne pas la clop. Six ans plus tard, le 17 avril 2011, elle ne peut plus respirer. Ses poumons sont obstrués.

    Urgence. Arrêt de travail. Claustration à domicile. Bonbonne d'oxygène. Le miracle survient le 10 décembre 2012. Deux poumons sont disponibles. Transplantation au CHUV. "Aujourd'hui, je vais en montagne je marche sans essoufflement, je voyage. Après 50 ans, on a encore de belles choses à vivre", lance-t-elle. Avec un sourire gourmand, ponctue le rédacteur, avant de poser ce constat: L'OMS estime que l'obstruction des poumons sera la troisième cause de mortalité dans le monde.

    N'est-ce pas merveilleux! Cette belle histoire clôt le numéro de janvier février de Pulsation, curieusement pas encore en ligne sur le site de l'établissement public.

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  • Einstein, les vandales genevois et les caillasseurs vaudois

    relativite generale.jpgEinstein a formulé la théorie de la relativité générale en 1915, un petit siècle seulement. Formidable découverte qui nous a permis de comprendre un peu mieux comme marche l'univers. Quant au monde et à ses habitants, ils restent un mystère.

    Voyez les deux événements qui défrayent la chroniques locales genevoises ces jours: des vandales salissent la ville et pillent quelques commerces, sans mettre en péril la vie des citoyens, des supporters de hockey caillassent un bus du GE/Servette et risquent d'en blesser plusieurs sérieusement.

    Tous les journaux ont largement évoqués le premier événement. Les réseaux sociaux ont bourdonné de la stupeur des uns et des explications empruntées des autres. Douze heures après le caillassage du bus de Ge/Servette, seule la Tribune en parle sur son site internet (et 24 heures qui a copié l'article et dont c'est l'article le plus lu). Pourquoi? Parce qu'un journaliste était dans le bus. Les autres médias sont allés se coucher.

    Quel est l'incident le plus grave? Celui provoqué par les vandales de Genève, immergés dans la manif lancée de renversé.ch, ou celui perpétré par les vandales vaudois, dont on ignore aussi l'identité?

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  • Sonia Zoran, l'empathie et le format long

    sonia zoran.jpg(…) Tu nous as donné avec Eclats de Méditerranée d’être moins bêtes, moins ignorants sur ce qu’on appelle la crise des migrants. Dans le Temps, tu as très vite rédigé des éditoriaux dont un - il y a longtemps déjà - sur les deux nationalismes qui s’affrontent en ex-Yougoslavie une thèse qui en très court contenait ce que tu aurais sans doute écrit dans ta thèse que tu n’as pas composée,  faute d’avoir trouvé un accueil éveillé à  l’Université où un professeur avait jugé le sujet du nationalisme sans avenir. « Et ça fera mal », concluait cet édito prémonitoire. Ton écoute des autres déjà t’avait donné les clés de l’actualité. A la Radio, Frank Musy t’a aidé à faire du Sonia Zoran, un ton, un son, où  derrière le je on entend le nous.

    Les archivistes de la radio ne savent pas trop dans quelle case te mettre, dit encore Anal Lietti à qui le comité du prix Jean Dumur avait confié ce jour l’éloge de la lauréate 2015. Tu n’es pas dans le segment information mais dans les programmes où tu dis te bien trouver. (…) Et tu désires, comme nous, qu’on te dise au retour d’une immersion,  «Raconte», plutôt que «Combien tu veux» quand ce n’est pas «Tu as 3000 signes».

    «Regarde ce que les gens mangent et oublie l’angle.» Sonia Zoran cite Bertil Galland dans ses remerciements. « J’ai un côté chèvre de Monsieur Seguin… » Elle associe les techniciens de la radio qui ont l’oreille du ton juste, du prolongement musical pertinent. Et puis, l’actualité s’impose: «J’utilise le Je non pas pour dire Nous mais pour fuir le Nous. Car le Nous, ajoute cette Vaudoise qui en a l’accent à peine, renvoie au Eux, les migrants, les Arabes stigmatisés, mais aussi cette homogénéisation qui nous guette et nous menace.» Elle ne dit pas  purification ethnique, une actualité qu’elle a éprouvée dans ses Balkans d’où elle vient à moitié.

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