Gestion publique - Page 5

  • SDA: la cité satellite de Bernex est une erreur

    berenex cite nouvelle carte.jpgVoilà bientôt 50 ans que Genève n'a pas construit de cités satellites. Les Meyrin, Onex, Vernier, Le Lignon, c'était les années 50 et 60, des cités à la campagne, séparées des villages qui leur ont donné leur nom. Je parle évidemment du micro-territoire genevois, celui sur lequel nos très nombreux élus (plus de mille avec les municipaux pour un territoire plus petit que Paris) ont un peu de pouvoir. Au-delà de la frontières, nos voisins, français mais aussi vaudois, ont étendu les villages et les bourgades sans considération de la terre agricole.

    De ce côté-ci, le syndrome du hérisson et de l'écureuil ont créé le concept des SDA, les surfaces d'assolement, des terres que la poignée de paysans encore en vie doit pouvoir labourer, ensemencer de blé et planter de patates, en cas de crise alimentaire.

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  • 7 millions d'habitants dans le Grand Genève

    densite de la population ch vs paris londres berlin.jpgL'Internet est plein de ressources. Alors que je mets à jour le cours sur la lecture des budgets publics que je donne au CFJM, je tombe sur cette carte concoctée par Avenir Suisse et publiée le 19 septembre 2016. Elle donne à réfléchir et se passe de commentaires, ce qui fait que, pour une fois, je fais court...

  • Sacré Poggia, il a la santé!

    160426_Poggia_Mauro_01.jpgLa com consiste à faire du bruit pour détourner l'attention sur les sujets qui fâchent. Mauro Poggia n'est pas le moins doué en la matière. Hier sur son blog, il a accusé Berne de puiser dans les primes maladie genevoises pour alimenter les caisses des autres cantons. Ce matin, à la toute fin de l'entretien que le magistrat MCG a accordé à La Tribune de Genève, on lit cette vérité, qui n'est évidemment pas toute la vérité sur la nébuleuse de la santé:

    "Oui. Genève a un hôpital universitaire, où les salaires sont 10 à 15% supérieurs à ceux des autres cantons et une densité médicale qui incite à la consommation. C’est clairement l’ambulatoire – en cabinet privé et à l’hôpital – qui fait grimper les coûts." (Lire ci-dessous la déclaration de Maillard *)

    Plus facile d'attaquer Berne que de balayer devant sa porte. Qu'attend M. Poggia pour aligner les coûts de la santé par habitant à Genève sur ceux de Zurich ou du Canton de Vaud, dont les habitants, que je sache, ne sont pas en moins bonne santé que les Genevois?

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  • Cornavin: les millions de l'erreur originelle du CEVA

    ceva rade agglo fvg.pngQui se souvient qu'en juin 2002, par une journée caniculaire annonciatrice de vacances, le Grand Conseil genevois vota la loi 8719, qui ouvrait un crédit de 400,8 millions? C'était la part cantonale pour la construction du raccordement ferroviaire entre La Praille et les Eaux-Vives et l'adaptation des voies existantes entre Cornavin et la frontière suisse vers Annemasse, un chantier, le CEVA, devisé alors à 941 millions?

    Sept ans plus tard, alors qu'aucun travaux n'avaient réellement été engagés, la facture genevoise s'allongea de 113 millions, officiellement en raison du renchérissement et de quelques adaptations de sécurité, que les nombreuses études préalables n'avaient pas dépistés... Le devis total avait bondi de 941 à 1,45 milliard: + 50,4%!

    Jeudi 23 septembre 2016, le Grand Conseil a voté la loi 11912, qui ouvre un crédit de 425 millions de francs pour créer deux voies sous l'actuelle gare de Cornavin, un ouvrage, pompeusement baptisé noeud ferroviaire de Genève, devisé à 1,65 milliard de francs. Ce crédit couvre-t-il tout ou, comme celui de 2002, va-t-on au-devant d'une grosse rallonge, juste avant l'ouverture du chantier prévue en 2024?

    Et ce n'est pas fini, car le noeud n'est pas complet. En effet, ni le tracé du CEVA conçu au XIXe siècle et copié-collé tel quel en 2002 ni le nouveau crédit ne supprime le cul de sac de Cointrin

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  • Geneve, le budget 2017 electoral(iste) d'un gouvernement sans majorité

    image.jpegLes comptes 2017 de l'Etat de Geneve, dont le chiffre d'affaires dépasse 8 milliards de francs (c'est plus du double du budget de la région Rhone-Alpes qui vient d'être agrandie à l'Auvergne), seront connus quelques jours avant le premier tour de la prochaine élection du gouvernement genevois, que la Constituante a déplacée au printemps 2018.

    Le projet de budget pour l'an prochain ne peut donc pas être qualidié d'électoraliste. Pourtant il en a tout l'air. Il est en revanche clairement le fruit d'un gouvernement sans majorité au Grand Conseil, qui doit, de surcroît convaincre à l'automne 2017 les citoyens Genevois d'accepter la plus formidable baisse d'impôts de l'histoire genevoise, la troisième réforme de la fiscalité des entreprises qui va amputer la recette du canton sur les personnes morales d'un tiers. 

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  • Migros ment-elle par omission?

    image.jpegLa pub Migros, Coop, Denner et autres Lidl et Aldi est incontournable sur notre RTS (243 millions de publicité par an, un petit quart de son budget) et dans la presse.

    Tous ces grands détaillants nous convainquent à longueur de spots qu'ils sont les défenseurs de l'agriculture de proximité, de la région. Grâce à eux, les poules ont le sourire aux lèvres (une formule qui dans la bouche de  ma grand-mère voulait signifier une utopie), les carottes poussent avec amour et sont transportées à bicyclette, les bœufs broutent dans les prairies fleuries et ne trépassent jamais. Bref, grâce à MiCoDi, les consommateurs font coup double: ils mangent sain et les paysans vivent bien.

    L'envers du décor, on le découvre au détour d'un article publié dans le dernier Agri, l'hebdomadaire des paysans romands.

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  • Les économistes sont des météorologues qui voudraient faire le beau temps

    thune 5 fr.jpgLe franc fort, un bien ou un mal? Le franc fort mépuré la force et la résilience de l'économie suisse et le souci de quelques étrangers fortunés de protéger (relativement) leurs biens. Il est la préoccupation des Suisses depuis longtemps (les consommateurs s'en plaignent moins que les travailleurs et encore moins que les exportateurs). La plainte est récurrente depuis que la Banque nationale, sous la pression de la planche à billets europenne (assouplissement quantitatif ou quantitative easing si vous préférez, dans ce monde qui ne comprend que l'anglais - et encore), que la BNS donc s'est trouvée contrainte de s'y mettre aussi, tout en laissant à nouveau flotter le francs qu'elle avait arrimé à l'euro depuis 2011, au taux de 1 fr 20.

    Du jour au lendemain, on s'en souvient, les acheteurs de biens et de services suisses virent leurs factures flamber de 20% et plus, mais assez vite moins en raison des efforts consentis par les entreprises et leurs travailleurs (efforts dont la fonction publique a été peu ou pas solidaires). Depuis, le franc fort est devenu la rengaine plaintive des exportateurs (plus d'un francs sur trois est gagné grâce aux marchés, une vérité qu'on ne rappelle jamais assez dans ce pays volontiers xénophobe).

    "Le franc fort", c'est aussi le dernier opuscule de l'économiste PLR vaudois Jean-Christian Lambelet. 

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  • Rentrée des classes: tic, tic, tic

    agnan.jpgLes Français sont en vacances jusqu'au 31 août, les Genevois et les Fribourgeois jusqu'au 28, les Vaudois jusqu'au 21 (comme Zurich), les Valaisans jusqu'au 17, les Neuchâtelois jusqu'au 14 (les Jurassiens jusqu'au 15 août, férié de l’Assomption oblige)... La rentrée des classes, c'est lundi dans plusieurs cantons dont Bâle et Berne. Champion des vacances d'été les plus courtes, les Argoviens, se contentent de trois semaines, du 16 juillet au 7 août. Ils sont déjà rentrés, si l'on en croit le calendrier officiel des DIP.

    Quoi de neuf en cette rentrée 2016, marquée par un quasi plein emploi en Suisse et beaucoup de peurs en Europe?

    Du côté de la formation, la société pédagogique romande remarque ce ci: Le rapport 2016 du World Economic Forum place la Suisse en tête de la liste qualitative des systèmes d’enseignement. Les acteurs de l’école dans notre pays peuvent en être fiers, mais pas au prix de leur santé.

    Bref, à l'heure de retrouver les terribles, les bavards, les paresseux, les casquettés, les quérulents (mais aussi pas mal d'élèves normaux et de quelques Agnan),  les enseignants sont fatigués. Grave?!

    Et les élèves dans quel état sont-ils?

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