Gestion publique - Page 4

  • Une gouvernance d'experts pour le PAV?

    hodgers carre.jpgEn août 2009, j'ai rédigé sur le blog Métropole Genève un billet intitulé Comment piloter le PAV. Le libéral Mark Muller, alors aux commandes des Travaux publics rebaptisés avait déjà usé deux directeurs qu'il avait chargé de créer la Geneva green dowtown avec des gratte-ciel en son cœur. Huit ans plus, tard, on n'a toujours pas planté un clou. Sauf les CFF, maître et seigneur sur leurs terres, qui érigent, en marge du PAV, Pont Rouge entre le parking de l'Etoile et la gare du RER lémanique.

    Cette semaine, le Vert Hodgers sort de sa manche une Fondation PAV, le bras armé qui aura pour tâche, à l'abri des regards politiques et médiatiques et dans une dynamique propre, détachée d'une administration paralysée par le principe de précaution, de jouer au jeu du carré vide. Car ce qui plombe le PAV, c'est que son espace est plein, tout entier occupé par les quelque 1600 entreprises qui n'ont pas l'intention de partir à moins qu'on les paie très cher pour migrer.

    L'idée d'une Fondation est classique à Genève. Cependant il manque un étage démocratique à la fusée.

     

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  • Qui sait combien il paie d'impôt?

    dal busco deneys.jpgJe donne une rapide introduction sur les budgets publics aux journalistes en formation au CFJM. Trois heures bien trop courtes pour ne serait-ce que décrypter la notion de déficit - en langue orthodoxe un excédent de charges - ou de bénéfice (un excédent de revenus, les mots ne sont pas innocents).

    A l'occasion, je leur demande quel part de leurs revenus, ils paient en contributions publiques. Très rares sont ceux qui le savent et qui sont en mesure de faire la liste complète des prélèvements. L'impôt sur le revenu est cité certes, mais plusieurs oublient la TVA, les diverses taxes sur les carburants, l'alcool, le tabac. Aucun ne cite la politique agricole qui renchérit les prix des produits alimentaires assurant aux paysans suisses un prix plus élevés que celui que touchent leurs collègues européens.

    Et pourtant, à propos de la troisième réforme des entreprises, on se chamaille sur les chiffres comme des chiffonniers, perdant souvent de vue la raison d'être même de la réforme: éviter que la Suisse ne voie s'envoler ses poules aux œufs d'or, que sont certaines entreprises étrangères - holdings, négociants en matières premières, sièges de multinationales -, dont l'OCDE et l'Union européenne exigent l'abolition des privilèges fiscaux.

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  • A quel prix de revient, le kilowattheure solaire?

    dal busco hodgers solaire.jpgLe ministre des bâtiments publics est aussi le ministre des impôts et le ministre du budget. Le budget, c'est l'art d'équilibrer les revenus (qui viennent essentiellement des impôts) et les dépenses dont s'occupent ses cinq autres collègues (le département présidentiel dépense peu). Les dépenses dépendent du vote des lois par les députés (qui en mesurent rarement les conséquences, n'en subissant généralement pas les effets personnellement).

    Les dépenses, c'est aussi l'art (consommé) que déploient les fonctionnaires à appliquer les lois et les règlements en veillant à leurs conditions de travail, à la satisfaction des clients (qui reçoivent le plus souvent les prestations publiques gratuitement et n'en mesurent donc pas le prix) et au respect des principes de prévention et de précaution qui exigent avant d'agir un avis d'expert et parfois de plusieurs ...

    Le ministère du budget est complexe, celui des impôts l'est au moins autant voire plus. Mais voilà que, depuis que Genève vit sous l'ère d'une présidence durable, le ministre du budget et des impôts s'occupe aussi des bâtiments publics. Avec son collègue, ministre de l'énergie qui est aussi et principalement ministre du territoire et du logement, logements qu'il peine à produire en nombre suffisant (le long des voies de tram) pour loger les travailleurs actifs à Genève; il est donc de ce fait pour partie responsable de la croissance forte du nombre des pendulaires (qu'on appelle frontaliers quand il traverse une frontière nationale) et aussi des bouchons...

    Bref, nos deux ministres, celui des bâtiments et de l'énergie, ont trouvé le temps pour décréter la généralisation du solaire sur les toits des bâtiments publics.

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  • Restauration genevoise

    communes reunies ge.jpgCe 31 décembre retentiront du haut de la Ville de Genève, 23 coups de canon, pour signifier à la fois l'attachement de la République à la Confédération des 23 cantons et l'indépendance de Genève recouvrée en 1813. Une indépendance de courte durée. Depuis la Réforme, elle n'avait résisté à l'impérialisme récurrent des Savoie qu'à l'appui des rois de France et de Berne et, dit la chanson, à la vaillance de ses habitants et à la Providence, un fameux soir de décembre 1602.

    Le 31 décembre 1813, marque aussi la restauration de l'ancien régime ("réactionnaire" selon la notice de Wikipedia). Les patriciens, profitant du bref interrègne - entre le départ des troupes d'occupation de Napoléon (lequel avait tout de même érigé Genève en capitale du département du Léman, un Grand Genève qui allait jusqu'à Chamonix) et l'installation éphémère des Autrichiens - proclamèrent le retour de la République morte en 1798 et rassirent leur pleine autorité sur la cité.

    Les Genevois y ont gagné un jour férié.

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  • Donald, Christoph, Marine au pouvoir

    trump singe.jpgL'UDC n'a jamais fait plus de 30% en Suisse. Cependant, sans grand risque de se tromper, on peut estimer qu'une part de l'électorat des autres partis, de tous les autres partis, y compris chez les verts fondamentalistes, dont la couleur est aussi verte foncée que celle du parti nationaliste suisse, y compris à l'extrême gauche, pourfendeuse du commerce international, la tentation de l'isolationnisme est majoritaire dans ce pays. Cependant, dans chacun des autres partis, une majorité interne supplante l'expression de ces électeurs apeurés qui votent pour d'autres raisons encore PLR, PDC, Socialiste, Verts ou extrême-gauche.

    Aux Etats-Unis, le mode du scrutin force à la bipolarité. Républicains donc, même de la pire espèce, ou démocrates, tout aussi détestables dans leur aveuglement politiquement correct. 

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  • Nos CFF, Flixbus, les radios locales...

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    Genève-Constance pour 18 francs. Évidemment c'est un prix d'appel. Et c'est un peu plus lent (5h45). N'empêche, l'offre de Flixbus fait flipper nos CFF. Certes il est interdit de desçendre en route. L'affaire est trop belle pour que les petites gens qu'étranglent les cotisations maladie ne profitent pas un peu de l'aubaine. 

    Le monopole des CFF doit sauter, c'est une évidence. Et notre régie ferait bien de s'y préparer. Plutôt que de compter sur une loi obsolète pour défendre son pré carré.

    Combien de temps a-t-il fallu aux émetteurs des radios pirates, perchés sur les montagnes ou ancrés dans les eaux internationales, pour faire sauter le monopole des ondes, défendu en Suisse alors par les PTT? 

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  • Un pour tous: le modèle norvégien fait rêver les paysans suisses

    IMG_3313.PNGDans le dernier Agri, le magazine des paysans suisses, je lis un reportage sur la production du lait en Norvège, un pays donné comme modèle pour la Suisse. La Norvège, indépendante de la Suède depuis un siècle, s'étire du sud au nord sur la distance qui sépare le Gothard de Rome. Baignée par les eaux des Caraïbes, le pays élève ses vaches en plein air sur une saison courte mais intense.

    Les exploitations familiales ne sont pas très éloignées du modèle suisses, sauf sur quelques points: le parc machine y est plus modeste, les bâtiments aussi, bref les Norvégiens produisent à meilleur comptent que les Suisses. Et ils vendent leur lait à un bien meilleur prix, parce qu'il appliquent sans sourciller la devise des Suissses: un pour tous, tous pour un! 

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  • L'autarcie électrique est une foutaise

    ligne haute tension electricite.jpgPourquoi la Suisse doit-elle importer 100% du pétrole et du gaz qu'elle consomme, 38% des calories, 100% des ordinateurs, ordiphones et autres tablettes, 100% des voitures... et 0% de son électricité?

    La Suisse est autarcique en matière d'électrons (#suisse importe au total 80% de ses besoins en énergie). On se demande bien pourquoi! Dans la pratique, c'est certes un peu plus compliqué car les barrages ne produisent pas régulièrement toute l'année et l'on imaginait gagner des fortunes en repompant l'eau dans les montagnes pour turbiner l'or bleu aux heures de pointe où le prix est le plus haut. On a dépenser des millions pour rien, car le soleil crache un max à midi justement, ruinant les rêves de nos électriciens et mettant en péril le capital de nos retraites investies dans les barrages.

    Mais revenons à notre autarcie  électrique...

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