France - Page 5

  • Mahomet fait la une de Charlie

    image.jpgC'est un peu comme dans ces dessins où il faut chercher l'erreur. Mais où se cache-t-il donc le prophète qui se passerait sans doute bien de la promo que lui font ces jours quelques-uns de ses affidés excités et vengeurs. On cherche, on cherche, on découvre sans peine le petit Sarko, la grosse bleue Marine, l'évêque de service, la patron goulu et un chien. Un chien qui tient dans sa gueule une kalachnikov. Et toute une piétaille d'anonymes qui ne sont pas Charlie.

    Tous poursuivent un cabot qui, lui, tient un canard dans la gueule. Pas de Mahomet!

    Mais si bien sûr, tous ces censeurs qui ont toujours dégueulé sur Charlie fuient la menace des barbares du jour. Mahomet, plutôt sa caricature que nous en donnent les djihadistes, est juste hors champs, juste derrière la piétaille qui court, certes à la poursuite du cabot porteur du canard irrévérencieux, mais surtout ils courent pensant échapper au diktat, supposé menaçant, des partisans du drapeau noir. Comme! Ils sont déjà dans la place? Qui est donc ce chien noir à la kalachnikov?

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  • SDG, ça vous dit quelque chose?

    image.jpgSDG doit succéder cette en année à MDG. Soyez rassuré, ça ne tilt pas non plus dans ma petite tête. Comme tout un chacun, je suis encore Charlie ou pas, sans trop savoir pourquoi et ce que ça change pour moi ou pour le monde.

    Suis-je devenu un soldat, puisqu’on nous dit en guerre? Puis-je désormais tout écrire, tout dire, comme Charlie ou Dieudonné pour qui le spécial Charlie publié par le "Monde des médias" demande la liberté d'expression et réclame de Valls-Hollande qu'ils introduisent dans la Constitution française le Premier amendement de la Constitution américaine. Et pourquoi pas en Suisse aussi!

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  • France: le jour d'après

    assassin creed.pngQue faire des quelque millions de marcheurs et des dizaines de millions de téléspectateurs qui ont retrouvé, l'espace d'un dimanche, un état de communion républicain jamais vu depuis la Libération? La France se réveille en ce 12 janvier, interrogeant les raisons d'une mobilisation populaire aussi puissante, d'un partage cathartique aussi profond.

    L'assassinat des dessinateurs de Charlie, de policiers et de consommateurs juifs dans une superette casher a agi comme un électrochoc. La France l'attendait comme tous ceux, dont je suis, qui aiment ce pays plus que tout autre et qui se désolaient de voir la République - car la France incarne plus que tout autre l'idée de la République - se déliter.

    Sur France Culture ce matin, Régis Debré et Caroline Fourest ont tenté une première analyse. Que faire, a demandé le chroniqueur Brice Couturier, pour que le soufflé ne retombe pas? Leurs réponses ne m'ont pas convaincu.

    "Cesser de parler de gouvernance, un mot copié collé du monde des affaires, et parler davantage de gouvernement", a dit le médialogue: Arrêter de bourrer les discours politiques des chiffres balancés par Bruxelles. Et puis oser enfin évoquer le fait religieux dans les écoles et l'interroger rationnellement. Il faut plus de prof de philo aussi.

    Dans la même veine, Caroline Fourest a suggéré d'augmenter le nombre de profs de dessin. Et d'apprendre aux élèves qu'une caricature qui s'en prend au bon dieu ou à ses saints, ça n'est pas du racisme envers une communauté. Il faut armer les profs à répondre aux élèves dont la culture est faite de slogans répétés en boucle.

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  • Brouet

    Deux millions, trois, quatre millions, des Français, des Européens, quelques Américains, aucun Chinois. Des premiers ministres et des présidents par dizaines, dont quelques-uns qui piétinent les droits de l'homme au pied, des millions de téléspectateurs aussi, dont moi. Nous voilà tous prêts pour un Patriot Act à l'européenne. Et avec les applaudissement du public.

    J'ai regardé d'un oeil la TV et d'un autre le fil Facebook et Twitter. Aussitôt la différence m'a sauté aux yeux. Je ne vois pas le même événement. Du côté de la télé, le ton est à l’empathie avec les gens. Exceptionnel, historique est l'événement. Belle unité nationale. La communion entre le mass-média et le public est totale. Aucune interactivité. Le téléspectateur est captif, voit ce qu'on lui montre. C'est spontané. Encadré. Digne. Chaleureux. Impressionnant!

    Sur les réseaux sociaux, la diversité s'exprime. Les opinions s'échangent. les débats s'enchaînent. Et surtout des informations retweetées  glacent. Comme cette nouvelle tuerie au nord du Nigeria perpétrée par Boko Haram. Ou ce blogueur, Raif Badawi, qui a reçu, samedi, les 50 premiers des mille coups de fouet auxquels un tribunal d'Arabie Saoudite l'a condamné parce qu'il avait eu l'audace d'évoquer les droits de l'homme et aurait donc de ce fait "insulté l'islam".

    http://www.lesinrocks.com/2015/01/10/actualite/boko-haram-detruit-16-villages-et-fait-2000-morts-au-nigeria-11545330/

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  • Les dévots de l'argent ne sont pas des Charlie

    Les assassins sont morts. Justice n'est pas faite, contrairement à ce qu''écrit l'éditorialiste du Figaro ce samedi 10 janvier. D'abord parce que la menace demeure. Que des Français et des Européens croient sérieusement que leur combat et leur mort leur ouvrent les portes du paradis - quand donc les imams dénonceront-ils cette supercherie? - et parce qu'un procès, aussi difficile soit-il, est porteur de vérités que l'émotion des derniers jours a occultées.

    Une qui n'est pas tombée dans l'émotion, c'est la bourse de Paris, qui, relève Le Monde, n'a pas réagi à l'action terroriste. Les dévots de l'argent ne sont pas des Charlie.

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  • Téléréalité

    image.jpgEn direct! Des millions de spectateurs scotchées, des heures d'attente, d'approximations, de supputations. Quelques minutes intenses. Et des heures encore d'images, d'histoires, d'émotions, en boucle, des platitudes, un peu d'analyses, le nez dans le guidon, des condoléances, sincères, la gloire des forces spéciales, le sursaut national, fragile, la solidarité des démocraties voisines, téléphonée, le cloisonnement des cerveaux, surtout ne pas diaboliser l'islam. Ce n'est pas une guerre de civilisation. Vraiment?

    Q'auraient été nos longues guerres de religion sous l'œil permanent des caméras de télévision, sous le déluge des tweets, des sms? Objectif?

    Et pendant ce temps, les Palestiniens demeurent sous occupation, l'Arabie Saoudite nourrit le wahhabisme et ses fondamentalismes satellites, la société musulmane tient la femme en dépendance, le monde occidental -ou plutôt les grandes firmes sans frontières? - impose encore son impérialisme dans l'économie, la technologie, la science. Pour combien de temps? Déjà il ne domine plus par sa culture et plus beaucoup par sa politique.

    The show must go on. Mercredi prochain, le numéro de Charlie Hebdo, 10'000 abonnés au bord de la faillite, sera normal, disent les survivants au 20 heures de TF1. "Comme si rien ne s'était passé, à la limite", ajoute le réd en chef de Libération, qui accueille les naufragés.

  • Une bonne guerre....

    image.jpgLa guerre donc. C'était le titre de l'éditorial du Figaro du 8 janvier. C'est l'option subliminale du journal Le Monde qui consacre toute son édition du 9 janvier à l'attentat qui a fauché 12 personnes chez Charlie Hebdo. Et fait sa une sur le 11 septembre. Le 11 septembre a déclenché la deuxième guerre d'Irak et la chasse à Ben Laden. Avec les conséquences que l'on sait.

    C'était de bonnes guerres, des combats pour la démocratie et pour la liberté. Surtout la liberté du commerce dont les effets peuvent être meurtriers. Aux États-Unis, le Patriot Act n'a pas particulièrement élevé le degré des libertés individuelles... Dégâts collatéraux d'une guerre juste, d'une guerre sainte...

    Tout de même, une bonne guerre, ça remettrait pas de choses en place. Non?

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  • L'état du monde à notre connaissance

    Nous voilà donc tous des Charlie. Saine réaction face à la brutalité meurtrière de deux hommes qui donc ont "vengé le prophète". Réaction virulente surtout, analogue à celle d'un corps agressé qui mobilise toutes ses ressources pour affronter la menace, expulser le virus. Réaction exceptionnelle donc, comme les Une et les dossiers que les médias déroulent depuis ce funeste mercredi 7 janvier 2014, que d'aucuns ont déjà décrit comme le One Seven de la presse, en référence au Nine Elleven des tours de New York.

    L'image est forte. Est elle objective? 

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