Europe - Page 5

  • Avully ouvre son presbytère vide à une famille de réfugiés. Que fait Bardonnex?

    compesieresavant 1900.jpgLa cure de Compesières est promise à devenir une extension de la Mairie de Bardonnex.

    Outre que l'emprise de cet espace vital me paraît discutable compte tenu du rôle de plus en plus congru que jouent les communes à Genève et que son acquisition par la municipalité viole la lettre constitutionnelle (article 218), sinon l'esprit de l'inaliénabilité (sans doute contestable) des biens curiaux (les biens des églises que la République radicale avait nationalisés avant de les leur restituer en 1907), on pourrait imaginer une destination plus ouverte au public du château de Compesières, comme celle d'accueillir le musée des Suisse à l'étranger qui doit quitter le domaine de Penthes et de créer, à Compesières, le musée des migrations (celles des Suisses en terres étrangères et celles des étrangers en Suisse).

    Un tel projet aurait de quoi séduire un mécène. Tout près de l'ancienne commanderie propriété de l'internationale des chevaliers de Malte jusqu’à la révolution française (lesquels y tiennent encore un musée), vit un riche étranger, dont j'ai lu dans la revue des 300 plus riches de Suisse que Bilan vient de publier, qu'il a renoncé à son statut de réfugié fiscal pour devenir un bon et loyal contribuable genevois et de l'ancienne commune de Compesières.

    Cette introduction pour dire que la cure de Compesières pourrait facilement accueillir une ou deux familles de réfugiés durant quelques mois, sans mettre en péril le projet du maire. Le maire d'Avully vient, nous apprend la Tribune de ce jour, d'ouvrir l'ancien presbytère à une famille de requérants.

  • Qu'un sang impur abreuve nos sillons!

    image.jpegLes paysans suisses marchent à Berne, mais ils ne se mettent pas en grève. Les vaches ne le supporteraient pas et il n'est pas politiquement correct de jeter des aliments dans les rues la veille du Samedi du partage. L'avenir des fermiers tient autant à la production alimentaire qu'à l'entretien du paysage, à la production d'énergie, au recyclage des déchets biodégradables et au maintien d'un mode de vie propice au tourisme et à l'école à la ferme. Le paysan Zeller de Vernier est un précurseur.

    Les fonctionnaires genevois font grève et prennent les élèves en otages, alors qu'ils gagnent deux fois plus qu'un paysan moyen suisse (qui travaille 45 à 50 heures par semaine), ont la sécurité de l'emploi, enseignent dans des écoles bien chauffées et bénéficient d'une retraite garantie, payée aux deux tiers par les contribuables.

    Les climatocraintifs font un joli cœur dans plusieurs villes de Suisse. Pourquoi marchez-vous, ai-je demandé à un haut fonctionnaire, membre de l'Association climat Genève? "Pour que nos élus se réveillent car il y a urgence." Mais, ai-je encore demandé, n'est-ce pas le peuple qu'il faut convaincre, lui qui est la véritable société civile dans un pays démocratique? "Le peuple est lobotisė par la propagande des sociétés pétrolières." On comprend pourquoi les Verts ont perdu les dernières élections fédérales.

    La France ponctue par deux virils Marseillaise l'hommage aux 130 victimes du terrorisme du 13 novembre. Mais aucun sang impur n'abreuvera les sillons de la nation. Une sale guerre civile déjà vieille de quatre longues années se poursuit à deux mille kilomètres à l'est. Et jusqu'à présent, personne n'a compté les victimes collatérales des bombardements aériens des desalliés. Seuls les migrants qui frappent à nos portes nous épouvantent, nous font dresser des murs et regarnir les frontières d'hommes en armes.

    C'est bientôt Noël. Ce dimanche est le premier jour de l'Avent.

    http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Je-gagne-plus-a-methaniser-mon-fumier-qu-a-faire-du-lait/story/17822168

  • L'Europe à Meyrin: de quoi avons-nous peur?

    image.jpgUne petite centaine de personnes, en marge d'une cité de 30'000 habitants, a répondu ce 23 septembre à l'invitation de foraus, un laboratoire d'idées qui rassemble un millier de membres en Suisse, soucieux de faire avancé la cause européenne, et de la Tribune de Genève. Meyrin dont un habitant sur deux (45%) n'est pas citoyen. Il y a quatre ans, 40% des 9800 citoyens de la commune avaient participé au scrutin fédéral.

    La cité, une des grande banlieue de Genève, fut française. Elle a été rattachée le 20 novembre 1815 au canton de Genève, sans qu'on demande l'avis de sa population, pour assurer l'unité territoriale de la ville et de ses mandements, condition de son alliance avec la Confédération. 

    Sur l'estrade, sept des quelque 180 candidats aux assemblées législatives fédérales.

    Sur la crise des migrants, Stauffer est le seul à proposer une politique. 

    Sur la libre circulation, encore un avantage pour Stauffer, mais aussi pour Sommaruga qui réaffirme son refus de la préférence nationale et son combat pour un contrôle sérieux a posteriori.

    Sur les chances d'une sortie par le haut et d'une normalisation des relations Suisse Union européenne, après le vote du 9 février 2014, tous les intervenants, sauf Stauffer, pensent qu'on n'évitera pas un nouveau vote. Une opération à haut risque, car le désaccord s'ouvre à nouveau quand il faut préciser la question à poser.

    A l'arrivée, des politiques plutôt empruntés, pas très rassurants, mais qui estiment tous que l'Europe restera au cœur de leurs préoccupations s'ils sont élus. Ils cotent 8 et la plupart 10 sur 10 l'importance du sujet. Bons points à Jean Batou, très posé, le seul à parler de dumping salarial et, avec Sommaruga, à réclamer des mesures plus sérieuses dans toutes la Suisse si on veut espérer un vote qui défasse le scrutin du 9 février.

    Bémol. Personne ne chante plus les vertus de l'Europe. Personne n'a dit que la Suisse reste un modèle de développement institutionnel pour l'Europe fédérale. Une Europe qui, depuis la communauté du charbon et de l'acier, n'a pas cessé de muer au travers de crises plus ou moins douloureuses. On assiste peut-être à la création d'une future administration européenne de gardes frontière. Tous les Genevois et tous les Suisses profitent d'un continent régulés. Même malmenée, l'Europe a l'inestimable valeur d'exister grâce à l'Union. Elle a donné au continent 60 ans de paix et de prospérité, quel régime a fait mieux?

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  • Seigneur, accorde ton secours...

    Quand j'étais petit, la chorale de Compesières chantait la Prière patriotique à la fin de la messe du Jeûne fédéral. "Seigneur, accorde ton secours au beau pays que mon cœur aime..." L'apprenait-on à l'école alors?  Je ne m'en souviens plus. Et aujourd'hui?

    La mélodie de Jacques-Dalcroze est belle et me trotte dans la tête. Une saine antidote à l'amertume que produit la décision d'une majorité de droite du Grand Conseil genevois, à laquelle pour une fois le PDC ne fait heureusement pas partie, qui a refusé vendredi de signifier que ce pays "que mon cœur aime" doit rester ouvert et solidaire. Renvoi en commission, une manière polie de noyer un non pusillanime.

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  • Pourquoi les pays arabes ne décollent-ils pas?

    image.jpgPourquoi les pays arabes ne décollent-ils pas? Je n'ai pas la réponse à cette question. Elle me poursuit pourtant. Car je suis convaincu que l'avenir de l'Europe est étroitement liée à la capacité de ces États d'entrer dans un processus de normalisation fondé sur une émancipation citoyenne, la liberté et l'égalité.

    Pourquoi ça bouge ailleurs, en Asie, en Amérique latine, en Europe, en Afrique même. Pas dans les pays arabes?  Le facteur religieux a sans doute un impact comme il en a eu et en a peut être encore entre les pays de tradition catholique et les pans de tradition protestante où le succès économique est un don de la providence qui exige une contre-partie philanthropique. Et l'égalité de droit un principe (en principe évidemment). Mais l'islam n'est sans doute pas seul en cause, l'Iran, la Turquie, l'indonésie se développent à des degrés divers.

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  • Bardonnex peut accueillir 2, 3, 10, 50 familles de réfugiés à Compesières

    image.jpgL'Allemagne pourrait, lit-on, accueillir 800'000 refugiés cette année. La Suède qui héberge à peine plus d'habitants que la Suisse s'apprête à en héberger 90'000. En France, un ex-ministre de droite, président des maires de France, sans doute bon catholique, refuse une répartition obligatoire des 24'000 migrants que le président Hollande a décidé d'accepter. À Berne, on va palabrer sur le sujet de l'asile toute la journée. 

    Que fait ma commune de Bardonnex? Que fait ma paroisse de Compesières? 

    - L'une, ma commune, pourrait accueillir très vite deux ou trois familles de réfugiés dans la grande cure, vide depuis des mois, mais parfaitement habitable, située juste au-dessous de la mairie, dans le château de Compesières, qui appartint, jusqu'à la révolution française, à l'ordre hospitalier des chevaliers de Malte, qui y entretient encore un musée,

    -L'autre, ma paroisse de Compesières, pourrait mettre à disposition de manière transitoire, pendant l'hiver qui vient, l'église de Compesières, un bâtiment chauffé mais vide, qui, avec quelques aménagements simples, pourraient  loger dix ou vingt familles selon le besoin. Durant ce temps, les cérémonies religieuses pourront être dites à Troinex, dont l'église est vide aussi la plupart du temps. 

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  • 80 millions de francophones, c'est une prison

    image.jpgIl y a déjà quelque temps, un savant avait, sur France Culture, comparé la connaissance à la surface d'un ballon de baudruche. Au début, disait-il, le ballon est à peine gonflé, un seul homme pouvait alors saisir la totalité ou presque de la surface et connaître toute la conaissance alors connaissable - encore que je me demande si Aristote aurait été capable de faire du feu avec deux silex.

    Plus la connaissance augmentait, plus le ballon se gonflait et sa surface s'étendait, rendant l'omniscience rapidement impossible. Aucun savant ne sait tout. Pire, ajoutait le savant de France Cul, la surface s'étirant plus vite que le volume (au carré du rayon). Très vite des îlots de connaissance sont apparus à sa surface entourés de mers puis d'océans d'inconnus. Pire encore, chaque îlot a développé son vocabulaire pour désigner son domaine de connnaissance qui devient inconnu ou abscons à l'oreille des savants des autres îlots. 

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  • No Bunkers: le silence de la majorité silencieuse citoyenne

    no bunkers blog.jpgUn de mes très honorables correspondants m'écrit vendredi: "Ton article sur "no bunkers" me surprend par le fait qu'il se borne à une énumération de faits, sans la moindre analyse qui seule justifie le travail d'un journaliste". Et de poursuivre: "Quand aurons-nous une réflexion courageuse sur l'attitude de ces requérants déboutés utilisés sans vergogne par des politiciens qui en fin de compte font le lit des partis populistes. Car une majorité  de genevois(e)s ne comprend tout simplement pas la faiblesse du Conseil d'État qui négocie avec des gens qui devraient être expulsés depuis longtemps, si égoïstes qu'ils ne comprennent même pas que les familles aient la priorité pour les logements à l'air libre..."

    La prise de position de Pierre Maudet ce lundi dans la Tribune doit enfin le conforter comme doit le navrer le nouveau petit délai accordé par la gentille maire de la Ville jusqu'à ce lundi. Maudet qui connaît le pedigree  dénonce l'instrumentalisation politique d'individus qui usurpent le nom des requérants car ils ne sont que de simple NEM, pire que des Roms.

    Dans ce feuilleton estival qui se répète partout dans la vieille mais riche Europe, on s'interroge sur le silence du président du Conseil d'Etat genevois. N'était-ce point à lui de remettre les pendules à l'heure à propos de No bunkers? Est-il en réserve de la République pour l'action prochaine? Va-t-il faire donner la police pour évacuer le Faubourg avant la rentrée des classes? De plus en plus de personne se demande à quoi sert la fonction présidentielle.

    On notera qu'à part Maudet, on n'a pas encore entendu beaucoup de candidats à Berne s'exprimer sur le sujet.

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