Economie - Page 3

  • Dembinski: court mais percutant

    Dembinski_C.jpgJe viens de lire la dernière chronique de Paul H. Dembinski parue ce jour dans mon journal préféré: Les ménages suisses, cet employeur essentiel. Je vous en recommande la lecture. Je l'ai commentée brièvement ce matin sur ma page Facebook où je suis sans doute trop peu présent.

    Dembinski y constate que la force grise de travail en Suisse y est sans doute sous-estimée et qu'elle permet des exploitations d'êtres humains tant de la part des employeurs que des loueurs de sommeil peu scrupuleux.

    L'autre face du problème est la reconnaissance (c'est-à-dire la rémunération) du travail du parent qui choisit de rester partiellement ou totalement à la maison.

    Un gosse bien éduqué et bien socialisé, ça vaut combien?

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  • Je vais peut-être bien voter pour No Billag

    IMG_3435.PNGEmission phare de notre chère RTS, Temps présent avait une réputation d'objectivité, de pondération. L'émission de ce soir sur la LAMal qui dysfonctionne, qui met 30'000 habitants sur liste noire, qui paupérise les pauvres, érode les revenus de la classe moyenne âgée et qui enrichit les assureurs, était un parfait plaidoyer à charge.

    Bien sûr, l'assureur de service a  eu droit à sa part, tout comme la directrice de l'hôpital, borgne, ainsi que le ministre de la santé Karakasch, dont le discours pour une maîtrise de l'offre vient d'être battu en brèche par ses concitoyens -  les Neuchâtelois ont voté pour le maintien de deux hôpitaux contre toute logique économique.

    Le biais de l'émission tient au parti pris des deux journalistes, au ton de la voix, au montage. De bout en bout, la part belle a été donnée aux pauvres qui ne se soignent plus, qui bouffent des pâtes ou se noient dans les dettes. Jusqu'à la litanie finale sur les salaires scandaleux des directeurs, les réserves incroyables et l'opacité évidemment entretenue du système, l'haïssable privatisation du système. 

    De solutions, point évidemment. 

     

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  • La raquette de Cointrin et le coup manqué du CEVA

    IMG_3433.PNGDans son dernier bulletin, le TCS genevois donne la parole au projet ferroviaire de l'ingénieur Weibfel, lequel remet sur le tapis la suppression du cul de sac de la gare de GVA (Geneve Voltaire Aéroport), en créant une voie de retour sur Cornavin du côté du Vengeron. De son côté, le Conseil d'Etat a changé ses plans initiaux. En 2007, dans son premier projet d'agglomération, il proposait une raquette pour relier Cornavin à Cointrin. Il a opté en 2012 pour une croix ferroviaire avec une voie qui passerait sous la gare et sous la piste de Cointrin pour retrouver ensuite la vieille ligne du PLM de 1860. 

    Il s'agit dans les trois cas de réparer une erreur essentielle du CEVA: Le tracé du RER lémanique, conçu à la fin du XIXe siècle, ne dessert pas l'aérogare. Et pour cause! En 1900, l'avion n'existait pas. 

    En prenant un peu de hauteur, on se rend bien vite compte que le CEVA tourne à l'envers et qu'une option qui aurait marié le train et la route dans une traversée du lac (plutôt qu'un tunnel uniquement ferroviaire et bruyant sous Champel) aurait permis de mieux répondre aux besoins du Grand Geneve. 

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  • Faut-il taxer les robots à col blanc?

    machine a laver.jpgLes robots à col bleu ont détruit des emplois depuis qu'on a inventé la roue- un travailleur se fatigue moins à charrier du fumier au moyen d'une brouette que sur ses épaules - ou la presse à bras - qui a mis les copistes du Moyen-Âge au chômage - ou encore les métiers à tisser à cartes perforées - qui ont valu à Lyon la révolte des canuts, qui est restée emblématique dans la la lutte des travailleurs contre la machine qui nous vole notre travail. Personne ne s'est offusqué que les machines à laver libèrent les femmes d'un boulot harassant et leur laissent le loisir de bosser dans les usines ou comme puéricultrices. Va-t-on taxer les robots ménagers?

    La peur de perdre son emploi frappe aujourd'hui les cols blancs, les métiers des services et même le noble art du professeur, qu'un bon système logique, associé à une dose d'intelligence artificielle qui adaptera le logiciel d'apprentissage aux spécificités de l'apprenant, peut remplacer dans toute une série de fonction répétitive. C'est le cas aussi des journalistes et de bien d'autres métiers.

    Ce futur angoissant du chômage des cols blancs est sans doute ce qui motive le bon docteur Oberson de militer pour la taxation des robots. Il n'y avait pas penser tant que les robots cassaient des cols bleus, ceux-là même, qui ont voté pour M. Trump et pourraient bien placer Marine à l'Elysée...

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  • Rade, lac, GVA, TGVCH, PAV: des espoirs genevois

    rade grand jardin anglais.jpgPrenez un mot bateau: espoir. Il est un des rares qui, mis au pluriels indéfinis, en donne un autre: des espoirs. Ce qui, on en convient, n'a formellement rien à voir avec le désespoir qu'il est curieux de penser au pluriel d'ailleurs. Les ressources du net nous permettent de poursuivre cette entame philosophique en méditant sur les citations dont le Larousse en ligne nous propose une sélection.

    Espoir donc que la Genève du XXIe siècle mette les projets du XIXe en œuvre. Le CEVA, dont le tracé a fait l'objet d'une convention entre le Canton et les alors tout jeunes CFF en... 1912, en est une. Pas le meilleure: j'espère que l'avenir démontrera le contraire.

    Espoir que Genève quintuple la surface du Jardin anglais et lance sur le lac un pont digne des plus beaux ouvrages du monde, qui raccorde GVA au Mont-Blanc, en attendant un TGV suisse (Genève-Zurich en une heure) et, dans le PAV ou ailleurs, la première tour maraîchère et son circuit d'ascenseurs autonomes...

     

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  • La gauche est majoritaire dans le pays

    IMG_3428.PNGUne fois n'est pas coutume, la gauche est majoritaire en Suisse. Sans le lancement par le Parti socialiste du référendum contre la RIE3, nous ne l'aurions pas su. En France, le Parti socialiste gouverne par décret (49.3) et impose une loi également disputée sur le travail... Deux nations, deux médiations des divisions...

    Si la gauche l'a emporté ce dimanche et sans discussion - pas comme l'UDC le 9 février 2014 - est-ce qu'en Suisse comme ailleurs les repères sont bousculés, la géographie politique brouillée, les frontières entre les partis poreuses ou n'est-ce qu'un incident de parcours qui vient jeter un caillou dans une chaussure qui reste bien ficelée à droite ou encore n'est-ce pas qu'au fond le vote de dimanche est un vote de repli, un vote UDC, par lequel on refuse que l'étranger, ce dimanche le grand capital, à d'autres occasions le migrants, l'idéologie étrangère, viennent faire la loi chez nous?

     

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  • Dal Busco et ses collègues ministres des Finances doivent rassurer les Suisses

    IMG_3411.JPGLa gauche qui dit lutter contre le privilèges fiscaux est en train de conserver les statuts fiscaux spéciaux des holdings, des sièges de multinationales et des négociants en matières premières, toutes des activités financières souvent opaques, que par ailleurs elle critique à tout va.

    La gauche qui s'est fait le chantre de l'Europe et de l'internationalisme conserve un régime fiscal qui spolie d'autres nations.

    La gauche toujours prompte à augmenter les impôts se fait la défenderesse de la classe moyenne, dont les impôts, assure-a-t-elle, vont augmenter pour compenser les trois milliards de pertes fiscales de la RIE III, occultant le fait que les deux premières réformes de la fiscalité des entreprises ont au contraire debouché sur des augmentations des recettes fiscales (ce que montre le graphique, la part en rouge montrant le manque à gagner tel que la gauche l'évalue).

    La gauche enfin n'a aucune vergogne, année après année, à financer la politique sociale, notamment, grâce à des recettes fiscales indues, fruit d'un dumping suisse, des recettes qu'elle sait menacées depuis dix ans.

    Extraordinaires paradoxes.

    Cerise sur le gâteau, la gauche semble, à dix jours de la clôture du scrutin, plus crédible que la droite prise de court et que menace une défaite historique dimanche 12 février. Décidément, il n'y a pas que Trump qui manie la démagogie.

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  • Qui sait combien il paie d'impôt?

    dal busco deneys.jpgJe donne une rapide introduction sur les budgets publics aux journalistes en formation au CFJM. Trois heures bien trop courtes pour ne serait-ce que décrypter la notion de déficit - en langue orthodoxe un excédent de charges - ou de bénéfice (un excédent de revenus, les mots ne sont pas innocents).

    A l'occasion, je leur demande quel part de leurs revenus, ils paient en contributions publiques. Très rares sont ceux qui le savent et qui sont en mesure de faire la liste complète des prélèvements. L'impôt sur le revenu est cité certes, mais plusieurs oublient la TVA, les diverses taxes sur les carburants, l'alcool, le tabac. Aucun ne cite la politique agricole qui renchérit les prix des produits alimentaires assurant aux paysans suisses un prix plus élevés que celui que touchent leurs collègues européens.

    Et pourtant, à propos de la troisième réforme des entreprises, on se chamaille sur les chiffres comme des chiffonniers, perdant souvent de vue la raison d'être même de la réforme: éviter que la Suisse ne voie s'envoler ses poules aux œufs d'or, que sont certaines entreprises étrangères - holdings, négociants en matières premières, sièges de multinationales -, dont l'OCDE et l'Union européenne exigent l'abolition des privilèges fiscaux.

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