Economie - Page 2

  • L'alimentation, l'agriculture suisse et le prix de tout ça

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    J'avais intitulé mon travail de diplôme (master) d'agronomie à l'EPFZ: "Les jardiniers du paysage". C'était dans les années 70, juste après les deux chocs pétroliers, la crise horlogère et les remous créés par l'étude futuriste, qui s'est révélée très largement fausse, "Halte à la croissance" du club de Rome.

    A l'époque on se préoccupait sérieusement du seul fléau réel qui menace le monde, la croissance démographique. Des politiques volontaristes et plutôt mal conduites de l'enfant unique en Chine à la vasectomie obligatoire des mâles en Inde et à la régulation des naissances ailleurs (sauf dans les pays catholiques et communistes où la prospérité naît des naissances, ce qui a permis tout récemment à Jacques Attali d’affirmer l'Université de Genève que la France est le pays le plus puissant d'Europe).

    Depuis la chute du Mur de Berlin, 12 ans après mon travail de diplôme, la Berne fédérale - c'est à dire le Vorort devenu EconomieSuisse qui dicte la politique économique de ce pays - a décidé de rendre l'agriculture suisse eurocompatible.

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  • Doris, stp, abaisse le prix de ma Tribune!

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    Doris Leuthard module à la baisse le prix de l'abonnement obligatoire à notre chère Radio Télévision Suisse. A l'avant-veille de la votation sur l'initiative No-Billag, la ministre suisse des Telecom, dont les amis PDC n'ont cessé de truster le fauteuil de la présidence de la SSR, passe donc la note annuelle de 451 à 365 francs par famille. Un discount de 19%.

    "Dis Doris, quand est-ce que tu abaisses le prix de ma Tribune qui me coûte 636 francs par année?"

    La question est au cœur de la votation du 4 mars.

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  • Jacques Attali est-il surfait?

    carron djemila prix latsis 2017.pngIl fut le conseiller de Mitterrand de 1981 à 1991. Et c'est à lui que Sarkozy avait confié en 2008 la commission pour la libération de la croissance française dont un des secrétaires était Emmanuel Macron... Contrairement à l'homme en marche, l’influenceur n'est pas devenu roi.

    Lee causeur n'en est pas moins recherché. Sous le titre "Attali: hors jeu, la Suisse est en voie de banalisation", mon journal préféré accorde une pleine page au maître de conférence, devenu banquier et auteur à succès, convié à Genève par la Fondation Latsis. A quel prix?

    Je reste cependant songeur à la lecture de cet interview.

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  • Macron parle trop et trop vite pour être fraternel

    macron fraternite.pngMacron a beaucoup parlé ce soir sur le petit écran sur Facebook et Youtube. Il a dicté de bout en bout les thèmes abordés. L'ensemble de la séquence com avait une tonalité, un message subliminal, qui était affiché en grandes lettres: fraternité. Le mot liberté n'a pas ou peu été prononcé, le mot égalité pas davantage, le mot fraternité pas du tout, mais c'était pourtant le fil conducteur de ses déclarations à la télévision, la première grande interview présidentielle depuis l'élection de l'homme En Marche. 

    Du coup, il a cru devoir rattraper les premiers mois balbutiants de sa majorité et de ses ministres. Il a beaucoup parlé, très vite, très densément, très techniquement. Une remarquable performance intellectuelle sans doute, mais trop brillante peut-être pour convaincre les Français en ce dimanche d'automne généreusement ensoleillé et chaud. 

    La fraternité, le fil conducteur de son quinquennat? 

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  • Je coûte 11'500 francs à ma caisse maladie par an

    image.jpegJe coûte 11'500 francs à ma caisse maladie par an. Je ne paie donc pas assez de primes maladie. Comment est-ce possible? Selon les statistique de la santé en Suisse, les assurés de plus de 60 paient moins que ce qu'ils touchent.

    Pour que le système reste en équilibre, il faut donc que les moins de 60 ans paient plus que ce qu'ils touchent. Le tableau fourni par l'OFS est éloquent d'une situation qu'on tait dans le débat sur la santė. Les chiffres sont impressionnant et lourd de conséquences. 

    La statistique dit aussi que la dépense moyenne par habitant a passé de quelque 6000 francs par habitant en 2000 à 8500 francs par habitant en 2012: + 50% en 12 ans. Ça ne peut évidemment pas durer.

    J'ai commencé à écrire ce billet en septembre 2015 et l'ai abandonné faute de temps. Sans doute que les derniers chiffres ont augmenté de plusieurs pour cent. 

    La vision du Temps Présent diffusé ce 21 septembre m'a décidé à reprendre ce sujet. Je ne peux que recommander la visualisation du reportage de Steven Artels et Isabelle Ducret *. De l'excellente télévision sur un sujet tabou: quel poids faut-il donner aux coûts dans les choix thérapeutiques et principalement durant la dernière année de vie, dont le coût est en moyenne supérieur aux coûts de toutes les années de vie antérieure?

     

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  • Un budget électoral en rouge vif

    "La croissance des charges est liée à des obligations légales du canton" écrit le Conseil d'Etat dans son communiqué du jour pour justifier le déficit de son dernier projet de budget de la législature. La loi n'est pas immuable. Si son application coûte plus chère, on pourrait en changer pour qu'elle coûte moins chère. Dans la foultitude des prestations publiques et dans la relative non transparence des comptes publiques, il est bien difficile de savoir si l'Etat travaille partout de manière économique.

    L'obligation légale est donc une formule un peu passe-partout qui manifeste le refus du Conseil d'Etat de présenter à la veille des élections des mesures forcément controversées propres à conserver l'équilibre des comptes du Canton. Il est vrai que sa majorité PLR-PDC ne dispose que d'un tiers des députés au Grand Conseil. Tout de même, pour Maudet, un déficit, alors que nous sommes plutôt dans une bonne conjoncture économique, va faire tache sur son CV de futur possible conseiller fédéral.

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  • Un réd en chef passe du côté de la "force obscure"

    dynamic group.jpg«Le journalisme est un métier noble, mais ce n’est pas le seul». Etrange citation, qui laisse donc entendre qu'il y a une hiérarchie dans la noblesse des métiers, comme si l'éboueur ou le plombier n'était pas aussi nécessaire à la société. Cette citation est devenue un titre dans 24 Heures, hier sur le site web, aujourd'hui dans sa version imprimée. Elle annonce que le patron de la rédaction va quitter le navire à la fin de l'année. Pour rejoindre le "côté obscur de la force". Tout un programme.

    Thierry Meyer a bien raison de changer d'air. Il fait mieux que les deux mammouth du Conseil d'Etat du plus gros canton de Suisse romande, Broulis et Maillard, qui ont rempilé pour cinq ans, tous deux convaincus qu'ils sont indispensables à la liberté et à la patrie. Réélus par acclamations par un peuple vaudois fidèle, le doigt sur la couture. Les rédacteurs en chef, eux ne sont pas élus. Ils sont nommés par un propriétaire, lequel, dit-on, a été surpris de la défection surprise de sa tour lausannoise.

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  • Les retraités de la fonction publique ont sous-cotisé. Se sentent-ils coupables?

    hortensias.jpgDeux et deux font quatre. Sauf dans nombre de collectivités publiques. Leurs caisses de retraite, pas seulement à Genève, ne collectent pas assez de cotisations pour couvrir les rentes qu'elles promettent de verser à leurs collaborateurs âgés.

    Les entreprises privées et leurs employés sont, eux, obligés par la loi de verser 100% des rentes dues à la caisse de chômage, car, si l'entreprise fait faillite, ce qui n'est pas un accident rare, les employés doivent pouvoir toucher leurs rentes pleines. C'est la loi. Une loi bizarre, résultat du fait que de trop nombreux ouvriers et rentiers se sont par le passé trouvés sans le sous car leur caisse de retraite n'était pas assez indépendante de la société mère et qu'elle a été entraînée dans la faillite.

    La sécurité apportée par la législation actuelle sur la prévoyance vieillesse n'est cependant pas totale (le risque zéro n'existe pas ). Depuis que l'on peut emprunter pour presque rien, le contrecoup est que l'épargne ne rapporte plus rien du tout. Certains créanciers, comme la Confédération ou la Banque nationale, se font payer pour quand elle emprunte. Le monde tourne à l'envers. 

    Mais revenons à la CPEG que le Conseil d'Etat propose de renflouer à hauteur de 4,7 milliards de francs. Et constatons que:

     

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